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Malltezi Argita. L’influence française et les rapports commerciaux entre l’Albanie et la France dans une perspective historique. In: Revue internationale de droit comparé. Vol. 66 N°3,2014. pp. 817-842. www.persee.fr/doc/ridc_0035-3337_2014_num_66_3_20422

 

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Résumé

Les relations entre la France et l’Albanie existent depuis longtemps et dans des domaines divers. L’attention portée par des historiens, des voyageurs et des chroniqueurs français, comme par des figures politiques telles que Justin Godart ou Elise Aubry, qui ont soutenu les efforts des Albanais pour défendre dans des moments difficiles leur indépendance et leur intégrité territoriale, ont contribué à tisser le fil de la francophonie en Albanie, au même titre que les anciens échanges commerciaux qui témoignent de la pénétration des commerçants français jusqu’au coeur du pays. La France fait partie des rares pays européens, en dehors de l’ancien bloc de l’Est, avec qui l’Albanie a maintenu ouvertement des relations économiques et culturelles durant les cinquante années de son isolement sous le régime communiste. Mais ces échanges, qui ont joué un rôle important dans la formation des élites, ne représentent pas la seule forme de l’influence française en Albanie. La présente étude constitue une tentative pour présenter un panorama historique de l’influence française en Albanie, en particulier dans le domaine des institutions et de la législation commerciales albanaises, ainsi que pour remonter la trace des échanges commerciaux intervenus entre les deux pays.

Plan
I. La présence française en Albanie et les échanges commerciaux avant et durant la domination ottomane
II. Les rapports dans le domaine économique et commercial entre la France et l’État albanais indépendant à partir de 1912
III. L’influence française sur la législation commerciale albanaise
Bibliographie


Premières pages

Par Argita MALLTEZI, Professeur associée à l’Université de Tirana.

L’influence de la France en Albanie a été étudiée par bien des auteurs et de différents points de vue. Cette influence s’est manifestée à des époques diverses, en liaison tant avec des facteurs politiques et géostratégiques qu’avec des développements économiques et commerciaux, mais elle s’est presque toujours traduite sur le terrain éducatif et culturel. Elle joue, dans l’histoire de l’Albanie, tantôt le rôle d’un ardent protagoniste, avec des personnalités telles que Justin Godart ou Elise Aubry, voire certains consuls de France, qui ont soutenu les efforts des habitants de ce pays, tantôt celui d’un acteur plus discret, mais toujours présent, comme on le perçoit à travers les chroniques de voyageurs des siècles passés, tels que Gabriel Louis-Jarray, Jacob Spon, André-Grasset Saint-Sauveur Jeune, Pouqueville, etc.

Les historiens, chercheurs et chroniqueurs qui ont témoigné de cette influence ont mis l’accent surtout sur l’appui fourni par la France aux Albanais pour préserver leur identité et survivre aux invasions et aux occupations étrangères. Les liens politiques, idéologiques et commerciaux existant entre les deux pays ont également eu comme catalyseurs importants les relations personnelles entre les figures les plus marquantes des différentes époques. En admirant la passion d’Elise Aubry pour la question albanaise après la Conférence de Londres, passion démontrée dans son ouvrage L’Albanie et la France, on est frappé par sa correspondance avec d’éminentes personnalités albanaises de l’époque, comme Noli, Fishta et Gurakuqi. Dans cette correspondance, les deux parties parlent le même langage, celui des efforts à fournir pour que «l’Albanie soit faite » . Les raisons de leur passion ont peut-être des origines différentes, mais elles ont le même aboutissement. La relation personnelle affichée dans cet échange impressionne par le soutien que les parties s’apportent mutuellement à des moments difficiles comme par leur enthousiasme devant les succès rencontrés. Ainsi avons-nous aujourd’hui un riche panorama, même s’il est encore incomplet, de l’influence française en ce qui concerne les efforts des Albanais pour préserver leur identité et édifier leur État -mais la situation est différente en ce qui touche les rapports économiques et commerciaux entre les deux pays. Le présent travail constitue une première tentative pour mesurer l’influence française dans ce domaine tout au long de l’histoire de l’Albanie à travers les accords commerciaux conclus et l’activité des entreprises commerciales privées, ainsi que grâce à l’impact de la législation et des juristes français. Des témoignages figurant dans les écrits des Français qui ont voyagé à travers l’Albanie, des accords internationaux, des informations sur les relations personnelles entre les protagonistes ainsi que des faits relatifs à l’influence française dans divers domaines sont autant d’éléments qui, ensemble ou séparément, nourriront notre étude.

