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L’Europe nouvelle 12 mars 1932, p. 11/32

L’Europe Nouvelle est une revue politique spécialisée dans les questions de politique étrangère, fondée dans le sillage de la S.D.N et subventionnée par celle-ci, le 12 janvier 1918. Dirigée à l’origine par Philouze, un courtier en publicité financière, il fut remplacé par Louise Weiss à la direction en 1920. Dans les années 1920, L’Europe Nouvelle, mût par l’idéal de Genève et la politique de Briand, conserve une grande influence auprès des élites.


A La Nouvelle École de la Paix : M. André Siegfried parle du « Caractère français devant le monde moderne »


A la conférence que M. André Siegfried donna à La Nouvelle École de la Paix assistait « tout Paris », pourrait-on dire si cette expression n’avait quelque peu servi. C’est donc devant un auditoire enthousiaste que M. Siegfried développa une nouvelle étude de psychologie politique concernant cette fois la France à laquelle il a, nous le savons, le secret désir de revenir. Qu’il veuille bien retrouver ici l’expression de notre gratitude pour la belle marque d’amitié qu’il nous a donnée en nous réservant cette magistrale élude.

L'Europe nouvelle_André Siegfried parle du caractère français devant le monde moderne [12-03-1932]
L’Europe nouvelle 12 mars 1932, p. 11/32 (capture d’écran)

[…] DERNIER PARAGRAPHE

La résistance de la France devant le monde moderne.

En conclusion à cette analyse, M. André Siegfried montre la France devant le monde moderne. Le système français est fondé sur l’individu ; or tous les systèmes qui l’entourent sont anti-individualistes. Le système français est un régime de vaste expansion intellectuelle et morale que respectent tous les hommes pensants ; or, actuellement, le monde est dominé par une ivresse matérielle qui a tout submergé.

On s’explique alors très bien pourquoi la France paraît être sur la défensive ; elle a résisté à toutes les nouveautés de pensée ou d’action : le collectivisée, le fascisme, le soviétisme, l’américanisme, la lutte contre l’alcool, le freudisme, le féminisme.

Cette résistance lui a attiré autant de reproches, auxquels les Français répondent par le mot de Lord Churchill : « Si vous voulez une démocratie conservatrice, donnez-lui quelque chose à conserver. » Les Français ont beaucoup à conserver, mais la France pourra-t-elle continuer à vivre seule dans le monde comme un îlot de propriétaires, de paysans et de bourgeois ? A-t-elle le droit d’ignorer les tentatives du reste du monde ? Telle est la question singulièrement grave sur laquelle termine M. André Siegfried.


 

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