via https://books.openedition.org

Le rayonnement français en Europe centrale,
Du XVIIe siècle à nos jours
Olivier Chaline, Jaroslaw Dumanowski et Michel Figeac (dir.)

Dirigé par Olivier Chaline, Jarosław Dumanowski et Michel Figeac, le présent ouvrage aborde le rayonnement culturel de la France en Europe centrale, phénomène de longue durée et de large rayonnement, du xviie jusqu’à nos jours à travers plusieurs thématiques : l’armée et la diplomatie françaises, le livre français, la culture matérielle et les mœurs, l’influence artistique ou encore économique. Il est donc normal que les auteurs s’attardent sur les succès français, tout en distinguant des intensités du rayonnement selon les États, les régions, les périodes et les catégories sociales.

Référence électronique du chapitre
RADIMSKA, Jitka. 25. Bibliothèque Eggenberg ; modèle français à suivre In : Le rayonnement français en Europe centrale : Du xviie siècle à nos jours [en ligne]. Pessac : Maison des Sciences de l’Homme d’Aquitaine, 2009 (généré le 15 avril 2021). Disponible sur Internet : http://books.openedition.org/msha/18187. ISBN : 9782858925902. DOI : https://doi.org/10.4000/books.msha.18187.

25. Bibliothèque Eggenberg ; modèle français à suivre

Jitka Radimska

p. 317-324

La bibliothèque française de Marie Ernestine d’Eggenberg, partie non négligeable du fonds Eggenberg qui couvre trois générations des lecteurs, se révèle une source importante d’étude des « transferts culturels » entre la France et les pays de la Couronne tchèque à l’époque en question.


TEXTE INTÉGRAL

Parmi les bibliothèques de la noblesse d’origine étrangère, constituées au XVIIe siècle sur le territoire de l’actuelle Bohême, il y en a beaucoup qui restent étroitement liées à l’histoire culturelle de la France. Très bien conservées depuis plusieurs siècles, souvent sur les mêmes sites, ces collections livresques nous éclairent sur les personnalités des seigneurs qui en étaient les propriétaires, les Dietrichstein, Eggenberg, Liechtenstein, Lobkowiez, Schwarzenberg et d’autres. En plus, les fonds français qui se trouvent dans les bibliothèques de ces aristocrates nous invitent à une réflexion plus générale sur la diffusion éventuelle de modèles venus de France. Pour pouvoir répondre à l’hypothèse du rayonnement de la culture française en Bohême, nous nous proposons d’examiner les aspirations intellectuelles et les pratiques littéraires de la comtesse de Schwarzenberg et duchesse de Krumau, Marie Ernestine d’Eggenberg (1649-1719), en les comparant avec quelques collections privées des femmes bibliophiles d’origine française ou étrangère qui vécurent en France au XVIIe siècle. Nous ne manquerons pas de rappeler le modèle d’une bibliothèque dressé par Pierre Le Gallois en 1680. Ce rapprochement nous permettra, au moins nous le supposons, de savoir dans quelle mesure les modèles français ont été respectés en Bohême au XVIIe siècle.

La bibliothèque Marie Ernestine d’Eggenberg dite Eggenberg présente un intérêt particulier lié à la personnalité de sa propriétaire Marie Ernestine d’Eggenberg, duchesse de Krumau (1649-1719). Née à Bruxelles, dans la famille des comtes de Schwarzenberg, Marie Ernestine épousa le duc Johann Christian d’Eggenberg (1641-1710). Après leur mariage en février 1666, les deux époux s’installèrent à Český Krumlov (en Bohême du Sud), où ils vécurent jusque dans la première décennie du XVIIIe siècle. Dotés d’une fortune immense qui leur permettait de jouer un rôle de mécènes, ils réussirent à faire de leur duché un lieu de résidence baroque pourvu d’un atelier de la Monnaie, d’un théâtre avec une troupe d’artistes et de musiciens, d’une galerie de tableaux et d’une bibliothèque représentative des goûts de ses propriétaires et conservée dans sa quasi-totalité en son lieu d’origine.

