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Guarner, Vicente. – L’influence de la médecine française sur la médecine mexicaine au XIXème siècle The influence of French medicine on Mexican medicine in the 19th century (PDF 329 Ko). Paru dans 2008, 42 (3), pp. 277-284.

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TEXTE INTÉGRAL

Dans cette brève communication à propos d’une longue histoire, je vais vous raconter les intimes relations du pays d’où je viens, un pays, comme disait Goethe “où fleurissent les citronniers et dans l’obscur feuillage brillent les oranges dorées”, le Mexique, et la France avec sa lumineuse et séduisante médecine du XIXème siècle.

Dès la signature de l’Indépendance, le 28 septembre 1821, entre le vice-roi Juan O’Donoju et Agustin de Iturbide qui essayait à tout prix d’imiter Napoléon Ier, le Mexique a tourné le dos à l’Espagne et a dirigé son regard et son esprit vers la France. Cette relation particulière a commencé avant l’invasion des troupes françaises, s’est poursuivie pendant la guerre et a continué après. Je vous rappelle que les armées fran­çaise et autrichienne étaient venues appuyer l’empereur Maximilien de Habsbourg, dési­gné par Napoléon III comme monarque du Mexique, avec l’intention d’exercer son pou­voir comme gouverneur français sur le nouveau pays du jeune empereur autrichien.

Au fil des siècles, l’Université pontificale du Mexique, fondée par les Espagnols par décret royal du 21 septembre 1551, n’était plus qu’un cadavre entouré de pompe et il était urgent de s’en dégager le plus tôt possible. La carrière de médecin à l’université n’avait presque pas changé. Le programme d’enseignement était réparti sur trois chaires principales : la prima, las vísperas y el método ( la première pour le corps sain, la seconde pour le corps malade et la dernière pour les traitements) et trois chaires acces­soires : anatomie, chirurgie et botanique, disciplines embryonnaires et dogmatíques. Les chirurgiens romanistes (c’est ainsi qu’on appelait en espagnol les chirurgiens qui ne par­laient ni n’écrivaient en latin et pourtant avaient une éducation universitaire) suivaient un programme moyenâgeux en s’exerçant à faire des réparations osseuses, à traiter des cata­ractes et des hernies. Tout ceci se passait dans la Nouvelle Espagne, alors que de nom­breuses années s’étaient écoulées depuis que les doctrines de Bichat, les idées de Corvisart, les observations de Laennec et les expériences de Magendie avaient ouvert, en France, d’autres horizons à la médecine.

Mais ce passage de la médecine locale à la médecine française ne s’est pas fait tout d’un coup. Il a suivi un chemin qu’on pourrait presque considérer comme évolutif. Tout a commencé par les Lumières, mouvement philosophique et littéraire qui domina le XVIIIème siècle, avec pour fondement la confiance en l’homme et en sa raison pour résoudre les problèmes de la vie. En Espagne cette philosophie n’avait pu être appréciée que par une élite minoritaire, mais elle avait acquis une force suffisante pour exercer son influence dans ses colonies et essentiellement, au Mexique. Il faut dire que la monarchie espagnole avait mal interprété le mouvement et était tombé dans ce qu’on a appelé le despotisme éclairé. La formule “Gouverner pour le peuple mais sans le peuple” était une erreur générale, qui très vite coûtera aux Espagnols et même aux souverains français le trône et parfois la vie. Donc la philosophie des Lumières était, comme nous l’avons déjà dit, venue de l’Espagne ou de la France, en échappant à l’Inquisition pour permet­tre aux Mexicains de connaître les œuvres de Montesquieu, Voltaire, Rousseau, et même celles des Espagnols comme Jovellanos ou Campomanes qui avaient repris leurs idées à leur compte. Il ne faut pas laisser dans l’oubli ces auteurs qui ont nourri l’esprit des “insurgentes”.

