via  Convention et traités | Gallica (bnf.fr)


Le 9 août 1858, une délégation française menée par le Baron Jean-Baptiste Louis Gros (photographie, 1849) aborde le Japon à Shimoda (péninsule d’Izu). Le 9 octobre 1858 est signé le Traité de paix, d’amitié et de commerce entre la France et le Japon qui fonde les relations officielles entre les deux pays.

Traité de paix, d’amitié et de commerce entre la France et le Japon (1858) | Gallica


En mars 1854, sous la menace d’une intervention armée, les Etats-Unis obtiennent du gouvernement shôgunal un traité d’amitié. Cette amorce d’ouverture du Japon engage les nations occidentales dans une course pour signer de semblables traités et prendre place sur le marché japonais. En novembre 1855, un an après la marine américaine, la marine française signe une convention avec le royaume des Ryûkyû (aujourd’hui département d’Okinawa), alors supposé être un État indépendant et considéré comme une base-arrière utile aux abords du Japon.

À la suite des Etats-Unis, de la Russie, des Pays-Bas et du Royaume-Uni, la France conclut en octobre 1858 un Traité de paix, d’amitié et de commerce avec le Japon. Les accords signés à cette époque (les « traités de l’ère Ansei »), sont des « traités inégaux » qui garantissent aux Occidentaux l’extra-territorialité juridique et le droit de fixer les taxes sur les échanges commerciaux. La promulgation d’une constitution en 1889, appelée Constitution de Meiji, et la modernisation rapide du Japon, notamment sur le plan juridique, donnent une légitimité à la révision de ces traités : la France signe en 1896 un Traité de commerce et de navigation qui rétablit l’équilibre entre les deux nations.


Le père Emmanuel Mermet de Cachon, qui a étudié le japonais aux Ryûkyû en 1855 et 1856, puis à Hongkong, sert d’interprète. Ce traité en 22 articles et 7 clauses sur les tarifs douaniers autorise les ressortissants français à résider et à commercer librement dans les ports de Shimoda, Hakodate, Kanagawa et Nagasaki dès 1859, puis de Niigata et de Hyôgo (Kôbe), respectivement à partir de 1860 et 1863. Il prévoit aussi qu’ils pourront résider, uniquement à des fins commerciales, dans les villes d’Edo et d’Ôsaka, à partir de 1862 et 1863.

Les membres de la délégation française publient leurs souvenirs de cette mission, évoquant à travers des épisodes plein de vivacité leur découverte d’Edo ; le marquis Alfred de Moges, dans ses Souvenirs d’une ambassade en Chine et au Japon (1860) et Charles de Chassiron,  dans ses Notes sur le Japon, la Chine et l’Inde (1861). D’autres analyses seront faites à la fin de l’ère Meiji. L’orientaliste Henri Cordier publie son point de vue en 1912 (en cours de numérisation).

La signature du traité permet l’essor des transactions commerciales entre les deux pays : exportation de soie et de coton, d’allumettes, d’objets d’art pour le Japon, contre tissus occidentaux et sucre. Le commerce franco-japonais entre 1883 et 1892 s’accroit de plus de 150 % (Revue française de l’étranger et des colonies, 1893).

Ces échanges se font sous le régime des « traités inégaux » conclus par le gouvernement shôgunal avec les Occidentaux : ces derniers obtiennent ainsi des droits exorbitants, qui leur garantissent l’ex-territoralité juridique et le droit de fixer les taxes sur les échanges commerciaux. En 1892, la Revue française de l’étranger et des colonies affirme qu’il est trop tôt pour proclamer le Japon « moniteur de l’Extrême Orient » et pour lui accorder l’émancipation sur le plan juridique.


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