La bibliothèque plurilingue des seigneurs Eggenberg représente un objet d’étude exceptionnel, grâce à des inventaires de l’époque qui nous ont permis de la reconstruire suivant le classement de l’époque qui s’avère particulièrement digne d’intérêt. L’inventaire manuscrit des titres des livres dressé dans les années 1719-1721, après le décès de Marie Ernestine d’Eggenberg, mentionne 2 286 titres d’imprimés parmi lesquels 632 ouvrages allemands, 788 livres français, 557 livres italiens, 141 livres espagnols et 54 livres de géographie en diverses langues. Le fonds français fut subdivisé de la manière suivante : 247 livres d’histoire profane (Weltliche Historien), 119 livres de religion (Geistliche Historien und Bücher), 155 livres de morale et de civilité (Moral und Politische), 149 livres d’amour (Liebesgeschichten), 88 livres de poésie et de théâtre (Poëten und Comoëdien) et 30 ouvrages divers (Unterschiedlich), livres de cuisine, de médecine, du jardinage, de géographie, etc. Nous avons pu apprécier le classement moderne des livres par langues et par genre, cet ordre qui est « l’âme et la forme des bibliothèques, comme les livres en sont le corps et la matière ». Proposé par la duchesse elle-même, il reflète le changement du goût et du statut des bibliothèques privées de la noblesse à l’âge baroque. L’ordre dans lequel Marie Ernestine d’Eggenberg fit disposer les livres ne respectait plus le schéma proposé par Pierre Gallois dans son Traité des plus belles bibliothèques de l’Europe, qui s’était inspiré quant à lui de l’ouvrage de Gabriel Naudé (1600-1643), Advis pour dresser une bibliothèque (1627) :

Je crois que le meilleur est toujours celui qui est le plus facile, le moins intrigué, le plus naturel, usité, et qui suit les Facultés de Théologie, Médecine, Jurisprudence, Histoire, Philosophie, Mathématiques, Humanités et autres, lesquelles il faut subdiviser chacune en particulier suivant leurs diverses parties.

Le classement hérité de l’époque de l’humanisme fut, rappelons-le, recommandé à des éditeurs français pour les catalogues encore vers la fin du XVIIe siècle : pour les disciplines scientifiques Théologie, Jurisprudence, Histoire, Sciences et Arts, tandis que pour la Littérature, ils préfèrent la Poésie et les Belles-Lettres. Tranchant sur les collections de livres, pour la plupart monolingues, possédées par des femmes illustres dans la France du XVIIe siècle, la bibliothèque de la reine Anne d’Autriche était la seule à comprendre des livres français, latins, italiens et espagnols.

Dans la vie de la duchesse de Krumau, les livres et la lecture tenaient une place majeure. Elle s’entoura des livres qu’elle aimait lire sans s’occuper des éditions précieuses ou des pièces rares. Ce n’était pas la quantité des livres, mais la qualité de leur contenu qui l’intéressa. Son éducation lui avait donné le savoir nécessaire pour apprécier les livres et son esprit pénétrant semble avoir orienté le choix et les stratégies de ses lectures. Les livres qui entrèrent dans la bibliothèque de Marie Ernestine d’Eggenberg firent l’objet d’une appropriation soigneuse : reliés avec une simplicité élégante, ils sont uniformément revêtus de maroquin marron ou de parchemin et portent son chiffre couronné, entouré de lauriers, placé sur les plats. Parmi les livres des femmes bibliophiles de France du XVIIe siècle, seuls les livres de Madame de Chamillart ne portent pas de telles marques de provenance.