La philosophie des Lumières a apporté un premier changement dans la Nouvelle Espagne en créant trois institutions ou entreprises : l’École de chirurgie en 1786, copie de celle de Cadix (1747-1748) et de Barcelone (1760). Le “Proto-medicato”, les plus hauts jurés médicaux, ceux qui dictaient les ordres et gouvernaient la médecine de la colonie, s’opposaient alors au désir du vice-roi, parce qu’ils ne voulaient recevoir que des médecins espagnols. Mais, finalement, le marquis de la Croix, vice-roi de la Nouvelle Espagne s’est débarrassé des chirurgiens romanistes et a introduit l’École de chirurgie. -L’expédition scientifique de Martin Sessé et Moncada qui, destinée à faire connaî­tre le Mexique dans le monde, a également développé la botanique. Le Séminaire Royal de l’industrie minière, en 1792.

L’indépendance de l’Amérique du Nord et la révolution française ont fait échouer la philosophie des Lumières et le despotime éclairé et ont aussi changé ces deux mouve­ments intellectuels en leur insufflant une nouvelle force spirituelle, déjà implicite dans le rationalisme du XVIIIème siècle : le libéralisme. Dès lors ce seront la classe moyenne et les groupes intellectuels ainsi qu’en beau­coup d’occasions le peuple qui vont dicter les lois et régir l’ordre du pays. Il m’a semblé indispensable de faire ce petit préambule pour expliquer que l’influence française était déjà au Mexique depuis le siècle des Lumiè­res, et comment elle s’est développée jusqu’à occuper une grande hégémonie dans le XIXème siècle.

Aussitôt après l’indépendance, la franco­philie (“afrancesamiento” né en Espagne) eut chez nous une grande impor­tance en influant sur la vie commune, la poli­tique, la science, mais aussi les habitudes, les réunions et les pensées du Mexicain : tout s’est développé au Mexique avec une grande force et, particulièrement en médecine. Dans ce domaine ce fut l’œuvre de deux hommes : Valentin Gomez Farias, vice-prési­dent de la République et médecin lui même, et le théologien de formation libérale, José Maria Luis Mora, appuyés par un groupe de médecins enthousiastes, patriotes et tout à fait altruistes, qui sont même arrivés à financer de leurs propres deniers l’enseigne­ment de la médecine. Ce sont eux, après la fermeture de l’Université, qui ont créé l’Éta­blissement général d’enseignement supérieur, avec un secteur pour l’enseignement de la médecine, directement inspiré de la médecine française.

Par la loi du 23 octobre 1833 le nouvel établissement proposa deux cours appelés de latinité : un de français et un autre d’arithmétique, algèbre, géométrie, sciences naturel­les, botanique et chimie. Mais l’École de médecine ne disposait pas alors de bâtiment où donner ses leçons. Les professeurs ont donc commencé leurs fonctions en utilisant des couvents : ceux qui appartenait aux Bethléhémites, ceux des Jésuites, San Ildefonso, un peu plus tard San Hippolyto, et, finalement, ils ont acheté de leurs deniers, pour la somme de 50 000 pesos, Santo Domingo, qui auparavant, jusqu’en 1820, appartenait au clergé et était le siège de l’Inquisition. Santo Domingo se trouve sur la place qui porte son nom, Place Saint-Dominique, tout près de la Place la Constitution. Le bâtiment est une œuvre merveilleuse de l’architecture coloniale, construit par l’architecte Pedro de Arrieta.

L’École de médecine avait pour directeur le grand médecin mexicain Casimiro Liceaga et le groupe des professeurs, choisis dans l’élite des médecins, utilisait comme textes les livres qui venaient de France : en anatomie le professeur Louis Jecker, utilisait au début le livre de Jacques Pierre Maygrier, puis celui de Cruveilhier. En pharmacie, c’était le Chevalier. En physiologie, le profes­seur Manuel Carpio avait le livre de François Magendie. En pathologie externe le chirurgien Pedro Cobedo se servait du livre de Roche. En médecine légale, c’était le livre de Le Briand. Pour les opéra­tions et accouchements, on se servait du manuel d’opérations chirurgicales de Jacques Coster. Pour la clinique externe, c’était le livre de Sanson, élève distingué de Dupuytren et, en clinique interne, celui de Martinet. Louis Jecker, professeur d’anatomie, était de Suisse romande. Manuel Carpio avait étudié en France et apporté au Mexique ce qu’on appe­lait au début le pectoriloque (pectus poitrine et loqui parler) dont peu après, dans son Auscultation médiate, Laennec avait changé le nom en stéthoscope. Au fil des années, de nouveaux livres français ont été incorporés à l’enseignement : le Malgaigne pour l’orthopédie (1862); la Médecine légale d’Orfila (1858) ; l’Anatomie chirurgicale de Velpeau ; le Traité d’anatomie descriptive de Cruveilhier (1845) et en 1903, la Clinique médicale de l’Hôtel-Dieu de Paris par Georges Dieulafoy.

