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Histoire sommaire de la civilisation contemporaine, par Gustave Ducoudray,… Sixième année, conforme aux programmes de 1886 pour l’enseignement secondaire spécial Auteur : Ducoudray, Gustave (1838-1906). Auteur du texte Éditeur : Hachette (Paris) Date d’édition : 1888

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Histoire sommaire de la civilisation contemporaine,
par Gustave Ducoudray
Sixième année, conforme aux programmes de 1886 pour l’enseignement secondaire spécial
EXTRAIT
L’œuvre de la France en Algérie p. 1049-1051

L’œuvre de la France en Algérie. – L’une des plus belles et des plus utiles conquêtes faites par la France dans notre siècle a été la conquête de l’Algérie. Commencée par Charles X, qui voulut tirer vengeance des continuelles insultes du dey d’Alger et détruire la piraterie, elle fut continuée par le gouvernement de Louis-Philippe et les gouvernements qui ont suivi.

La ville d’Alger fut prise le 4 juillet 1830. Les Français s’assurèrent ensuite des ports d’Oran (1851) et de Bône (1852). De ces trois points les Français rayonnèrent dans l’intérieur. En 1854 commença contre un émir fameux, à la fois général et prophète, Abd el-Kader, bey de Mascara, une lutte qui dura treize ans. Au sud, l’action de la France s’est étendue bien plus loin que n’avaient jamais osé s’avancer les Romains, et les Français sont allés au delà d’Ouargla et jusqu’à el-Goléah dans le désert.

La transformation de l’Algérie a d’abord paru difficile. La France se trouvait en présence d’une population indigène fort nombreuse et réfractaire à la propagande de la religion et des mœurs de l’Occident. Elle la respecta et parvint à se la concilier. Mais il fallait coloniser, et les essais furent longs, pénibles. L’État ne s’était réservé que trop peu de terres (1500000 sur 15 millions d’hectares). Les colonies militaires établies par les généraux Valée et Bugeaud ne réussirent pas. Le système de concessions varia, et ce n’est que depuis 1875 qu’on est revenu à la concession gratuite. Un essaya sous l’Empire d’inspirer le goût de la propriété individuelle aux Arabes, nés pasteurs et nomades. Un sénatus-consulte de 1865, qui a soulevé de vives critiques, reconnut aux tribus arabes la propriété des territoires dont elles avaient la jouissance traditionnelle (les terres arch), mais ces tribus n’en gardèrent pas moins la propriété indivise et laissèrent en friche ces terres où elles promènent leurs troupeaux.

Toutefois les progrès, depuis une trentaine d’années, ont été remarquables. L’Algérie, organisée administrativement, comme la France, divisée en trois départements, dotée de toutes les institutions qui protègent la société, a vu s’accroître, avec la sécurité, la prospérité agricole et industrielle. Ce pays, qui jadis était le grenier de Rome, commence à exporter des blés magnifiques et les produits de la culture maraîchère, les fruits, oranges, figues, amandes. La vigne y réussit admirablement et donne déjà près de 500000 hectolitres de vin. On a importé la culture du coton. Les forêts, qui couvrent 2 millions d’hectares, fournissent des quantités considérables de bois de construction et de bois de luxe : les forêts de chênes-lièges sont surtout précieuses. L’alfa, plante textile qu’on emploie aujourd’hui pour les pâtes à papier et les cartons, couvre d’immenses espaces sur les hauts plateaux. L’Algérie possède de nombreux troupeaux de bœufs et de moutons; elle élève des chevaux vifs, ardents, ces chevaux arabes si utiles pour la cavalerie légère. Elle nourrit aussi des chameaux et des autruches qu’on cherche à domestiquer.

L’industrie européenne s’établit dans les villes : forges, fabriques d’armes, bijouteries, minoteries, distilleries, etc. Les gîtes métallifères de Mokra produisent annuellement 400 000 tonnes de fer brut. Les carrières de marbre donnent surtout un onyx fort recherché ; sur la côte de Bône et de la Calle, la pêche du corail fournit d’abondants produits. L’œuvre réalisée par la France est déjà vraiment digne d’éloges : 1551 kilomètres de chemins de fer en exploitation, des routes, des chemins percés à travers l’Atlas et les montagnes de la Kabylie,un réseau télégraphique de près de 6000 kilomètres, des ponts, des viaducs, des aqueducs, des irrigations habilement ménagées, des puits artésiens creusés dans le Sahara et qui permettent de conquérir des terrains sur le désert, des villes nouvelles bâties, plus de 500 villages européens, des écoles ouvertes non seulement
pour les Européens, mais pour les enfants arabes, des collèges, un lycée et des établissements littéraires et scientifiques à Alger, des églises, des institutions charitables : en un mot tout ce qui caractérise notre civilisation a été porté en Algérie et s’y développe. Le pays, régi par un gouverneur civil, représenté au Parlement par ses députés, devient peu à peu une France africaine, et la population, quoique trop faible pour une si vaste étendue, dépasse déjà 5 millions d’habitants, sur lesquels malheureusement il n’y a encore que 400000 Européens.

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