via books.openedition.org/

DAMBRE, Marc (dir.) ; SCHMITT, Michel P. (dir.) ; et ANDRÉ, Marie-Odile (dir.). La France des écrivains : Éclats d’un mythe (1945-2005). Nouvelle édition [en ligne]. Paris : Presses Sorbonne Nouvelle, 2011 (généré le 22 avril 2021). Disponible sur Internet : http://books.openedition.org/psn/515. ISBN : 9782878547528

Quatrième de couverture

Des lendemains de la Seconde Guerre mondiale à nos jours, « La France » a été pour nombre d’écrivains un enjeu passionnel, cristallisant amour et haine, culte et indifférence, violence et nostalgie. Comment la littérature s’est-elle fait l’écho des interrogations souterraines, critiques ou angoissées, qui ont travaillé le pays sur la possible dissolution de son ethos ? Et comment les écrivains se sont-ils confrontés à un mythe de la France hérité du XIXe siècle que les orages de l’Histoire ont parfois mis à mal jusqu’à l’éclatement ?

Ce volume essaie de représenter la richesse des émotions, croyances et mémoires que le mythe a engendrées. Parcourant le demi-siècle dans sa diversité tant politique qu’esthétique (genres, formes, tonalités), il propose de confronter les regards d’écrivains de langue française, venus d’horizons géographiques, idéologiques et culturels fortement contrastés.

La France des Égyptiens
Daniel Lançon
p. 27-40
http://books.openedition.org/psn/521


PREMIÈRES PAGES

À la veille de la Seconde Guerre mondiale, Paris est le lieu d’études de toute l’intelligentsia égyptienne, écrivains, artistes, intellectuels mais aussi diplomates et hommes politiques, tandis que Georges Duhamel, Jacques de Lacretelle, André Gide, Paul Morand et Jean Cocteau sont fêtés au Caire lors de grands rendez-vous littéraires et diplomatiques. Les cours publics des universitaires français titulaires des chaires de lettres y sont fréquentés par des ministres tout autant que par les étudiants et la conférence est un véritable carrefour mondain. Langue et culture françaises sont entrées dans l’espace privé, familial, intime, de nombreuses familles d’Égypte, et une pratique créatrice s’est établie, distincte du français académique, enseignée dans les plus prestigieuses institutions scolaires, administratives ou juridiques du pays. Le passage à la littérature donne déjà de premières œuvres remarquées, celles d’Ahmed Rassim et celles des plus jeunes Georges Henein, Edmond Jabès et Albert Cossery.

La section « Égypte » de l’Association internationale des écrivains de langue française, dont le siège central était à Paris, est née en 1938 dans un contexte de forte expansion culturelle mais aussi de grandes tensions internationales. Sa déclaration manifestaire est un excellent résumé des positions idéalistes du moment. Il y est soutenu que la culture française « rayonne dans tout le monde civilisé, parce que le monde civilisé est tributaire plus ou moins de la culture et de la pensée françaises, même quand les pays et les peuples ignorent la langue de Ronsard et de Pascal ». Cette « action pacifique de l’esprit » a nourri « d’un suc subtil la sensibilité étrangère, étendant les résonances locales, amplifiant ou modérant tour à tour des gammes ou réduites ou trop riches ». Et cela dans « la plus cordiale réciprocité ». L’idée d’une « affinité mystérieuse de deux races » est même soutenue. Métaphore lumineuse, tribut d’un soi sous influence, guidage des écrits locaux, tels sont les traits caractéristiques de cette acculturation. Une timide concession est faite aux « résonances locales » par Georges Cattaui, délégué pour l’Égypte au congrès annuel de cette association en avril 1939 à Liège, qui estime que « [l]’universalité du français, que sa clarté, que l’ordonnance stricte de son discours, que l’incorruptibilité même de sa syntaxe n’ont rien en soi d’incompatible avec l’expression “originalités régionales” ». Le « génie français » est défini comme

paré d’élégance, de discrétion, de finesse. Il a la vivacité qui donne son éclat à la pensée comme au sentiment. Il a la pondération ennemie de l’excès qui n’a jamais créé l’enthousiasme mais seulement le désordre. Les idées ne sont pas une chevauchée de l’imagination dans les nuées, elles sont la respiration de l’âme ardente mais équilibrée.

Pour cette association, la mission de l’Égypte est de travailler « au rapprochement des intelligences », d’établir « un pont idéal qui, au-dessus des tourmentes, allie l’Orient à l’Occident », en se « servant du vocabulaire français ». Or Mohamed Zulficar, premier directeur de la Revue du Caire, haut fonctionnaire apparenté à la famille royale, est aussi celui qui publie en juillet 1937 une déclaration dans laquelle on lit :

L’influence de la France fut telle que les Égyptiens perdirent quelque peu l’équilibre et oublièrent leur propre civilisation. Ce fut une phrase, rien qu’une phrase mais d’un maléfice puissant qui fit de l’Égypte un pays bâtard : L’Égypte n’est plus en Afrique, elle fait partie de l’Europe, phrase néfaste entre toutes, sort qu’on nous a jeté en pleine évolution […] Mais le narcotique a épuisé son pouvoir, l’Égypte s’est réveillée. Nous voulons garder notre orientalisme.