Beaucoup de médecins mexicains sont allés en France pour faire des études après leur thèse. José Maria Vertiz, Manuel Andrade, Ignacio Erazo, Rafael Lucio, ce dernier ayant apporté au Mexique le constricteur de Chasaignac. Ont aussi étudié en France le chirur­gien Luis Muñoz, Carmona y Valle et beaucoup d’autres dont la liste est longue. Le plus important est Gabino Barreda et il mérite quelques lignes. Pendant ses études en France, il a suivi avec dévouement les leçons d’Auguste Comte, au Palais-Royal, et a apporté avec lui, au Mexique, les idées positivistes qui ont eu une grande influence au XIXème siècle. Gabino Barreda a fondé l’École préparatoire de San Ildefonse et formé tout un groupe d’élèves qui ont suivi ses idées. Parmi ses disciples, le plus important fut Porfirio Parra, directeur de l’École de médecine qui, à son tour, deviendra le maître de la seconde génération des positivistes mexicains, parmi lesquels se trouvait Francisco Flores qui a écrit la première histoire de la médecine du Mexique. Le 1er janvier 1875 Francisco Montes de Oca, brillant chirurgien de l’hôpital San Lucas, alors hôpital militaire, a fondé l’Association Larrey qui publie les Annales de l’Association. Montes de Oca, sans jamais voyager en France, avait été pendant toute sa vie un grand admirateur du Baron Larrey.

Les médecins français, à leur tour, se sont intéressés à notre pays et plusieurs d’entre eux ont eu un rôle déterminant dans la médecine du Mexique. Jules Clément a été un chi­rurgien qui non seulement a eu beaucoup de succès dans l’exercice de son art, mais a éga­lement participé activement à la vie académique. Léon Coindet est venu avec l’invasion française. Il était médecin et chirurgien militaire et, en rentrant en France, il a écrit un livre en trois volumes qui a pour titre Le Mexique considéré au point de vue médico­chirurgical. Le livre est dédié à M. Le Baron Larrey. “À vous, cher maître, cet ouvrage, faible hommage de ma reconnaissance et de ma respectueuse affection”. Léon Coindet et Jules Clément ont été fondateurs de l’Académie nationale de médecine du Mexique. Coindet travaillait comme médecin principal à l’hôpital Saint-Martin en France et, pendant l’invasion, a été médecin en chef des ambulances de la 1re et de la 2ème divi­sions de l’armée. Le livre nous parle de la climatologie, de la respiration en haute altitude ; des ingesta, des pathologies. Mais ce ne sont pas seulement des médecins qui sont venus : il y avait aussi des artistes, des ingénieurs des mines dont l’un, M. Lejeune, est resté longtemps chez nous et a écrit plusieurs livres sur la géographie et les mines du Mexique.

Dans une mince brochure de seize pages en petit format La Commision scientifique, littéraire et artistique, publiée par l’imprimerie Andrade et Escalante, en 1864, a annoncé la création d’un groupe d’intellectuels écrivains et artistes qui avaient pour mission de faire connaître le Mexique et d’établir entre nous et la France un commerce qui serait profitable aux deux pays. Presque à la même époque, en 1864, l’empereur Napoléon III signait, en compagnie de son ministre de l’Instruction publique, le fameux historien Victor Duruy, un décret pour créer une Commission historique et scientifique dans le but d’organiser et d’envoyer une expédition, inspirée de celle créée 60 ans auparavant pour l’Égypte, par Napoléon Ier. Quelques noms suffisent à donner une idée de son impor­tance : le sénateur Michel Chevalier, le baron Gros, le chimiste Boussingault, l’anthro­pologue Quatrefages, le zoologue Milne Edwards et beaucoup d’autres.

