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EXTRAITS

Fair Park est un ensemble de bâtiments construits à Dallas pour l’Exposition du Centenaire du Texas, en 1936. Trois sculpteurs français participèrent à leur décoration. Ils ont été étudiés par Anne-Laure GARREC, stagiaire de l’École du Louvre, en juillet-septembre 2011. Voici le résultat de ses recherches.

Fair Park, Dallas

Désigné site historique national en 1986, Fair Park (ill. 1) constitue aujourd’hui le plus grand ensemble architectural Art Déco des États-Unis. En 1936, il accueille à Dallas l’Exposition du Centenaire du Texas : cet événement marque l’anniversaire de la bataille de San Jacinto durant laquelle le Texas arracha son indépendance au Mexique.Dans les années 1930, ce genre d’événement constitue aux yeux des autorités un moyen de remédier à la situation économique morose du pays. L’esthétique moderne des expositions, où dialoguent art et architecture, permet à la population d’échapper pendant un temps à la réalité quotidienne de la Grande Dépression.

PROJET DE L’EXPOSITION

À la fin de 1934, Dallas est choisie comme lieu de célébration du centenaire du Texas parmi plusieurs autres villes de l’État du Texas (Houston, San Antonio et Fort Worth) en raison de moyens financiers plus importants. George Dahl est désigné architecte en chef de l’Exposition et directeur technique par la Texas Centennial Corporation. Dix bureaux d’architectes sont également sollicités pour prendre part à ce projet sous la direction de George Dahl. Le nouveau plan de Fair Park est conçu à partir de quelques idées développées par Paul Philippe Cret, un célèbre architecte de Philadelphie invité à Dallas en tant que consultant. Ce dernier est connu pour avoir participé, comme conseiller, à la conception architecturale de l’Exposition de Chicago en 1933. En à peine quatre jours, il élabore un nouveau plan inspiré du style traditionnel Beaux Arts et de l’Exposition internationale de Chicago, surnommée « White City », en 1893. Il reprend l’axe central du plan original de George Kessler, créé en 1904, qu’il matérialise sous la forme d’un immense bassin d’eau. Le site est ensuite caractérisé par de grandes places, des fontaines ainsi que de nombreuses allées de promenade. Les visiteurs peuvent y accéder par trois entrées principales donnant sur Parry Avenue, Second Avenue et Pennsylvania Avenue.Dahl est chargé d’engager des artistes pour la décoration du site. Il recrute, non pas des locaux, mais une majorité d’étrangers pour illustrer l’histoire du Texas. Il choisit notamment des Français ayant participé à l’Exposition de Chicago : Pierre Bourdelle, Raoul Josset et José Martin lui sont recommandés par l’architecte Donald Nelson. Raoul Josset travailla précédemment aux côtés de Donald Nelson à Chicago. Et George Dahl avait déjà toute confiance en Pierre Bourdelle et Raoul Josset dont il connaissait le talent à travers leurs œuvres passées. Il emploie également Lawrence Tenney Stevens qu’il rencontra pour la première fois en Europe. Parmi les autres artistes, il faut compter Carlo Ciampaglia, Julian E. Garnsey, Otis Dozier, Rodan Perry Nichols, et Pierre Biza. C’est au cours de ses voyages que George Dahl rencontre la plupart de ces hommes qui, face à la pénurie d’emplois due à la Grande Dépression, se spécialisent dans la création d’œuvres publiques destinées à orner les Expositions.

DÉCORATION SCULPTÉE

Les artistes arrivent en février 1936. Ils n’ont plus que quatre mois pour achever les œuvres de l’Exposition. Tous les artistes sont placés sous la direction générale de Pierre Bourdelle, Carlo Ciampaglia et Julian E. Garnsey. Le groupe des sculpteurs est dirigé par Lawrence Tenney Stevens, Raoul Josset, Jefferson Elliott Greer, et José Martin. Raoul Josset, assisté de son ami José Martin, sont chargés de réaliser les trois statues de la France, du Mexique et des États-Unis, tandis que Lawrence Tenney Stevens se voit confier la création des statues du Texas, de l’Espagne et de la Confédération. Les six statues symbolisent les six autorités étatiques ayant successivement dirigé le Texas jusqu’à son intégration dans les États-Unis d’Amérique. Donald Nelson souhaitait à l’origine que les statues soient polychromes. Il abandonne finalement cette idée jugeant que la couleur nuirait à l’harmonie de l’ensemble architectural. Raoul Josset et son ami José Martin signent également deux autres sculptures : Spirit of the Centennial et American Eagle. Pierre Bourdelle, quant à lui, signe sept bas-reliefs destinés à orner les deux édifices flanquant les rives nord et sud du bassin central. À ces œuvres s’ajoutent les bas-reliefs des pylônes situés à l’extrémité sud-ouest de l’esplanade. Statues de la France, du Mexique et des États-Unis, pavillon de l’Automobile, par Raoul Josset et José Martin

Statues de la France, du Mexique et des États-Unis | capture d’écran frenchsculpture.org

La statue de L’Esprit du Centenaire orne aujourd’hui une des façades du musée de la Femme (ancien pavillon du Gouvernement). Cette œuvre en pierre représente une jeune femme nue, debout sur un cactus, et tenant dans sa main gauche du coton. Selon Raoul Josset, elle exprime à la fois la chaleur et la qualité de vie du Texas, l’hospitalité et la joie de vivre de ses habitants ainsi que la bonne santé et la force de caractère de ses travailleurs

L’Esprit du Centenaire, et Sculpture aux poissons, par Raoul Josset et José Martin (ill. 5)

Raoul Josset crée un aigle en relief au sommet de la tour du Federal Building pour symboliser les États-Unis d’Amérique. Cette œuvre est enduite d’une patine dorée contrastant avec la couleur grise de la tour. Son intégration quasi organique au monument confère à l’ensemble un équilibre formel et une homogénéité esthétique. Josset souhaitait ainsi l’inscrire dans la tradition monumentale égyptienne : “I believe that Monumental sculpture is not only the most noble and heroic expression of plastic art, but it is at the same time a poem, an architecture and a science. […] The sculptor must compose and balance the volumes of a statue in a perfect, logical equilibrium. Eternal symphony which contributes to the one perfection and happiness. Harmony in life. (4) ” L’œuvre originale est remplacée par une copie en 1998.

JOSSET et MARTIN, Aigle américain, Dallas, Fair Park

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