via books.openedition.org/

JESSENNE, Jean-Pierre (dir.). L’image de l’autre dans l’Europe du Nord-Ouest à travers l’histoire. Nouvelle édition [en ligne]. Lille : Publications de l’Institut de recherches historiques du Septentrion, 1996. ISBN : 9782905637963. http://books.openedition.org/irhis/1493

Présentation

Alors que Bernard Ménager dirigeait le Centre d’Histoire de la Région du Nord et de l’Europe du Nord-Ouest avec l’ouverture aux suggestions de l’Autre qui le caractérise, le conseil scientifique du Centre a décidé de promouvoir un type de colloque un peu original dans ses intentions et ses démarches : il s’agissait de favoriser la confrontation d’idées entre chercheurs spécialistes de diverses disciplines et périodes ; l’intention était de favoriser une approche plus exploratoire que canalisée dans des catégories de savoir conventionnelles. Le thème de l’image de l’Autre, suggéré initialement par Robert Muchembled, s’est imposé à la fois par sa richesse problématique et par sa conformité avec la vocation du Centre de favoriser les recherches sur la région du Nord dans son contexte nord-ouest européen.

Nous en sommes donc arrivés à un projet dont je rappelle les principales orientations : « examiner les diverses acceptions de la notion d’étranger et leurs fluctuations tant au plan des statuts juridiques sociaux ou politiques que dans la perception de ce (ou ceux) qui est (ou sont) considéré(s) comme étranger(s) » ; orienter la réflexion sur « la dynamique de l’attraction ou de l’assimilation et de la répulsion ou de l’exclusion ». Dans cette approche, nous n’avions voulu exclure aucun niveau d’appartenance, du village ou du quartier aux peuples ou aux nations, pourvu que le cadre demeurât l’Europe du Nord-Ouest. La démarche reposait sur le pari d’un rapprochement fructueux entre la vision du « barbare » à proximité du limes au temps de l’Empire Romain et la représentation des immigrés ou des occupants dans le Nord au XXe siècle – pour prendre des exemples aux deux termes chronologiques d’une trentaine de communications abordant toutes les périodes.

L’image de la France en Angleterre au xviie siècle
John Miller
p. 217-224
Premières pages
Référence électronique du chapitre
https://books.openedition.org/irhis/1540

Il y avait deux aspects de la France, deux images qui se confrontaient : la peur de la puissance militaire de la France et la peur que le roi de l’Angleterre voulût établir un régime « français ».


TEXTE INTEGRAL

Pour commencer, il faut dire qu’il vaudrait mieux parler des diverses images de la France, qui semblent souvent contradictoires. Au cours du XVIIe siècle, ces images devenaient plus riches, plus nuancées, et elles occupaient une place de plus en plus importante dans la vie anglaise. D’une part, voyager en France devenait un aspect presqu’indispensable de l’éducation d’un gentilhomme anglais : le « Grand Tour », loin d’être une innovation du XVIIIe siècle, était déjà bien établi au milieu du XVIIe. D’autre part, l’influence culturelle et politique de la France grandissait. Le français devenait la langue de la diplomatie et plus généralement de la noblesse et de la royauté européenne. Guillaume III écrivait habituellement en français à son confident Bentinck et aux princes étrangers. Des centaines de jeunes Anglais de bonne famille essayaient de maîtriser la langue, tout en se divertissant par des leçons de danse, de musique, d’escrime et d’équitation.

Car la domination culturelle de la France s’étendait loin au-delà de la langue. Lorsqu’il s’agissait de l’élégance, du style, en somme de la mode (ce qui devint mot anglais au XVIIe siècle) la France offrait le modèle à imiter. En architecture, Paris (et surtout le Louvre et la Place Royale) inspirait les rois Stuart dans leur souhait d’embellir leur ville capitale. Dans les années 1650, le voyageur Sir John Reresby écrit qu’il lui fallait avouer que Paris était la ville la plus grande, la plus belle et la plus populeuse de tout ce qu’il avait vu en Europe (y compris Londres), possédant en abondance tout ce qui pouvait rendre une ville commode et agréable. Vingt ans plus tard, John Locke fut énormément impressionné par Versailles (et surtout ses jardins), même en remarquant amèrement le coût énorme, en argent et en morts, des lacs et des canaux. Charles II à Winchester et Guillaume III à Het Loo firent construire leurs propres « petits Versailles » – bien que ce dernier fût l’ennemi le plus acharné du Roi Soleil. Les jardins aussi – par exemple à Greenwich et à Hampton Court – suivaient les principes établis par Le Nôtre.

