via 近代日本とフランス―憧れ、出会い、交流 (ndl.go.jp)

Message du directeur
En mars 2013, la Bibliothèque nationale de la Diète a conclu un accord de partenariat avec la Bibliothèque nationale de France en vue d’établir un cadre de coopération globale s’étendant à divers domaines d’activités en bibliothèque. Dans le cadre de cet accord, une exposition virtuelle commune est proposée ; de précieux documents appartenant aux collections respectives des deux établissements sont rassemblés, illustrant la longue histoire depuis le milieu du 19e siècle des relations entre la France et le Japon.
La moitié de l’exposition organisée par la Bibliothèque nationale de la Diète est intitulée « La France et le Japon moderne : aspirations, rencontres et échanges ».
La partie hébergée par la BnF s’intitule « France-Japon, une rencontre, 1850-1914 ».


EXTRAITS (premières lignes)

Chapitre 1: Le droit et la politique

capture d’écran | ndl

 

Il est souvent dit que le droit et l’organisation politique du Japon moderne furent très fortement influencés par le modèle allemand. Ce serait pourtant une erreur d’ignorer le poids qu’eut la France sur ces domaines, en particulier au début du processus de modernisation durant lequel le Japon apprit beaucoup du pays de Montesquieu. Pour les japonais de l’ère Meiji, la pensée politique française était une inspiration pour la recherche d’un système politique idéal. De même, lors du processus d’élaboration de la législation moderne, le droit français, à commencer par le « Code Napoléon », fut un modèle de première importance. Cette influence française perdit peu à peu de sa force en raison d’un attrait neuf pour l’Allemagne qui émergait comme une nouvelle puissance, mais elle ne jamais complètement disparut.

Ce chapitre va tout d’abord se pencher sur l’assimilation de la pensée politique française du début de l’ère Meiji puis aborder sa relation avec le Mouvement pour la liberté et les droits du peuple. Il abordera ensuite l’influence qu’eut le droit français sur le processus de rédaction du code civil japonais et le rôle joué par la Constitution française dans la mise en forme du constitutionnalisme nippon.

capture d’écran | ndl

Section 1: L’introduction de la pensée politique française

De nombreux ouvrages français sur les pensées politiques furent traduits au début de l’ère Meiji. Citons parmi les divers intellectuels traduits : Montesquieu (1689-1755), Voltaire (1694-1778), Jean-Jacques Rousseau (1712-1778), Joseph-Marie de Maistre (1753-1821), Benjamin Constant (1767-1830), François Guizot (1787-1874), Alexis de Tocqueville (1805-1859) ou encore Pierre-Joseph Proudhon (1809-1865). Cette section va présenter des ouvrages en relation avec quelques-uns de ces penseurs. Si l’on jette les yeux sur la carrière des traducteurs ayant introduits ces œuvres au Japon, on constate qu’ils débutaient pour la plupart avec les études chinoises avant de se tourner vers les études néerlandaises puis anglaises et finalement françaises. Il est par ailleurs intéressant de voir que l’assimilation de ces pensées politiques poussa certains d’entre eux à l’écriture de leurs propres ouvrages.

[…]


Section 2: La pensée de NAKAE Chomin et les divers aspects du Mouvement pour la liberté et les droits du peuple

L’intérêt pour la pensée politique française ne s’arrêta pas à la simple poursuite de nouvelles connaissances académiques ; elle eut, en effet, de grandes répercussions sur le militantisme politique comme le Mouvement pour la liberté et les droits du peuple. Ce mouvement surgit en 1874 (an 7 de l’ère Meiji) avec la « Pétition pour la création d’une Assemblée élue par le peuple » présentée au Saïn, le Conseil consultatif sur la législation, par ETO Shinpei (1834-1874), ITAGAKI Taisuke (1837-1919), GOTO Shojiro (1838-1897) et SOEJIMA Taneomi (1828-1905), etc. Ces hommes critiquaient la « tyrannie bureaucratique » (Yūshi sensei) du gouvernement et réclamaient une Assemblée élue par le peuple. Ils s’opposaient également au gouvernement sur d’autres sujets comme les autonomies locales, la réduction de l’impôt foncier, la révision des Traités inégaux et la liberté d’expression. Un mouvement porté par quelques clans de samouraïs, qui prit peu à peu de l’ampleur pour trouver écho auprès du peuple. Cette section va se consacrer à quelques-uns des hommes qui participèrent au Mouvement pour la liberté et les droits du peuple, en particulier NAKAE Chomin (1847-1901), surnommé le « Rousseau d’Orient », OI Kentaro (1843-1922) et UEKI Emori (1857-1892), et chercher les influences qu’eut sur eux la pensée politique françaises.

[…]


Section 3: L’établissement du Code civil

Le gouvernement de Meiji chercha à renégocier les Traités inégaux (afin d’obtenir l’abolition de l’extraterritorialité et la restauration de l’autonomie tarifaire) mais fut confronté au rejet des pays concernés en raison de l’absence d’une législation moderne au Japon. Conduit par conséquent à compiler dans l’urgence ses propres codes juridiques, le gouvernement décida de prendre pour référence la législation française, qui avait, dit-on, servi de modèle à tous les pays européens. Dans un premier temps, il fit traduire le droit français par MITSUKURI Rinsho puis tenta de compiler lui-même un code civil. Cependant, le temps venant à manquer, le gouvernement invita successivement Georges Hilaire Bousquet (1846-1937) puis Gustave Émile Boissonade (1825-1910) pour qu’ils élaborent les codes juridiques japonais. L’ancien Code civil rédigé principalement par Boissonade fut très fortement influencé par le Code civil des Français (le « Code Napoléon ») mais ne fut jamais appliqué à la suite de la « Controverse sur le Code civil ». On fait souvent remarquer que le nouveau Code civil, établi par la suite, fut inspiré par le premier projet de Code civil de l’Empire allemand ; toutefois, il faut noter que deux des trois redacteurs, y ayant participé, étudiaient en France.

[…]


Section 4: Développement d’un gouvernement constitutionnel

Face à l’élévation soudaine du Mouvement pour la liberté et les droits du peuple, le gouvernement prit en 1875 (an 8 de l’ère Meiji) plusieurs mesures afin de le contenir : une ordonnance sur la presse, une loi sur la diffamation et un contrôle de l’opinion publique. Toutefois, c’est également à cette période que fut promulgué le rescrit impérial sur l’établissement graduel d’un gouvernement constitutionnel, démontrant la volonté des autorités de mettre graduellement en place un tel gouvernement. Par la suite, le Genrōin fut chargé de rédiger une constitution mais le projet avorta.
Après la crise politique de 1881 et la chute d’hommes haut placés comme OKUMA Shigenobu (1838-1922), l’empereur délivrat un rescrit d’établir la Diète. A la suite de cette décision, ITO Hirobumi (1841-1909) se rendit en Allemagne pour y étudier la constitution prussienne et confia aux tels qu’INOUE Kowashi (1843-1895) la tâche de rédiger une ébauche de constitution. Ainsi prit naissance la Constitution de l’Empire du Japon, promulguée en 1889. La première séance de la Diète impériale eut lieu l’année qui suivit. L’influence de l’Allemagne sur cette Constitution japonaise est indéniable mais on ne peut non plus ignorer celle qu’eut le droit public ou le droit constitutionnel français sur le processus d’élaboration.

[…] 

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