Pour les livres qu’elle appréciait le plus, Marie Ernestine d’Eggenberg avait mis sa signature à l’intérieur du plat supérieur de la reliure ou à la page de garde de 78 ouvrages en langue française (10 % du fonds francophone). Sa signature varia de « Marie Ernestine de Crumau et d’Eggenberg, comtesse de Schwarzenberg » (7 livres, publiés de 1642 à 1660), à « Marie Ernestine Princesse d’Eggenberg » (42 livres, publiés de 1645 à 1678), jusqu’à l’initiale majuscule « E » placée discrètement derrière l’adresse de l’imprimeur (29 livres, publiés de 1660 à 1705). La duchesse de Krumau maîtrisait parfaitement les langues française et allemande et parlait couramment l’italien. Cependant, les notes manuscrites dans les imprimés allemands sont rarissimes. Cette lectrice assidue ajouta de nombreux signes de lecture sur certains ouvrages français non signés. Pour Marie Ernestine d’Eggenberg, la lecture fut non seulement une distraction, mais aussi un travail intellectuel d’étude et de réflexion qui portait vers des questions plus générales. La plupart des propos manuscrits de sa plume représentent des vérités ou des moralités qui correspondaient (au moins, nous le supposons) à sa vision du monde, à ses pensées ou, éventuellement, à sa propre expérience. En matière de religion, elle se montre tolérante, plutôt conservatrice, jamais extrémiste, ce qui vaut aussi pour les livres jansénistes qui sont assez nombreux. Ces traits la rapprochent de Madame de Chamillart, qui passa elle aussi les dernières années de sa vie dans la solitude. Sa collection de livres atteste un goût nettement personnel et le choix de livres de lecture correspond à des préférences manifestées par Marie Ernestine d’Eggenberg : le nombre élevé d’écrits de Saint Augustin et d’ouvrages jansénistes, Les Lettres provinciales et les Pensées de Blaise Pascal, les œuvres des dramaturges et des poètes classiques (Corneille, Racine, La Fontaine, Madame des Houlières), les traductions des chefs-d’œuvre de l’antiquité (Ovide, Lucien, Pline le Jeune, Cicéron, César, Tacite, Plutarque), les ouvrages historiques, Traités des Maladies, Entretiens sur la pluralité des Mondes, Recueil des Opéras, des Ballets et des plus belles pièces en musique qui ont été représentées (1690-1702) devant Sa Majesté, etc.

Avec Marie Ernestine d’Eggenberg, la lecture conduit à l’écriture : sa traduction manuscrite du français en allemand des 14 premiers Épîtres de Sénèque, offerte par son auteur à la bibliothèque en 1717, en est la preuve. Parmi les femmes de Lettres de France du XVIIe siècle, c’est Anne Marie Louise d’Orléans, duchesse de Montpensier, dite « la Grande Mademoiselle », qui se rapproche de la duchesse de Krumau non seulement par son âge, mais aussi par ses activités littéraires et par son appartenance à la plus haute noblesse. Petite-fille de Henri IV, la duchesse de Montpensier s’accoutuma, selon Sainte-Beuve, à se considérer comme d’un tout autre rang que le reste des hommes. Protectrice de l’auteur de L’Histoire amoureuse des Gaules Roger de Bussy-Rabutin (1618-1693), elle fut elle aussi écrivain. Elle composa des Mémoires, plusieurs fois réimprimés, et des ouvrages tels que la Princesse de Paphlagonie et la Relation de l’Isle invisible où, « sous des noms empruntés, elle a mêlé beaucoup de choses satiriques contre les dames de la cour ». On a également d’elle des Portraits et Éloges publiés en 1659, où l’on rencontre d’excellents modèles dont Cousin s’inspira dans ses études sur les femmes du temps de la Fronde. Elle traça d’elle-même un portrait qui avait le mérite d’être sincère : en se louant, elle ne dissimula pas les imperfections de son caractère et démontra ses goûts pour les livres. La bibliothèque de la duchesse de Montpensier devint le rendez-vous des artistes et des poètes qui s’y réunissaient, à jours fixes, comme chez la marquise de Rambouillet. En ce qui concerne Marie Ernestine d’Eggenberg, nous n’avons aucune preuve de l’existence d’un salon littéraire tenu à sa cour à Krumau. En revanche, les activités culturelles régulières furent liées au théâtre baroque fondé au château lui-même dans les années 1680. La noblesse préféra la comédie et l’opéra italien aux pièces françaises, les troupes allemandes donnèrent leurs représentations en allemand. Les pièces de théâtre des dramaturges français restèrent dans les livres et firent l’objet d’une lecture silencieuse.