L’influence de la mode française se faisait sentir également dans le costume. Le « diarist » John Evelyn, d’habitude francophile, publia en 1661 un petit livre contre la « tyrannie » de la mode française. En 1666, la France ayant déclaré la guerre à l’Angleterre, Charles II interdit à ses sujets de porter les vêtements de style français et essaya de populariser un style « anglais » ; cependant en deux ou trois ans les styles français se rétablirent. Quant à la cuisine française, Reresby la trouva supérieure à celle de l’Angleterre, surtout du point de vue des sauces, mais il jugea (comme tant d’Anglais) que les Français mangeaient beaucoup trop d’ail. Un autre « diarist », Samuel Pepys, appréciait lui aussi la cuisine française, notant en 1667 un repas dans le style français, c’est-à-dire avec les plats servis l’un après l’autre, ce qu’il trouva préférable au style anglais, avec tous les plats servis à la fois.

Divers Anglais trouvèrent donc qu’il y avait en France beaucoup à admirer et à imiter. Toutefois, ils trouvèrent aussi beaucoup à censurer, à condamner et même à craindre. Bien qu’ils trouvassent les campagnes fertiles et pittoresques et les villes intéressantes, ils furent beaucoup moins polis au sujet des Français. Les voyageurs rencontrèrent, bien entendu, des gens sympathiques, mais ils se plaignirent souvent des cabaretiers malhonnêtes et surtout des voleurs et des soldats rapaces. De leur côté les visiteurs étrangers à Londres remarquèrent que les Anglais ne montraient aucune civilité envers les étrangers – et surtout envers les Français. Pepys nota en 1661 que les Anglais aimaient les Espagnols et haïssaient les Français. Il ajouta en explication que les Français se montraient insolents en victoire, mais abjects en défaite. Mais pour poursuivre un peu plus loin les images de la France, il faut examiner les perceptions anglaises du gouvernement français, de la société française et des ambitions de Louis XIV.

Tous les Anglais convenaient que la monarchie française était « absolue ». Sir Thomas Overbury écrit en 1609 que celle de la France était « of monarchies the most absolute because the king […] even makes laws and imposes taxes at his pleasure ». « His command at home is absolute, the laws of the country hang all upon the pleasure of the king », écrit William Lawrence, non-conformiste, en 1679. Un demi-siècle plus tôt, le jeune ecclésiastique Peter Heylyn employa le mot « despotique ». « In his edicts… » écrit-il « he never mentioneth the goodwill of his subjects, nor the approbation of his council but concludeth all of them in this form, car tel est notre plaisir ». Même en 1625, Heylyn observa que les états généraux étaient tombés en désuétude : le roi levait les impôts de sa propre autorité. Reresby nota que le roi était trop absolu pour prendre le conseil de ses sujets, ne consultant que sa propre volonté. Les lois n’étaient que les ordonnances du roi, renforcées par ses armées, qui retenaient le peuple dans la sujétion. Quant aux états provinciaux, Locke observa que ceux de Languedoc « have all the solemnity and outward appearance of a parliament. The king proposes and they debate and resolve about it ». Mais il continua: « Here is all the difference, that they never do, and some say dare not, refuse whatever the king demands ».

Les rois de France faisaient donc les lois et levaient les impôts sans le consentement de leurs sujets. Les institutions représentatives soit avaient été abolies, soit avaient perdu leur pouvoir de s’opposer à la volonté du roi. Le juriste James Whitelocke regretta devant le parlement, en 1610, « the mischiefs that grew to the kingdom of France by the voluntary impositions, first brought in by Charles VII and ever since confirmed, to the utter impoverishment of the common people and the loss of their free council of three Estates ». Comme le roi n’avait aucun besoin du consentement de ses sujets pour les impôts, la prise en compte des doléances dépendait entièrement de son bon plaisir. Les parlements ne donnaient qu’un « lustre of equity » aux ordonnances du roi, qu’ils ratifiaient sans discussion. Le pouvoir du roi était donc sans limite et ses sujets étaient écrasés par une multiplicité d’impôts. Les voyageurs furent souvent choqués par la pauvreté des paysans : Locke visita la famille d’un jardinier provençal qui mangea le dimanche du sang coagulé frit dans l’huile. Reresby jugea que les paysans français étaient les gens les plus misérables et les plus serviles du monde. Un voyageur remarqua en 1619 qu’il croyait qu’il n’y avait nulle part dans le monde un pays plus riche et un peuple plus pauvre.