Il faut dire encore une fois, que, depuis Humboldt, la connaissance du Mexique à l’étranger s’est développée à la fois grâce à lui et aux études des visiteurs. Environ 200 livres et plus de 1000 articles peuvent être recensés. Et on ne doit pas oublier les institu­tions locales, plusieurs d’entre elles étant l’héritage direct de la colonisation espagnole. La Société mexicaine de géographie et de statistique, qui existe encore, est née après l’Indépendance (1833). Toutes ces connaissances ont été utilisées par Michel Chevalier dans son livre Le Mexique Ancien et Moderne qui est un ensemble de références sur son histoire, distribué en cinq chapitres avec un sixième où il est fait allusion aux res­sources naturelles du pays et à son grand avenir.

Dans un grand nombre d’occasions Victor Duruy a établi une comparaison entre la Commission pour le Mexique et celle créée par Napoléon Ier pour l’Égypte, jusqu’à dire : “Quand nos soldats quitteront cette terre, laissant derrière eux de glorieux souve­nirs, nos savants achèveront de conquérir la science. Il n’y a pas de doute que, grâce à leurs travaux, quelques branches de nos connaissances ne soient vivifiées et étendues, d’autres, peut-être, créées et que des faits nouveaux ne produisent des idées nouvelles et fécondes, qui donnent à nos grandes études une secousse salutaire”.

Le 27 février 1864 a été signé par Napoléon III et le ministre Duruy, le décret impé­rial pour expliquer le projet et les personnages de la Commission historique et scientifi­que, avec des noms importants comme ceux du baron Larrey, de Viollet-le-Duc, archi­tecte, de Michel Chevalier et Mariscal Vaillant, ministre des Beaux-Arts. Un peu plus tard, le 10 mars 1864, la commission devait être divisée en plusieurs Comités et celui des sciences naturelles et médicales devait être assigné à Milne-Edwards en tant que prési­dent, avec Quatrefages, Sainte-Claire Deville, De Caisse et le Baron Larrey. Quelques jours après la création de cette Commission, le colonel Doutrelaine a proposé au général Bazaine l’organisation d’une autre commission sous le nom de Commission scientifique franco-mexicaine (plus ad hoc pour les deux pays). Cette Commission, à son tour, a ensuite été divisée en dix sections et tout a été préparé pour la cérémonie d’inauguration. Les journaux de l’époque ont donné plusieurs articles pour expliquer et décrire les objec­tifs de la Commission, présenter les listes de ceux qui allaient être désignés pour chacune des sections et annoncer la date de son installation définitive : le 19 avril 1864.

Quelques jours avant, le général Bazaine avait fait des déclarations où il disait que “l’objet de cette Commission (était) de développer au Mexique le plaisir de cultiver les sciences, les lettres et les beaux arts et de favoriser l’agriculture et l’industrie et faire prendre conscience dans tout le pays, si bien doté par la Providence de tout genre de richesses, et établir, entre la France et le Mexique, un commerce intellectuel profitable pour les intérêts des deux peuples”. La Commission s’est réunie en séance plénière, dans le Palais des Mines le 19 avril 1864. La séance était présidée par le général Almonte, Mexicain, et par le général Bazaine. Il y eut plusieurs discours : un du général Bazaine, en langue espagnole ; un de l’ingénieur Salazar Ibarregui, sous-secrétaire de Fomento et un autre du colonel Doutrelaine, président exécutif. Le même jour étaient désignés les membres associés résidant au Mexique, dont cinq français avec parmi eux Carlos Erhman, médecin chef de l’expédition militaire et Léon Coindet, médecin major de pre­mière classe. Si l’on voulait rechercher les origines de cette Commission, on constaterait que ses organisateurs, essentiellement Doutrelaine, les ont extraites de l’Institut de France qui, depuis plus de deux siècles, présidait les activités intellectuelles de la France.

