via persée


Uzel B. La fondation de Djibouti. In: Revue d’histoire des colonies, tome 39, n°137,1952. pp. 63-75. /web/revues/home/prescript/article/outre_0399-1385_1952_num_39_137_1176

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PREMIÈRE PAGE

Léonce Lagarde de Rouffey-Roux fut le premier Français à représenter son pays d’une manière officielle et permanente à Obock. Il y débarqua en août 1884. Ce n était pas un militaire ; tout le temps de son gouvernement il n’eut que quelques dizaines de soldats européens à sa disposition. Sa politique fut toute pacifique. Son énergie et sa ténacité eurent cependant raison de Vhostilité des Anglais et des Italiens arrivés avant nous sur la côte de la mer Rouge et qui s’opposaient de toutes leurs forces à notre installation. Elle vainquit aussi les difficultés nées de la méfiance des populations indigènes et de Varidité du pays. Son œuvre peut se résumer ainsi : création du poste d’Obock / des côtes et du golfe de Tadjourah ; fondation de Djibouti; traité franco-éthiopien de 1897.

L’intéressant mémoire dont proviennent les pages qui suivent étudie les étapes de ce travail et les moyens mis en œuvre pour le réaliser. On en trouvera ci-dessous quelques aspects.


Au début de 1887, l’Angleterre tient encore la première place dans le golfe d’Aden. Sa puissance n’est pourtant plus aussi absolue que jadis : l’escale britannique est toujours la plus forte, mais les événements du Soudan en provoquant le départ des Égyptiens d’Harrar et des villes de la côte africaine, ont privé la Grande-Bretagne d’un atout précieux. Les autorités d’Aden, obligées de faire occuper le littoral par leurs propres troupes, n’ont pu empêcher complètement le développement des colonies d’Obock et d’Assab. L’ambition des Anglais de conserver pour eux seuls toutes les côtes du golfe d’Aden n’a pu se réaliser.

La France est maintenant solidement installée à Obock et son influence s’étend jusqu’au ras Jiboutil à une quarantaine de kilomètres de Zeylah. Sa position n’est cependant pas sans faiblesse ; car le territoire de sa colonie est limité au nord et au sud par les possessions italiennes et anglaises. redoute moins l’expansion de l’Italie dans ces parages, que celle de la France dont la puissance coloniale s’étend à l’Extrême-Orient et à l’Océan Indien. Elle a donc tendance à favoriser les Italiens aux dépens des Français.

Est-ce cette disproportion des forces qui va pousser Lagarde à rechercher l’appui de Ménélik ? Son idéal de générosité lui permettra d’accepter sans arrière pensée l’alliance d’un chef indigène, dont les gens d’Assab et d’Aden font si peu de cas. Grâce à l’esprit ouvert du commandant d’Obock, la France aura plus tard sur les autres puissances, l’avantage d’avoir considéré dès le début, le futur empereur d’Ethiopie, comme un souverain dont l’indépendance doit être respectée et l’alliance recherchée.

L’amitié franco-éthiopienne s’affirme dès l’abord par des actes et non par de vaines démonstrations sans portée pratique : en fondant Djibouti, la France va créer un port qui servira les intérêts de l’Ethiopie ; celle-ci en revanche, assurera la réussite de l’entreprise française en dirigeant sur la nouvelle ville toutes les caravanes qui partent de Harrar.

 

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