Verbatim

illustration : château de Herrenchiemsee, 1878-1886, Bavière, réplique du château de Versailles

Émile Haumant (1859-1942), professeur honoraire de langue et littérature russe

« Dans les deux siècles de vie russe que nous venons de parcourir, nous avons constaté la prédominance à peu près continue des influences françaises. Comme on chercherait vainement un autre pays où leur action eût été aussi longue et profonde, il faut croire que la Russie a eu des raisons à elle de s’attacher à nous plus que les autres n’ont fait »

 

Hippolyte ROUX-FERRAND (1798-1887), homme de lettres, historien

« La France, a-t-on dit avec raison, la France a gouverné l’Europe quand il n’y avait plus en Europe un seul gouvernement qui ne fût au berceau, l’empire de Constantinople excepté.
Dès ce temps, il lui a été donné d’attacher les destinées des peuples à ses idées de guerre, de gloire, de politique et d’administration. L’origine des lois, des coutumes, des arts, l’ancien droit public de vingt nations est là depuis huit ou dix siècles. C’est dire : l’histoire de la France a été dès lors, pour vingt nations, une histoire nationale »

Virgile Rossel, ✞ 1933 à Lausanne

« A considérer Genève avant et après la Réforme, on se croirait transporté d’un continent à un autre […] Il est évident que le calvinisme fut l’éducateur de notre pays. Il lui révéla l’antiquité classique. Il lui donna des goûts intelligents. Il lui ouvrit, du côté de la religion, des horizons nouveaux, le forçant de réfléchir et de regarder plus haut que terre. »

Hugo-P. THIEME, ✞ 1940, American literary critic and university professor.

« Quand on étudie les divers aspects de l’activité française, ce qui frappe, c’est la continuité d’une activité intellectuelle supérieure, et c’est le nombre considérable des grands artisans de cette activité à toute époque en général et à chacune en particulier. La France n’est jamais restée au-dessous de la moyenne, en retard par rapport aux autres pays dans les domaines les plus importants, tels que la littérature, l’art, la musique, ou les sciences »

Paul Janet, ✞ 1899, philosophe français.

« Il n‘y a rien d‘excessif à réclamer pour la France, dans le développement de la philosophie moderne, le rôle presque continu de l‘initiation intelligente et du progrès réglé »

Alain Madelin, (Paris 1946-), homme politique français.

« Nous avons perdu de vue le rôle central joué par les auteurs libéraux français des XVIIIe et xixe siècles dans la formation, la conceptualisation et la diffusion des idées libérales. Sans leurs apports, le libéralisme serait sans doute resté une pensée inachevée »

Stéphane Rials, né le 3 avril 1951 à Paris, juriste français.

«La France n ‘a sans doute pas le caractère de nécessité éternelle et transcendante que lui prêtait Léon Bloy. Mais c’est tout de même une belle et grande chose. Les presque « quarante rois », en presque « mille ans », ont bien « fait la France ». Ils ont été les patients ouvriers d’un pays singulier qui aurait pu ne pas être ou être autre mais qui, étant, a su accéder à l’universel. On sait bien aujourd’hui que nulle fatalité d’aucune sorte — géographique, ethnique, linguistique ou autre — ne portait la France en ses flancs.»

William Crary Brownell, (1851-1928), American literary and art critic

« It is this which has made the France of the past three centuries, and especially the France of today — as we get farther and farther away from the great art epochs — both in amount and general excellence of artistic activity, comparable only with the Italy of the Renaissance and the Greece of antiquity. »

Alfred Horatio Upham, (1877-1945), Miami University

« It is a commonplace in the study of English literature that the fourteenth century and the period immediately following the Stuart Restoration are peculiarly marked by extended influence from the literature of France. »

Jean-Jacques Salverda de Grave (1863-1947), linguiste et philologue néerlandais.

« J’ai la quasi-certitude de vous apporter un sujet qui doit vous être sympathique. Ce sujet, le voici : il consiste à exposer un chapitre de l’histoire des rapports qui existent entre mon pays, la Hollande, et le vôtre, à parler de l’influence que la langue française a eue sur le néerlandais, influence qui est le signe extérieur de l’action que votre civilisation a exercée sur la culture des Pays-Bas. Cette action a été si profonde que les quatre leçons que je me propose de donner ici, ne suffiraient certainement pas à la traiter à fond »

