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La musique accompagne le culte chrétien. Dès le IVe siècle, l’école épiscopale de Paris enseigne le chant aux enfants pour accompagner la liturgie. Cette école est très renommée tout au long du Moyen Age.

Dès ses origines, l’Église s’organise en paroisses et en évêchés. Des besoins liturgiques et musicaux se font sentir. Bientôt, sous l’impulsion des monastères les plus puissants, des rites et un répertoire de chants religieux se développent. Les évêques fondent des écoles, les scholæ, où l’on enseigne aux enfants le chant et les sept arts libéraux. La musique, dans l’école épiscopale, est considérée sous ses aspects théoriques et mathématiques. Les jeunes élèves de ces établissements, ancêtres de nos maîtrises, assurent aux côtés des chantres la partie chorale des services religieux.

Au IVe siècle, Paris dispose de son école épiscopale, qui compte parmi ses premiers élèves saint Marcel, neuvième évêque de Paris, né en 350. Marcel enseigne à son tour, et ainsi l’école se perpétue d’évêque en évêque. Elle connait un développement notable sous le règne de Childebert Ier qui, à l’instigation de l’évêque saint Germain (496-576), fait reconstruire entièrement la première cathédrale, dédiée à Saint-Etienne. Il est alors nécessaire que la magnificence de la liturgie soit à la mesure du nouvel édifice. Des témoins relatent la somptuosité des hymnes entonnées dès mâtines dans la nef flambant neuve, sous l’égide de l’entreprenant Germain. Un peu plus tard, on fait venir des maîtres de la schola de Rome, institution ancienne à laquelle saint Grégoire, pape de 590 à 604, a donné tout son prestige.

A la mort de Charlemagne en 814, malgré l’impulsion que l’empereur donne à l’enseignement, de nombreuses écoles épiscopales périclitent. Celle de Paris continue de briller à l’international. Sur son modèle, on crée plusieurs établissements en Angleterre.

La cathédrale s’assure d’une solide notoriété grâce à Pierre Abélard (1079-1142), l’amant tragique de la belle Héloïse. Esprit brillant et rebelle, qui bataille contre saint Bernard et les plus grands théologiens de son temps, il est l’auteur de chansons d’amour très populaires ainsi que de 133 hymnes destinées à la liturgie. Seulement deux nous sont parvenues avec leur musique.

En 1108, le chanoine Guillaume de Champeaux quitte la cathédrale sainte Etienne et fonde cinq ans plus tard, sur la rive gauche de la Seine, un couvent de chanoines réguliers, l’abbaye de Saint-Victor. Son école diffuse les idéaux de saint Augustin. De nombreux clercs et de hauts dignitaires aiment s’y retirer de temps à autre et offrir une offrande. L’abbaye. Saint-Victor jouit d’un rayonnement musical considérable, qui culmine à la fin du XIIe siècle. Le precentor (chantre) Adam, dit Adam de Saint-Victor y compose la plupart de ses poèmes et musiques. Il y rencontre probablement Maurice de Sully, qui fréquente l’abbaye et entreprend la construction de Notre-Dame en 1163.

 

 


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