L’explication de cette pauvreté se trouvait dans l’impôt. Pepys crut en 1667 que le peuple payait en impôts plus que la valeur réelle des terres. Pour les Anglais, le paysan français était toujours en guenilles et portait des sabots (s’il n’allait pas pieds nus) ; il ne mangeait presque jamais de viande et subsistait grâce à la soupe maigre, au pain dur (et à l’ail). Les paysans étaient exploités de tous côtés : pour Overbury ils étaient les « sponges to the king, to the church and the nobility ». Locke remarqua que la plupart de ceux qui étaient les plus capables de payer la taille soit en étaient exempts, soit déplaçaient le fardeau autant que possible sur les paysans. Quelques commentateurs notèrent que le roi avait réduit le pouvoir politique des nobles, mais personne ne doutait qu’ils exerçaient toujours un pouvoir absolu vis-à-vis les paysans. Quant aux officiers du roi, personne ne pouvait résister à leurs demandes, même si un d’entre eux ordonnait à la fille d’un citoyen riche de se marier avec son valet. « When the sense of liberty is worn out » écrit le médecin John Northleigh vers 1680… « what is there that a people won’t suffer ? »

En essayant d’expliquer la soumission du peuple français, les Anglais imputaient une grande importance à l’église catholique. La plupart de voyageurs exprimaient du scepticisme au sujet des reliques et se moquaient de la crédulité des pauvres catholiques. Les Anglais étaient convaincus que les prêtres prenaient soin de retenir le peuple dans l’ignorance pour le rendre docile et soumis à la volonté royale : le catholicisme et la monarchie absolue – « popery and arbitrary government » – allaient naturellement ensemble. Leurs expériences sous Charles Ier, Charles II et Jacques II renforçaient cette croyance. Quand les Anglais parlaient du gouvernement français, alors, c’était souvent pour exprimer leur crainte qu’on voulût supprimer le Parlement et établir un semblable régime en Angleterre. Ainsi en 1610, Whitelocke avertit la Chambre des Communes du danger de laisser lever des impôts sans leur consentement. En 1626, Dudley Carleton les menaça d’extinction s’ils s’opposaient à la volonté du roi. En 1628, on parla d’une « crisis of Parliaments » ; entre 1629 et 1640, aucun Parlement ne fut convoqué. Sous Charles II, surtout après 1672, les mêmes craintes se renouvelèrent.

Les Anglais croyaient que, comme les rois espagnols du XVIe siècle, Louis XIV voulait établir une monarchie universelle et généraliser le catholicisme. On soutenait que la puissance de la France était fondée sur les conquêtes et les armes ; Locke se demanda si la guerre y remplissait une fonction presque biologique « to take away by this fermentation the scum of the people ». Pour les autres, il ne s’agissait que de l’ambition du roi, renforcée par la bigoterie religieuse. Selon Lawrence, Louis ne cherchait que « dominion and glory » ; un membre du Parlement s’écria que l’épée française était dirigée par l’Antéchrist. On constate avec inquiétude que le gouvernement grignotait les privilèges des Huguenots, en interprétant l’Édit de Nantes d’une façon de plus en plus restrictive.

L’agression française était économique autant que militaire : on regardait la concurrence économique comme une extension de la guerre. Les tarifs de Colbert rendaient difficile la vente en France des manufactures anglaises, tandis que les Anglais persistaient à acheter des vins français. On se plaignait donc que la balance du commerce entre les deux pays fût très inégale et que beaucoup de métal passât de l’Angleterre à la France. L’agression était également morale. En poursuivant ses buts, Louis XIV ne respectait ni les lois de Dieu ni celle des nations, ne se croyant pas obligé comme les autres à garder sa parole. Ses conquêtes dans les Pays-Bas espagnols à partir de 1667 firent naître parmi les Anglais la crainte de son ambition démesurée. Son progrès fut arrêté par le traité d’Aix-la-Chapelle en 1668, mais en 1672 ses armées conquirent la majeure partie des Provinces-Unies. Les Anglais en furent vivement alarmés, surtout parce que leur roi était maintenant l’allié de Louis XIV. La pression financière du Parlement le força à se retirer de la guerre en 1674, mais les Anglais regardaient avec inquiétude le progrès continu des armées françaises, surtout aux Pays-Bas : la Flandre était (dit-on) « England’s frontier ». (On se souciait beaucoup moins de la Franche-Comté ou de la Sicile.) La pression politique en faveur d’une intervention pour préserver ce qui restait des Pays-Bas monta à tel point qu’en 1678, Charles II se prépara à faire la guerre contre la France.

