source : https://heritage.bnf.fr/france-pologne/fr/poetes-polonais-paris-art

Patrimoines Partagés
Réunir des documents exceptionnels, témoins des interactions entre la France et le monde, les rendre accessibles partout et à tous, mieux les comprendre à la lumière des recherches les plus récentes, telle est l’ambition de la collection « Patrimoines Partagés ».

 

Urszula Król, Historienne d’art, Musée national de Varsovie
Publié en août 2017

Paris devient au XIX siècle le lieu de prédilection des plus célèbres poètes polonais de l’époque et cela pour des séjours plus ou moins longs. A part Adam Mickiewicz y ont vécu Juliusz Słowacki, Zygmunt Krasiński, Cyprian Kamil Norwid et bien d’autres.

Les trois « wieszcz »
Adam Mickiewicz, Juliusz Słowacki, Zygmunt Krasiński – les trois grands poètes « la trinité romantique polonaise » sont appelées en polonais « wieszcz ». Ce mot intraduisible évoque le fait qu’ils étaient plus que des artistes et aussi des guides spirituels, des prophètes, des visionnaires prédisant à la résurrection de la Pologne.

Juliusz Słowacki (1809-1849)
Quand l’insurrection de novembre 1830 éclate, le gouvernement provisoire polonais confie à un jeune poète Juliusz Słowacki une mission diplomatique à Londres. Après la défaite de l’insurrection, il reste à l’étranger et s’installa à Paris d’où il s’absente souvent pour de longs voyages en Europe. Le séjour dans la capitale de France est difficile et cela pour plusieurs raisons : la solitude, l’incompréhension de ses compatriotes, la rivalité avec Adam Mickiewicz reconnu comme chef spirituel de la Grande Emigration. Słowacki exprime ses émotions parisiennes en brossant un portrait apocalyptique de la ville dans son poème Paris. Après son décès il est inhumé au cimetière de Montmartre et en 1927 ses cendres sont transférées à la cathédrale du château de Wawel à Cracovie, le panthéon national polonais.

 Zygmunt Krasiński (1812-1859)
Du fait de son rang, le comte Zygmunt Krasiński n’a jamais été un émigré ordinaire surveillé par la police comme l’ensemble de ses compatriotes en exil. Il voyage librement entre Paris, Varsovie, Saint-Petersburg, Rome et Genève. Il aime revenir et séjourner à Paris (où il est né et mort), mais aussi demeurer en Pologne, le pays de son enfance et jeunesse. Son œuvre (les poèmes, drames, lettres, entre les autres : la Comédie non-divine, 1833; Iridion, 1834; L’Aube; 1843; Psaumes de l’Avenir, 1845-46) à la fois aristocratique, spirituelle et intellectuelle le place entre les plus grands écrivains du romantisme européen.

Cyprian Kamil Norwid (1821-1883)
A Paris depuis 1849, il vit dans la misère, sans être remarqué par les critiques et les éditeurs. Son esprit novateur, la profondeur de sa pensée, la connaissance de la philosophie n’étaient pas compris par ses contemporains. Son œuvre découverte après sa mort est appréciée à sa juste valeur par les générations suivantes. Il était fasciné par la personnalité et l’art de Chopin qui lui ont inspiré plusieurs œuvres, telles que Promethidion (1851), Fleurs Noires (1856), Le Piano de Chopin (1865). On le considère souvent comme le quatrième poète-prophète polonais (wieszcz).


 

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