La collection de livres en langue française de Marie Ernestine d’Eggenberg est très variée et riche, quasiment exhaustive pour le XVIIe siècle français. Sa curiosité était universelle, il paraît qu’elle voulait posséder tout ce qu’il était possible d’avoir ou au moins tout ce qui était proposé dans les catalogues imprimés, même si ses goûts personnels l’inclinaient plutôt vers les belles-lettres et les livres de piété. Elle savait apprécier les chefs-d’œuvre de la littérature française et montrait une grande admiration pour les auteurs baroques et classiques dont elle possédait les principaux ouvrages. Sa bibliothèque était riche en livres de cette nature, et contenait, parmi de nombreux ouvrages français, beaucoup de « belles infidèles ». Son admiration pour la littérature espagnole, italienne et de l’Antiquité s’étale à plusieurs reprises dans les notes manuscrites (en français, parfois en italien), consignées dans les ouvrages qu’elle lut dans leurs traductions françaises. Si nous poursuivons notre démarche comparative avec le fonds de livres de la reine Anne d’Autriche, nous pouvons constater le goût manifesté pour les mêmes livres, tant qu’il s’agit des ouvrages de piété et des belles-lettres.

D’après les marques typographiques, le plus grand nombre de livres français du fonds Eggenberg furent imprimés à Paris (53 %) ou en Hollande (35 %). Les contrefaçons y sont très fréquentes. Parmi les imprimeurs parisiens figurent le plus souvent Claude Barbin (19 %) et Sébastien-Mabre-Cramoisy (12 %). Les livres mis sous presse par des imprimeurs réputés pour leur collaboration avec les jansénistes, tels que Pierre le Petit, Guillaume Desprez ou Charles Savreux, représentent 10 % de ladite production parisienne. Les livres prohibés faisaient souvent partie d’un recueil. Les livres jansénistes ou suspectés de jansénisme par les jésuites furent rangés dans les rayons des livres de religion (rayons B 2 et B 3 d’après le classement de l’époque). D’autres ont été classés au rayon « morales » (rayon B 4) ou « historiques » (rayon B 1), soit par ignorance, soit par prudence des bibliothécaires ou des propriétaires de la collection livresque.

Aux bibliothèques privées des femmes illustres évoquées ci-dessus, il nous paraît indispensable d’ajouter celle de Madame de Maintenon (1635-1719). Françoise d’Aubigné que Louis XIV fit marquise de Maintenon fut la contemporaine de Marie Ernestine d’Eggenberg. Petite-fille d’Agrippa d’Aubigné, elle fut d’abord instruite dans la religion calviniste, mais après la mort de son père elle se convertit. Elle accepta le mariage avec Paul Scarron, dont la maison était alors le rendez-vous des grands seigneurs et des gens d’esprit. Lorsqu’elle fut devenue veuve, la marquise de Montespan lui confia l’éducation des enfants qu’elle avait eus de Louis XIV. Malgré la résistance du grand dauphin et de Louvois, le roi l’épousa secrètement. Devenue sa compagne avouée, elle se garda de rien changer à ses habitudes modestes. À Saint-Cyr, elle faisait élever gratuitement deux cent cinquante jeunes filles, nobles et pauvres, dont elle s’était réservé la surveillance et la direction. Elle obligea Jean Racine d’y venir et de composer Esther. Après la mort de Louis XIV (1715), elle se retira à Saint-Cyr pour y passer quatre années : « Elle se levait matin et se couchait de bonne heure, dit Saint-Simon, ses prières duraient longtemps ; elle lisait aussi elle-même des livres de piété, quelquefois, elle se faisait lire quelque peu d’histoire par ses jeunes filles et se plaisait à les faire raisonner dessus et à les instruire ». Elle a laissé, indépendamment d’une correspondance volumineuse, des Mémoires et des Entretiens sur l’éducation des filles. Prise par d’autres soucis, Madame de Maintenon n’a jamais pensé à former une bibliothèque proprement dite. Ce n’est guère qu’à la fin de sa carrière qu’elle réunit quelques volumes de morale et de polémique religieuse, où se révèlent les habitudes mystiques et méditatives de ses dernières années. Parmi 57 ouvrages qui ont été recensés par Ernest Quentin Bauchart, se trouvent surtout les imprimés publiés au tournant du siècle. Il s’agit des ouvrages de piété, des livres concernant le quiétisme et la controverse. Il y a beaucoup d’ouvrages de Bossuet, les tragédies Esther et Athalie, des livres d’instruction, etc.