I. La présence française en Albanie et les échanges commerciaux avant et durant la domination ottomane

L’intérêt de la France pour l’Albanie et ses aspects politiques et économiques apparaît de manière évidente dans les notes des nombreux voyageurs qui ont visité l’Albanie à différentes époques. Dans la plupart des cas, ces notes ont été centrées sur les coutumes des Albanais, leurs efforts pour préserver leur identité nationale, obtenir leur indépendance et édifier leur État, mais elles ont presque toutes aussi mentionné les avantages que pourrait présenter le développement du commerce entre l’Albanie et la France. En décrivant l’Albanie qu’il a visitée dans les années 1675-1676, Jacob Spon s’arrête sur la ville d’Ulqin qu’il considère, à cause de la qualité de son port et de la présence d’un consul de France, comme une base éventuelle pour le développement du commerce avec la France. L’historien Jean-Claude Faveirial la considère comme l’une des cinq villes albanaises les plus importantes du XVIIIe siècle. Le poète français Valéry Larbaud a consacré quelques vers à la beauté du lac de Shkodra dans son poème «l’Europe » ; Gabriel-Louis-Jarray a décrit de manière pittoresque la beauté du lac et la vivacité de la ville, en soulignant que celle-ci «… a des consuls, des banques, des hôtels et des voitures à cheval, où l’on entend parler français, allemand et surtout italien, on y voit des occidentaux et des touristes se croiser ou monter dans des barques pour se rendre au Monténégro et dans les pays chrétiens… »

Mais l’influence de la France en Albanie est plus ancienne. Elle est initialement liée à la domination française intermittente sur les territoires albanais. Jean-Claude Faveirial évoque l’installation des Français en Albanie en 1272 et la promesse faite par le roi Charles d’Anjou aux habitants de Durrës et de ses alentours de reconnaître tous leurs anciens privilèges en échange de leur obéissance, ce que les intéressés ont accepté avec plaisir. Selon Faveirial, les relations entre l’Albanie et la France commencent avec François Ier (1515-1547), se concentrant alors sur l’enrôlement des Albanais dans l’armée des rois François Ier et Henri IV : ce dernier s’est servi de ces recrues comme gardes du corps. Plus tard, à l’époque de Louis XIII, l’Albanie a été visitée par des missionnaires français.

Outre la période de domination de Charles d’Anjou et les épisodes qu’on vient de mentionner, on ne peut omettre de prendre en considération les traités passés entre la France et l’Empire turc pendant la période où l’Albanie faisait partie de cet Empire. Parmi les traités commerciaux historiques, il faut mentionner les privilèges que le Sultan Fatih avait accordés à Venise, à l’Autriche et aux autres États ainsi que le traité entre le Sultan Mehmet IV et le roi de France Louis XV, qui se fondait sur le principe du libre commerce et énumérait seulement les marchandises dont l’exportation était interdite. Haxhi Shkoza indique dans son livre que ces traités, qui s’appliquaient également en Albanie en tant que partie de l’Empire Otoman, prévoyaient une réduction de 5 à 2% du tarif douanier applicable entre les pays signataires. En 1536, le vizir Ibrahim, un Albanais originaire de Parga, est parvenu à conclure un traité de commerce entre la France et l’Empire turc. Les rapports commerciaux se sont particulièrement développés durant le XIIe siècle, ce qui est attesté par le fait que, pendant cette période, la France avait des consuls dans quelques villes albanaises, comme Durrës, Arta et Jannina.

Mentionnons également l’accord douanier entre l’Empire ottoman, la France et la Grande-Bretagne en 1800, qui renouvelait les privilèges des traités antérieurs et qui a ouvert la voie à de nouveaux traités. Suite à cet acte, a été signé en 1838 entre l’Empire ottoman et la France un accord de commerce spécifique qui accordait de nombreux privilèges aux commerçants français et à leurs partenaires commerciaux Ce traité prévoyait une taxe de 2-3% pour les marchandises d’importation, payable après leur vente, une taxe d’exportation de 9-12% et une taxe de 5% pour le transport en transit ; il abrogeait toutes les autres taxes et envisageait la révision, tous les sept ans, des tarifs établis.

Après la réforme du Tanzimat (1839), une réforme a été entreprise dans le système douanier, y compris les tarifs (mars 1840). L’institution douanière a été restructurée et le mode de calcul et de perception des recettes douanières a été modifié à plusieurs reprises. Dans les années 1861-1862, la Sublime Porte a conclu des traités de commerce avec nombre d’États étrangers, y compris la France. Ces traités prévoyaient un tarif douanier de 8% pour l’importation et de 8 à 12% pour l’exportation, avec la prévision de le réduire à 1% ; le tarif douanier prévu pour les marchandises en transit était de 2%, avec l’objectif de le réduire à 1% huit ans après l’entrée en vigueur des traités. Ceux-ci envisageaient qu’après l’expiration d’un délai de sept ans, les parties auraient le droit de s’en retirer ou d’en modifier les clauses. Ce droit a été utilisé par la Sublime Porte pour changer à plusieurs reprises sa position sur les tarifs appliqués ainsi que sur la prolongation du délai ou le retrait de ces traités. En 1879, à l’échéance du délai prévu, la Sublime Porte a fait savoir aux parties que le Traité n’était plus en vigueur. Puis, devant les protestations soulevées dans les États, qui ont demandé la restauration des privilèges des capitulations, elle a annoncé le renouvellement des traités, mais cette fois avec de nouveaux tarifs et une catégorisation plus contrôlée des marchandises. Ces traités ont encore été amendés à plusieurs reprises, surtout en ce qui concerne les tarifs douaniers applicables : la dernière initiative législative en ce sens date de l’année 1907.