Les littératures dans la tourmente de la guerre mondiale

À partir de l’été 1940, plus aucun lettré d’Égypte ne réside à Paris occupé par les nazis, ni ne peut s’y rendre. La France d’accueil n’est plus. La civilisation occidentale semble se déplacer bien plus à l’Ouest. Les journaux d’Égypte parlent de l’installation américaine de nombreux écrivains, d’André Breton à Saint-John Perse, en passant par Jules Romains et André Maurois, ces deux derniers bien connus des Égyptiens francophiles, car ils avaient séjourné chez eux quelques années plus tôt. En juin 1940 dans la Revue du Caire, Taha Hussein, l’intellectuel le plus respecté dans le pays, écrit :

La cause de la France est intimement liée à celles de l’esprit et de la civilisation. Nous avons été élevés dans l’idéal classique que la France représente parfaitement. C’est nous-mêmes qui vaincrons lorsqu’elle vaincra… Mais elle est déjà victorieuse au point de vue spirituel, elle a gagné la guerre dès le premier jour.

Cette réaction immédiate prouve qu’à l’instar des démocrates occidentaux, il identifie la défense des valeurs de « l’esprit » à une lutte pour la liberté, notamment de création. Si « l’esprit français » peut apparaître comme le sien, et celui de bien d’autres écrivains et acteurs culturels, alors qu’il relève de facto d’un patrimoine culturel étranger, c’est que le « génie français », incarné par les qualités stylistiques d’une langue (clarté, ordre, harmonie, équilibre), est ici envisagé comme « une catégorie du débat sur la responsabilité morale de l’écrivain », une « catégorie de l’universel », et la littérature comme porteuse de « valeurs universelles de l’esprit ».

L’écrivain Mohamed Hussein Heykal précise quant à lui :

Nous devons à la France une véritable renaissance de nos lettres. La littérature arabe moderne n’existe que depuis cinquante ans ; elle a puisé dans la littérature française de nouvelles idées et de nouvelles formes d’expression. Ainsi, sommes-nous profondément attachés à la France.

Dès novembre 1940, les troupes de l’Italie fasciste bombardent Alexandrie puis Le Caire. À la suite de l’appel du général de Gaulle, une réunion générale de la section « Égypte » de l’Association internationale des écrivains de langue française fait apparaître une profonde division entre ceux qui désirent rester neutres et ceux qui entendent faire jouer à la Revue du Caire, organe de ladite association, un rôle actif aux côtés de « la France libre ». Le groupement est dissous alors qu’il devait décerner son premier prix littéraire. L’Association France-Égypte qui délivrait quant à elle depuis 1938 le prix Wacyf Ghali, du nom d’un grand diplomate et écrivain égyptien francophone des années vingt, ne siège pas pendant la guerre. Au début de 1941, la Revue du Caire est confiée à l’arabisant français Gaston Wiet. Le Grec Alexandre Papadopoulo en assure l’administration puis en prend bientôt la direction, tandis que le poète égyptien Mohamed Zulficar, premier directeur, est écarté, estimé sans doute quelque peu vichyste. À partir de mai 1942, la revue devient officiellement « le ralliement des forces intellectuelles françaises au Moyen-Orient » à l’opposé de certains périodiques, Le Journal d’Égypte d’Edgard Gallad par exemple, qui sont assez clairement pétainistes, au moins jusqu’en 1943. Dans une « Lettre ouverte » aux diplomates français en poste, un groupe de jeunes Égyptiens leur reproche dès le printemps 1941 d’être favorables à la collaboration et conclut :

Vous, Français, vous avez contracté avec nous une dette aussi, une dette solennelle et imprescriptible : vous devez respecter vous-mêmes le dogme de liberté dans l’honneur, de fidélité aux alliances et à l’amitié que vous nous avez enseigné.

L’attaque de la Grèce par les fascistes italiens déclenche un élan de solidarité. Le premier spectacle donné par la troupe de théâtre amateur de l’université égyptienne, Les Escholiers – fondée au printemps 1941 par Moenis Taha-Hussein et sa sœur Amina, les enfants du grand écrivain national –, est Électre de Jean Giraudoux jouée en l’honneur de la Grèce martyrisée. La troupe publie une déclaration manifestaire dans laquelle on lit :

Faire entendre la grande voix de la France en insufflant la vie aux plus beaux textes de son théâtre, ceux qui expriment le mieux sa pensée, Molière, Musset, Vigny… affirmer par là la confiance que l’on avait dans cette pensée ; prouver que les jeunes universitaires égyptiens pouvaient aussi bien monter par leurs propres moyens les pièces qui leur semblaient les plus représentatives du génie français.