L’exemple de cette lectrice montre comment la bibliothèque personnelle peut devenir un lieu privé qui échappe, dans une certaine mesure, aux contrôles des autorités, un lieu de compensation qui console des inévitables frustrations, un moyen d’émancipation de l’individu. Dans d’autres cas, l’achat des livres nouveaux, reliés et marqués d’un chiffre, les intègre dans un ensemble, ce qui peut être signe de richesse et de supériorité intellectuelle, mais aussi preuve de fidélité aux valeurs traditionnelles de la famille. Il est évident que la bibliothèque d’une aristocrate exprime par le choix des titres et la manière dont la collection est mise en scène les aspirations de sa propriétaire. Les inventaires font apparaître les grands principes d’organisation des bibliothèques, mais celles-ci peuvent avoir été conçues comme un ensemble cohérent et moderne. L’étude des langues dans lesquelles sont écrits les livres achetés fournit de riches indications sur les usages linguistiques des utilisateurs, ce qui est important dans la période où le français s’impose progressivement comme langue internationale mondaine et diplomatique et où l’allemand et l’italien sont largement connus et pratiqués. La place des traductions et des éditions de textes français exécutées hors de France se montre particulièrement intéressante dans une région qui joua un rôle de carrefour. La bibliothèque française de Marie Ernestine d’Eggenberg, partie non négligeable du fonds Eggenberg qui couvre trois générations des lecteurs, se révèle une source importante d’étude des « transferts culturels » entre la France et les pays de la Couronne tchèque à l’époque en question.

Le rayonnement de la France en Europe peut passer, entre autres, par la culture livresque et être appréhendé par les bibliothèques privées. Mais ce transfert de culture ne doit pas forcément influencer le milieu culturel du pays où la noblesse, d’origine étrangère ou tchèque, crée une élite enfermée, repliée sur elle-même. Les livres français se trouvent dans les capitales (Prague, Vienne), mais aussi dans des localités éloignées des centres culturels importants. Des aristocrates francophones, avec leurs bibliothèques plurilingues, ne sont pas forcément francophiles, la politique expliquant cela. Il apparaît qu’en province, la bibliothèque privée d’une femme de Lettres ou d’une lectrice n’a pas été un lieu de rencontre mondaine, elle est devenue l’endroit privé et les livres étaient lus en silence. La lecture assura un double écart constitutif : écart par rapport au public, au civil, aux affaires qui étaient celles de la cité et de l’État ; écart par rapport à la famille, à la maison, aux sociabilités qui étaient celles de l’intimité privée. Les livres possédés en propre et l’endroit où ils étaient rangés et consultés devinrent ainsi l’objet d’une attention toute particulière. Les bibliothèques de la noblesse constituées à l’époque baroque sur le territoire de l’actuelle Bohême, représentent un phénomène certes important, mais elles ne sont pas pour autant liées étroitement à l’histoire culturelle tchèque. Très bien conservées depuis plusieurs siècles, assez souvent sur le même site, ces collections de livres nous éclairent sur les personnalités qui les ont créées et utilisées. Elles nous aident à comprendre, sans erreur rétrospective, ce que fut en Bohême la présence des livres venus de France.

Auteur
Jitka Radimska
Université de Bohême du Sud de České Budějovice (République tchèque)

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