Milenko Vesnitch (1863-1921), ministre de Serbie à Paris en 1916

« Il n’y a pas de plus belle histoire militaire que celle de la noble France. Pourtant ce n’est pas sa plus grande gloire, ni celle dont elle soit le plus fière. Son esprit et son cœur ont un piédestal beaucoup plus beau. Nous autres, Serbes, nous l’admirons dans toutes ses qualités naturelles, et la reconnaissance envers elle est pour nous un fardeau doux et cher. Vive la France ! »

Victor Giraud (1868-1953), universitaire et critique littéraire français

« Gesta Dei per Francos. Il fut un temps où nous n’osions guère rappeler la vieille devise qui, parfois, avouons-le, avait trop aisément flatté notre orgueil. Mais il faut bien reconnaître qu’elle n’est pas tout à fait illusoire, que la France, dans l’histoire universelle, a été génératrice de grandes choses, et que ceux qui pensent qu’elle a été créée pour instituer sur elle-même des expériences dont profiteront les autres peuples, n’ont peut-être pas entièrement tort. »

Henri Bergson ✞ 1941

« Le rôle de la France dans l’évolution de la philosophie moderne est bien net : la France a été la grande initiatrice »

Jean-Jacques Ampère, historien, ✞ 1864

« Messieurs, notre part est assez belle ; trois fois la civilisation française s’est placée à la tête de l’Europe : au moyen âge, par notre littérature, par nos croisades et notre chevalerie ; au dix-septième siècle, par le génie de nos écrivains et le règne de Louis XIV ; au dix-huitième, par l’ascendant de notre philosophie et les triomphes de notre glorieuse révolution »

André Beaunier, critique littéraire, ✞ 1925

« Ainsi, la France a procuré à la science universelle et de grands génies et une quantité de travailleurs diligents. Elle a défriché ; elle laboure et sème. Beaucoup de champs sont à elle ; et, dans tous les champs, elle a des ouvriers. »

Guglielmo Libri, ✞ 1869, Fiesole, Italie

« En quittant l’Italie, les Français laissèrent des souvenirs ineffaçables. Ils avaient fait beaucoup : le nouveau code, l’égalité devant la loi, la division des propriétés, l’abolition des mains-mortes et des substitutions, la suppression des ordres monastiques, étaient des améliorations dues aux Français, et qu’à la restauration les anciens gouvernemens ne purent pas entièrement abolir »

Archag Tchobanian (1872 Constantinople-1954 Paris), écrivain arménien

« C’est une des plus belles caractéristiques de la culture française de n’avoir rien d’asservissant. Sous son souffle vivifiant, la nation arménienne a retrouvé sa personnalité, elle a trouvé toute une littérature nouvelle qui a ses beautés, et a inscrit toute une page nouvelle de sa séculaire histoire »

Archag Tchobanian (1872 Constantinople-1954 Paris), écrivain arménien

« Cette affection, cette gratitude que les artistes, hommes de science, hommes de lettres arméniens de Paris éprouvent pour la France ne reposent pas seulement sur ce qu’ils lui doivent individuellement pour la formation de leurs personnalités, elles sont basées aussi sur la conscience de ce que le peuple arménien tout entier doit a la France »

Georg Brandes (Copenhague, 1842 – Copenhague, 1927), écrivain et critique littéraire danois.

« Trois volumes de mon Histoire des courants littéraires au XlXe siècle sont consacrés à montrer l’influence subtile et prédominante des idées et des formes littéraires françaises sur la culture des peuples européens. De la dette intellectuelle que j’ai contractée envers la pensée française vous trouverez un témoignage constant dans toute mon œuvre, dans mes amitiés personnelles, mes préférences esthétiques, la forme même de mes livres »

Take Ionescu ✞ 1922, écrivain, et homme d’État roumain

« La France aujourd’hui n’a plus rien a gagner ; il est impossible de monter plus haut quelle n’est en ce moment ; la gloire française est plus éblouissante quelle n’a jamais été au cours de son histoire, pourtant si belle, si grandiose. […] Ce fut de leur propre gré que les citoyens libres de toutes les démocraties sont venus témoigner avec leur sang de leur amour pour la liberté et de leur respect pour la France ! Je ne connais rien au monde qui puisse se comparer à cette grandeur »

Joaquim Coll i Amargós (Barcelona 1967), historiador y ensayista español.

« Pour expliquer l’impact que l’affaire Dreyfus provoqua au sein des différents secteurs politiques et intellectuels catalans, il faut, avant tout, tenir compte du fait que c’est précisément la culture française qui a servi de voie de pénétration à la plupart des courants culturels, des modèles idéologiques et des propositions politiques de la période d’entre-deux-siècles en Catalogne et en Espagne »

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