La guerre européenne change très sensiblement les conditions de diffusion de la culture française, d’où un sentiment de frustration, voire d’abandon. Un Comité de la culture française en Orient est alors créé ainsi que des éditions baptisées Les Lettres Françaises (LLF), qui publient notamment des anthologies préfacées par les professeurs français en poste. S’y ajoute, toujours en 1941, une association des Amis du livre français en Orient, dirigée par le Français Morik Brin et l’Égyptien Horus Schenouda, qui crée les Éditions Horus. Les premiers ouvrages paraissent, au Caire, qui tentent de comprendre la défaite. Dans Vues sur la guerre, en novembre 1941, le journaliste littéraire Georges Dumani, Libanais d’Égypte, explique que la France, « lieu de perfection du cœur et de l’équilibre de l’esprit », est « vassalisée », que ce « symbole de la modération et de la subtilité, de la clarté et aussi d’une certaine candeur généreuse » a été saccagé par des « politiciens, quelques intellectuels et la bande des bourgeois viveurs [qui] visaient à la dissociation nationale, à la décomposition d’un organisme qui avait résisté au temps et à toutes les aventures de l’esprit ». Il conclut :

La France, les Français : deux mots que le monde épelait avec amour. Un pays qui a un si grand passé, ce n’est pas du jour au lendemain qu’il va cesser d’être le point de mire de l’univers. Celui-ci, où chercherait-il ailleurs ce qu’il lui demandait : un modèle ? Où puiserait-il de plus larges leçons de l’esprit, où trouverait-il une plus riche et plus généreuse matière humaine ?

Une volonté d’émancipation, présentée dès 1937 comme devant exprimer l’âme du peuple par le biais d’une prose réaliste, réapparaît néanmoins en la terrible année 1941 qui voit triompher les armées de l’Axe partout en Europe et au Proche-Orient. Tel est le cas dans cette déclaration publiée sous pseudonyme, à propos des écrivains nationaux en langue arabe, net démenti aux propos des « assimilés » :

Je suis gêné de retrouver constamment dans les écrits de nos plus originaux écrivains d’ici, ce désir de se placer à tout moment sous l’égide de tel ou tel écrivain étranger. […] Je ne vois pas pourquoi un écrivain égyptien (plus largement oriental) tiendrait à passer pour originairement européen. Taha Hussein a naguère longuement étudié ce que j’appellerais le « génie oriental ». Et je crois, pour ma part, à l’existence de ce génie de race, quelque ressemblance qu’il offre en certains points avec le génie méditerranéen. Taha Hussein, Al-Aqqad sont d’abord orientaux et ne sont intellectuellement levantins ou méditerranéens que dans la mesure par exemple où Verhaeren, Ramuz et Maeterlinck sont linguistiquement français.

Le sentiment d’une positivité des transferts littéraires cède la place à une réflexion identitaire qui entraîne un décrochement de l’emploi de la langue française du processus d’enrichissement culturel. D’autres signes montrent que les temps changent. La traduction en français de L’Oiseau d’Orient de Tewfick el Hakim, que l’on pouvait lire en arabe en 1938, publiée en mars 1941 aux Éditions Horus, apparaît ainsi comme révélatrice d’un revirement. Ce roman autobiographique retrace la prise de conscience d’un conflit interne entre une acculturation française, vécue avec joie dans les années vingt, et la naissance d’un sentiment d’identité orientale, musulmane et égyptienne, qui est aussi celui du désamour d’une génération. Au même moment, la naissance littéraire d’Albert Cossery est saluée en juin 1941 comme l’émergence d’une conscience « morale » et politique devant susciter la révolte contre la misère du peuple, sur le modèle de la lecture d’une œuvre engagée : « [À] votre tour, vous aiderez par vos actions et vos paroles conjuguées, à la destruction de cette honte humaine. » Les élites égyptiennes occidentalisées assistent aux controverses sur le patrimoine qui agitent le champ littéraire en France au même moment. L’exemple le plus éclatant concerne la querelle qui a lieu entre deux périodiques, la Revue du Caire et La Semaine égyptienne, à propos de Stéphane Mallarmé à la fin de l’année 1942. Voici ce qu’écrit Georges Vayssié dans la première revue en novembre :

S’agissant de textes qu’on assure écrits en français, on s’aperçoit que pour illuminés qu’ils soient, les commentateurs ne procèdent pas autrement que s’ils s’évertuaient au déchiffrement de textes hittites ou égéens. […] Il est un point où la recherche « d’autre chose » devient décadence et marque non une progression mais une régression. Le phénomène n’est pas nouveau dans l’évolution de notre littérature, mais toujours son génie naturel l’a fait triompher du péril. Péril double car avec le désordre de la pensée vient le désordre du langage, parallèle lui-même au désordre des mœurs.

