via Encyclopædia Universalis


Jean MEYER, « LAFFEMAS BARTHÉLEMY DE (1545 env.-1612) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 26 avril 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/barthelemy-de-laffemas/


Texte intégral

Protestant, issu de la petite noblesse « pauvre » du Dauphiné, Laffemas a été l’un des fidèles compagnons d’armes du jeune Henri IV. Il devient, en récompense, le maître de la garde-robe royale et se trouve, grâce à cette fonction, en contact avec les banquiers et les marchands qui gravitent autour de la Cour. En 1601, Henri IV le nomme à la tête du bureau du commerce. Laffemas est loin d’avoir les idées de Sully : c’est un mercantiliste convaincu, compensant par là ce que la politique de Sully a de trop systématique et d’étriqué. Outre de nombreux mémoires sur le mercantilisme, il écrit : Du commerce de la vie du loyal marchand et bien qu’il faict au peuple du royaume (1606). Il ne songe certes pas à négliger l’agriculture française, comme le prouve l’appel aux techniciens hollandais chargés d’assécher les marais vendéens et bretons. Mais il veut développer la « manufacture », spécialement celle de luxe, de manière à diminuer les importations d’étoffes de luxe flamandes et italiennes. Il tente donc, avec l’aide d’Olivier de Serres, de relancer l’industrie de la soie, déjà favorisée sous le règne de Louis XI. D’où les grandes tentatives de généralisation de la culture du mûrier (plantations dans le jardin des Tuileries, par exemple) et de l’élevage du ver à soie. Parmi les créations de manufactures, aux réussites variables, la plus notable est celle des Gobelins en 1603.

Son fils Isaac de Laffemas fait carrière sous Richelieu en devenant le membre fidèle des diverses commissions extraordinaires chargées de la répression des complots de toute espèce. Incorruptible, aussi dur vis-à-vis de lui-même que vis-à-vis des autres, il devient l’objet d’une exécration générale.

Colbert a repris l’essentiel des idées mercantilistes de Barthélemy de Laffemas, et une partie, plus difficilement discernable, des idées politiques de son fils Isaac.

—  Jean MEYER

Écrit par :
Jean MEYER : professeur à la faculté des lettres et sciences humaines de Rennes

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