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« La France, seule, a un Institut où tous les efforts de l’esprit humain sont comme liés en un faisceau, où le poète, le philosophe, l’historien, le critique, le mathématicien, le physicien, l’astronome, le naturaliste, l’économiste, le juriste, le sculpteur, le peintre, le musicien peuvent s’appeler confrères ».

Photo : Archives nationales A//178

Photo : Archives nationales A//178

Façonné par près de quatre cents ans d’une histoire qui commence avec la fondation des académies royales sous les règnes de Louis XIII et Louis XIV, l’Institut de France, créé le 25 octobre 1795 par la Convention, est héritier tout à la fois de l’Ancien Régime de la Révolution, de l’Empire et de la République.
 
Prenant la suite des académies royales supprimées par décret en 1793, c’est en effet à l’Institut de France qu’il incombe désormais de contribuer au perfectionnement et au rayonnement des lettres, des sciences et des arts : « Il faut que tout homme y puisse apprendre à faire ce que tous les hommes de tous les pays, embrasés du feu du génie, ont fait et peuvent faire encore ; il faut que cet établissement honore non seulement la France seule, mais l’humanité tout entière… » (Boissy d’Anglas)
 
Fondé par décret du 3 brumaire an IV (25 octobre 1795) sur l’instruction publique, l’Institut national des sciences et des arts s’installe d’abord au Louvre, et tient sa première « classe » le 20 décembre 1795. L’Institut est composé de trois classes : en sciences physiques et mathématiques, sciences morales et politiques, et enfin, littérature et beaux-arts. [Voir titre IV du décret, ci-contre]
 
En 1797, Bonaparte est élu à l’Institut de France dans la classe des Sciences physiques et mathématiques en tant que général d’artillerie. En 1798, il crée l’Institut d’Egypte au Caire sur le modèle de la fondation française. Puis devenu Premier Consul, il entreprend de réformer l’Institut de France en 1803.
 
Il décide de renouer avec les anciennes académies, qui ne retrouvent néanmoins pas leurs noms d’origine. Tout en supprimant la classe des sciences morales et politiques, créée en 1795, l’Institut se compose maintenant de quatre « classes », comme il existait quatre « académies » royales. Ces quatre classes, qui retrouvent l’autonomie que les académies avaient sous la monarchie, sont les suivantes : sciences physique et mathématiques, langue et littérature française, histoire et littérature ancienne, beaux-arts.
 
Les membres de l’Institut sont désormais dotés du fameux costume de drap noir, brodé de rameaux d’olivier, et d’une épée. En 1805, sur décret impérial, l’Institut  déménage au n° 23, quai de Conti, face au Louvre, dans l’ancien collège Mazarin – le Collège des Quatre-Nations – qui devient le « Palais de l’Institut ».
 
En 1816, Louis XVIII, par l’intermédiaire de son ministre de l’Intérieur, le comte de Vaublanc, réorganise à son tour l’Institut. Le terme d’ »Académie », disparu depuis 1793, est à nouveau utilisé et les académies royales, hiérarchisées selon leur ordre de création, sont officiellement rétablies au sein de l’Institut : l’Académie française (fondée en 1635) ; l’Académie des inscriptions et belles-lettres (fondée en 1663) ; l’Académie des sciences (fondée en 1666) ; l’Académie des beaux-arts (créée en 1816 par la réunion de l’Académie de peinture et de sculpture, fondée en 1648, de l’Académie de musique, fondée en 1669, et de l’Académie d’architecture, fondée en 1671).
 
En 1832, François Guizot, ministre de l’Instruction publique, arrive à convaincre le roi Louis-Philippe de rétablir l’Académie des sciences morales et politiques pour « son caractère vraiment scientifique ». Il s’agit effectivement de la première institution française à couvrir le champ des sciences humaines.
 
L’organisation générale de l’Institut en cinq académies est dès lors acquise.
 
Comme le reconnaît Ernest Renan en 1867, les académies ne sont pas l’apanage de la France : « Plusieurs pays ont des académies qui peuvent rivaliser avec les nôtres pour l’illustration des personnes qui les composent et l’importance de leurs travaux. » Ernest Renan d’ajouter cependant : « La France, seule, a un Institut où tous les efforts de l’esprit humain sont comme liés en un faisceau, où le poète, le philosophe, l’historien, le critique, le mathématicien, le physicien, l’astronome, le naturaliste, l’économiste, le juriste, le sculpteur, le peintre, le musicien peuvent s’appeler confrères ».

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