La sixième section de la Commission était destinée à la médecine, la chirurgie, l’hy­giène et la statistique. Le président de cette section était Charles Albert Ehrman, alsacien corpulent, brave homme, qui venait d’arriver comme médecin en chef des services de santé de l’armée française. Tout près de lui se trouvait Miguel Jiménez comme premier vice-président, brillant clinicien mexicain et le premier au monde à faire le traitement par ponction des suppurations hépatiques produites par l’Entamoeba histolytica, L’autre per­sonnage qui composait le présidium de la Commission, comme second vice-président, était le médecin français Jules Clément, venu au Mexique avant l’invasion. En 1866, quand Napoléon III a retiré ses forces du Mexique, la plupart des médecins français sont retournés en France, mais Jules Clément y est resté encore plus de 15 ans. Il vécut dans le sud du Mexique un certain temps et puis à Guadalajara où il a même fondé un journal médical Repertorio Jalisciense. Jules Clément est mort le 1er septembre 1881 (33). Les autres membres désignés par Doutrelaine étaient Augustin Andrade, mexicain thésé à la Faculté de Paris, le docteur Benoit, pharmacien de l’armée française, Eugène Bergeyre, vétérinaire de l’armée, Claudel et Léon Coindet, médecin militaire de première classe, auquel nous avons déjà fait référence. Finalement, au total, les membres fondateurs sont devenus vingt-deux : dix Mexicains, dix Français, un Allemand et un Italien. Entre avril et septembre, ils avaient réuni un nombre assez grand d’articles pour publier un journal qui porte toujours le nom de Gaceta Médica de México et reste aujourd’hui la revue de La Academia Nacional de Medicina de Mexico.

Je ne dispose pas d’assez de temps pour faire des commentaires sur ses premiers tra­vaux. Le 13 décembre 1865 les vingt-neuf membres de la section médicale ont décidé de changer le nom de Commission en celui de Sociedad médica de México (32) et ont élu comme président Miguel Jiménez, successeur de M. Ehrman, parti avec l’armée fran­çaise pour servir comme médecin dans la bataille de Metz et qui, finalement, trouva la mort, malade et épuisé par son travail en servant son pays, avec l’armée de la Loire (34).

La transformation de la Sociedad en Academia s’est ensuite faite lentement à travers des communications et publications dans la Gaceta, jusqu’à ce que, finalement, en 1873 y paraisse un nouveau règlement déclarant : Art. 1er : L’actuelle Société médicale conti­nuera ses travaux sous le nom d’Academia nacional de medicina de Mexico (35) : d’une Commission médicale, créée par les Français, on est passé à une Société médicale franco-mexicaine et puis à l’actuelle Académie nationale.

J’espère avoir réussi à vous transmettre l’intime passion de la médecine du Mexique pour la France pendant le XIXème siècle. Celle-ci a eu une grande influence sur l’ensei­gnement et les institutions académiques. Pour beaucoup d’entre nous, cette influence s’est poursuivie pendant le XXème siècle. En 1947 et 1948, j’ai moi-même étudié l’ana­tomie descriptive dans le Testut, puis la topographique dans le Testut Jacob. Quelquefois j’entre dans ma bibliothèque et sur l’une des planches je prends, de temps en temps, un même livre, je sens son odeur – cette odeur qu’ont les livres anciens -, il s’agit de la Pathologie externe d’Émile Forgue. Je vais à la page des phlébites et des thromboses, je la relis pour plus de la cinquantième fois. Elle est écrite dans un très beau français, si clair que parfois j’ai la sensation de lire un roman. Je ferme le livre et je sens une fois de plus son odeur qui traduit, encore, en un instant, cette vieille relation amoureuse entre la France et le Mexique.


HISTOIRE DES SCIENCES MÉDICALES – TOME XLII – N° 3 – 2008

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