Telle est l’illustration du débat franco-français autour du programme de réforme intellectuelle et morale de Pétain. On sait qu’une certaine droite fait alors remonter la corruption de l’intelligence au symbolisme, qui aurait perverti la simplicité et la clarté de la langue. Dès le mois de décembre, la défense de Mallarmé est assurée dans La Semaine égyptienne, notamment sous la plume de Georges Henein, mais aussi des professeurs français de l’université égyptienne. Tandis que cette querelle du patrimoine ne cesse de rebondir dans le microcosme des francophones, un autre périodique naît qui va chercher à maintenir un espace littéraire sous la houlette des écrivains du refus, organe de la Résistance littéraire pourrait-on dire. Il s’agit de l’hebdomadaire La Marseillaise, qui paraît simultanément au Caire et à Londres mais est imprimé en Égypte, de septembre 1942 à décembre 1945. On y trouve des textes – qui parviennent en Égypte via les Cahiers du Rhône de Neuchâtel dirigés par Albert Béguin – signés André Gide, Albert Béguin, Roger Caillois, Jean Paulhan, François Mauriac, mais aussi de nouveaux venus comme l’Égyptien Edmond Jabès, le tout jeune critique Jean Starobinski, les poètes Francis Ponge, Henri Michaux et André Frénaud, des « poètes de la Résistance » comme Paul Éluard, Pierre Emmanuel ou Pierre Jean Jouve. La Marseillaise n’est pas sans jouer au Caire un rôle analogue à celui qu’eut Fontaine à Alger, visant, dans la paradoxale liberté que lui procure sa position géographique, à tenter de réunir l’ensemble des voix françaises et francophones. Les fondateurs de ce périodique furent probablement des gaullistes catholiques, réfugiés à Londres – puissance occupante en Égypte ! – où la revue est co-diffusée. La défense et l’illustration de la France menacée sont également le fait d’un groupement intellectuel imaginé à l’automne 1943 sous le nom d’« Amitiés Françaises », avec deux centres autonomes, l’un au Caire, l’autre à Alexandrie, destinés à promouvoir la culture par des conférences, des expositions, la diffusion de publications, etc. À partir de 1945, cette amicale, créée à l’initiative des seules volontés orientales, devient le principal levier de la tentative de réinstallation du pouvoir symbolique d’une « France nouvelle » en Égypte. La situation est plus complexe du côté des jeunes avant-gardistes d’Égypte. Par le manifeste « Vive l’art dégénéré » de décembre 1938, le groupe surréaliste d’Égypte naissant s’était révolté contre « l’hostilité » avec laquelle « la société actuelle regarde toute création littéraire et artistique menaçant plus ou moins directement les disciplines intellectuelles et les valeurs morales ». Le conflit est d’emblée ouvert avec la culture classique acquise par nombre d’Égyptiens lettrés et l’action culturelle française. Les activités surréalistes menées dans les deux langues (arabe, français), quatre expositions dites de « l’Art indépendant », du printemps 1940 au printemps 1944, avec tracts et catalogues bilingues, apparaissent comme une étonnante tentative de conquête d’autonomie littéraire qui devait néanmoins conduire, selon leurs protagonistes, à une révolution internationale. Une rencontre se fait certes dans le cours public de Léon Guichard, titulaire de la chaire de littérature française de l’université du Caire pendant la guerre, qui parlait de « L’esprit nouveau dans la poésie française de Baudelaire à nos jours » au premier semestre 1944 et présente ces jeunes Égyptiens engagés. Pour autant le conflit ne tarde pas à resurgir.


Carrefours incertains au sortir du conflit

https://books.openedition.org/psn/521#tocfrom1n2


Daniel Lançon.
Professeur de littératures française et francophones à l’université  Stendhal-Grenoble 3, responsable du groupe de recherches É.CRI.RE (Études sur les crises de la représentation), composante de Traverses 19-21; a publié des études sur la poésie française moderne et contemporaine, la littérature des voyages (notamment le voyage en Orient), les francophonies proche-orientales (en particulier, un ouvrage d’histoire littéraire croisée L’Égypte littéraire de 1776 à 1882) ; a récemment dirigé ou co-dirigé plusieurs autres volumes collectifs. Il prépare deux ouvrages d’histoire littéraire : Yves Bonnefoy : histoire des œuvres et naissance de l’auteur (1923-1972) ; Vocations d’auteurs : Égypte francophone et France littéraire (1930-1970).

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