source : http://santemondiale2030.fr/
Le groupe Santé mondiale 2030 a été créé en octobre 2016. Il réunit des personnalités impliquées depuis longtemps sur les questions de santé mondiale. Groupe de réflexion indépendant, notre think tank entend produire, diffuser et valoriser des idées, analyses ou recommandations susceptibles d’influer sur les politiques publiques et stratégies des acteurs français en matière de santé mondiale. Santé mondiale 2030 inscrit ses réflexions dans le cadre des Objectifs du développement durable (ODD) fixant un agenda international pour la lutte contre la pauvreté, la protection de la planète et la recherche de la prospérité à l’horizon de 2030.
La France a porté des messages importants pour que la santé soit reconnue comme un bien public mondial et a joué un rôle de premier plan dans la création de grandes initiatives internationales
EXTRAIT
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La France est un acteur majeur de la santé mondiale par son niveau élevé d’expertise, l’importance de ses engagements internationaux et les financements qu’elle consacre à la santé mondiale. La France a porté des messages importants pour que la santé soit reconnue comme un bien public mondial. Elle a joué un rôle de premier plan dans la création de grandes initiatives internationales, comme le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme. Dans quelle mesure la voix de la France est-elle aujourd’hui entendue sur la scène internationale de la santé mondiale ?
Cette enquête, menée entre avril et août 2019 (avant la conférence de reconstitution et avant l’épidémie de coronavirus covid19) a pour objectif de restituer les perceptions des acteurs de la santé mondiale sur l’influence de la France au sein des organisations internationales de santé présentes à Genève. On fait ici référence aux Initiatives globales en santé (Fonds mondial, Unitaid, Gavi), aux organisations des Nations Unies impliquées dans le domaine de la santé (OMS, ONUSIDA) ainsi qu’aux ONG internationales ayant un bureau à Genève (MSF, FICR). Il ne s’agit pas d’une analyse de l’influence effective de la France, de sa capacité à convaincre, mettre un sujet à l’agenda ou faire adopter ses points de vue, mais plutôt de la façon dont cette influence est perçue par les membres de la communauté « santé mondiale » de Genève.
Les principales conclusions de l’étude sont les suivantes :
• La France est perçue comme faisant partie des pays influents en santé mondiale, mais son niveau d’influence est considéré comme étant moins important qu’il ne l’a été par le passé. Les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Allemagne sont perçus comme plus engagés, tant sur le plan diplomatique que sur le plan financier. L’image qui ressort des entretiens est celle d’une France qui n’a plus le rôle de leader qui était le sien dans la première décennie des années 2000.
• Alors que de nombreux pays tendent à revenir à des modes d’action bilatéraux, la France est considérée comme fervent défenseur du multilatéralisme.
• L’expertise et la recherche sont considérées comme des atouts de la France en santé mondiale. Les Instituts Pasteur, l’Inserm et l’ANRS, notamment, sont reconnus comme un réseau remarquable de recherche médicale.
• La société civile et les acteurs français de la recherche sont perçus comme des acteurs dont le potentiel d’influence est élevé.
• La majorité des répondants considèrent que la stratégie française en santé mondiale souffre d’un défaut de coordination. Le réseau d’acteurs est perçu comme morcelé, peu lisible, avec des acteurs parisiens trop peu soucieux des échanges qui se déroulent à Genève.
• Ce manque de coordination semble aller de pair avec une absence de messages politiques clairs, cohérents et argumentés. Les priorités françaises actuelles ne sont pas connues par le quart des personnes interrogées. La couverture sanitaire universelle est évoquée comme le principal message porté par la France, mais étant devenu un axe central de la politique multilatérale, il n’est plus perçu comme un levier d’influence.
• A Genève, la France est perçue comme particulièrement influente à Unitaid, par ses contributions élevées, la présence importante en nombre de personnels français et un engagement politique fort. Les perceptions sur l’influence française dans les autres organisations sont partagées : la France contribue largement au Fonds mondial mais n’y exerce pas une influence significative au sein de sa direction, ni au sein de sa gouvernance. A l’OMS, la contribution volontaire française est faible et la marge d’influence est limitée.
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