Faut-il donc croire que le parlement anglais acceptait que c’était l’intérêt – et le devoir – de l’Angleterre de s’opposer à la puissance française ? Pour les années postérieures à 1689, il faut répondre oui. Les longues guerres de 1689 à 1713 furent, dans un certain sens, des guerres de la succession anglaise, parce que Louis XIV voulait installer d’abord Jacques II et puis son fils sur le trône d’Angleterre. Pour les années 1670, la situation était plus complexe. D’un côté, les parlementaires s’inquiétaient du développement du pouvoir français et de l’impuissance des confédérés. Mais de l’autre côté, ils avaient une grande méfiance de leur propre roi. Charles se joignit à la France en 1670 et fit la guerre contre les Provinces-Unies en 1672, sans consulter son Parlement. Il se retira de la guerre à contrecœur et continua de permettre aux Français de faire des recrues dans ses royaumes. On demandait au roi de faire arrêter le progrès des armées françaises, mais pour le faire effectivement il fallait lui donner assez d’argent pour lever une armée. Cependant, beaucoup craignaient que Charles en vint à employer cette armée pour établir un régime absolu en Angleterre. Pouvait-on se fier à une cour royale qui avait montré tant de « favour and concurrence » à la prépondérance du pouvoir français ? Ceux des parlementaires qui, en 1675, censurèrent le plus vivement l’inaction du roi commencèrent, dès 1677, à soutenir que le danger que posait la France n’était pas grave, que la flotte royale suffisait pour défendre le royaume et que surtout il ne fallait pas voter de subsides. Ils estimèrent qu’avant de donner de l’argent, il fallait identifier – et chasser – ceux qui avaient laissé croître le pouvoir de la France ; il fallait aussi prendre les mesures efficaces contre le papisme. Ils prétendirent que le moyen le plus efficace de nuire à la France était d’interdire l’importation des denrées françaises, ce qui réduirait aussi le revenu du roi anglais ; le Parlement vota donc donc une telle interdiction en 1678. Certains parlementaires consultèrent leurs mesures avec l’ambassadeur de France, Barrillon, et acceptèrent des pensions françaises. Parmi eux, William Sacheverell, avoua franchement qu’il n’était pas d’accord de donner de l’argent « merely » pour préserver la Flandre.

On voit donc que de nombreux parlementaires montraient un certain cynisme quand ils parlaient de la menace française, mais il ne faut pas en conclure que leurs déclarations ne constituaient que de la rhétorique pure. Ils n’auraient pas employé de tels raisonnements s’il n’avait pas existé une grande inquiétude populaire au sujet de la puissance française (et de la croissance du papisme). Le roi lui-même dit que beaucoup de gentilshommes craignaient sincèrement la France, mais que d’autres ne cherchaient qu’à l’engager dans une guerre pour le subordonner financièrement aux parlements et pour le forcer de leur donner des offices. Il y avait deux aspects de la France, deux images qui se confrontaient : la peur de la puissance militaire de la France et la peur que le roi de l’Angleterre voulût établir un régime « français ». Il fallait donc décider quel danger était le plus grave, le plus immédiat. Pour se prémunir contre la menace de l’absolutisme, de nombreux parlementaires soutenaient qu’il ne fallait pas accorder d’argent au monarque : « without a mutual necessity between the king and his parliament, our constitution cannot stand » ; quitte à refuser au roi les moyens d’intervenir en Flandre. Cependant, quand Barrillon se plaignait que les Anglais ne s’intéressaient qu’aux affaires du dedans, il simplifiait une situation complexe. Pour les Anglais, il fallait tenir compte à la fois des pressions extérieures et des pressions intérieures. De plus, il ne faut pas oublier que les préparations militaires que fit Charles II, avec tant de répugnance, en 1678 persuadèrent Louis XIV de faire la paix à Nimègue.

Les attitudes des Anglais envers la France étaient riches de contradictions. Même ceux qui exprimaient leur horreur de la conduite « arbitraire » de la monarchie française pouvaient aussi en respecter l’efficacité. Nous avons déjà vu la réaction mixte de Locke aux merveilles de Versailles. En 1667, Pepys et Evelyn comparèrent Louis XIV et Charles II. Ils déplorèrent « l’esclavage du peuple » français, mais en revanche ils reconnurent que le roi de France se faisait obéir : il avait soumis la noblesse et le clergé à sa volonté et il avait (dit-on) banni les voleurs et les mendiants des rues de Paris. Par contraste, Charles II se laissait diriger par ses maîtresses, ses sujets blâmaient tout ce qu’il faisait et son gouvernement était profondément désorganisé : un jour il n’y eut pas même de papier pour une réunion du conseil privé, parce que le fournisseur n’avait pas été payé. D’autres faisaient une distinction entre le régime politique et religieux de la France d’une part, sa culture et sa civilisation d’autre part. Prenons, pour conclure, un seul exemple, Edmund Verney. Les lettres qu’il écrit à son père entre 1667 et 1672 sont pleines d’inquiétude, face à la croissance du pouvoir français : il est évident, écrit-il, que ce roi veut établir une monarchie universelle. Verney l’accuse de n’avoir rien fait pour défendre Candie (capitale de la Crète) contre les Turcs et d’avoir renié souvent sa parole. Mais dans ces mêmes lettres, Verney se plaint qu’il soit de plus en plus difficile de trouver à Londres du bon vin de Bordeaux et il écrit, d’habitude, en français.

 


Auteur
John Miller
Queen Mary and Westfield College Université de Londres

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