Selon Faveirial, le premier consulat de France en Albanie a été ouvert en 1695. Le premier consul, Garnier, a installé sa résidence à Sajadhe. Dans une lettre en date du 3 octobre 1702, il estimait que Jannina était une ville aussi grande que Marseille, dont on pouvait se servir en temps de guerre pour envoyer la poste de Constantinople. Il décrit également le blé et quelques autres denrées alimentaires locales susceptibles d’être utilisées par la marine française. Les deux consuls suivants, Pelisie et Dubroquoit, ont déplacé leur résidence à Arta. On ne peut ignorer ici le rôle important que les consuls de France ont joué dans les villes albanaises, notamment en ce qui concerne les échanges commerciaux. Parallèlement à leur action diplomatique directe, les liens personnels que les consuls et vice-consuls ont noués avec les protagonistes de l’histoire albanaise de l’époque ont joué un rôle déterminant dans l’influence géopolitique et économique de la France en Albanie. Nous citerons à titre d’illustration le cas de Bib Doda, prince de Mirdita, et ses liens étroits avec les consuls de France jusqu’à son assassinat en 1868. Dans son ouvrage, Faveirial décrit de façon vivante et détaillée la bravoure et les qualités militaires de Bib Doda ainsi que des troupes placées sous ses ordres. Bib Doda, un Albanais de confession catholique, éveillait l’intérêt des États occidentaux comme la France, l’Italie et l’Autriche, amenés à voir en lui le chrétien qui résistait à l’invasion religieuse de l’Empire ottoman et qui, en tant que participant victorieux à quelques combats contre la Russie, les Kazakhs et le Monténégro, avait usé de son autorité pour instaurer des droits relatifs à l’exercice de la confession catholique par la population locale ; dans le même temps, il constituait un rempart pour la défense des intérêts albanais contre les Serbo-monténégrins. C’est d’ailleurs la principale raison des alliances militaires que Bib Doda nouait de temps à autre avec la Sublime Porte. Mais les relations entre les deux parties étant souvent exacerbées, il a fallu à diverses reprises l’aide du consul de France pour tirer Bib Doda de situations difficiles. Tel fut le cas lorsque, profitant de l’absence du prince qui était parti pour des opérations militaires au Monténégro, les autorités turques tentèrent d’arrêter l’abbé de Mirdita. L’intervention du consul de France permit d’éviter l’arrestation et de trouver une solution plus diplomatique. Selon Faveirial, Bib Doda est mort empoisonné par le gouverneur de Shkodra, Ismail Pasha. Sur son lit de mort, le prince appela le consul de France et lui confia son fils et sa fortune. Sa dépouille fut profanée dix jours après son enterrement afin de provoquer la rébellion des habitants de Mirdita et leur répression par la Sublime Porte. Dans ce cas aussi, le consul de France et celui d’Autriche sont intervenus pour apaiser les Mirditors et éclaircir la situation.

De tels liens personnels, mais aux conséquences importantes dans les rapports entre les pays, sont l’une des raisons pour lesquelles nous retrouvons les Albanais, qui figurent parmi les plus anciens guerriers du continent, sur différents champs de bataille européens, et notamment ceux de France. Le journal La Turquie écrivait, dans son numéro du 19 novembre 1870 : «On annonce l’arrivée à Marseille de deux cents Albanais qui, armés de leurs longs fusils, viennent aider la France. À ce qu’il paraît, ils ne constituent que l’avant-garde… ».

Des sources relatives à cette période rapportent certains détails sur les échanges commerciaux entre les deux pays. Evliya Celebi, un autre chroniqueur qui a visité l’Albanie vers les années 1660-1670 (1070-1080 d’après le calendrier de l’hégire) a laissé un autre témoignage intéressant quant aux intérêts commerciaux de la France en Albanie. Dans ses notes, Celebi mentionne l’exploitation sous forme de concession de la mine de bitume de Vlora. D’après ses propos, «… dans ce pays (Vlora), il y a une montagne riche en bitume. Y travaillent plusieurs ouvriers qui ont creusé des centaines de cavernes, dont ils extraient du bitume en morceaux, grands comme des caisses, que l’administrateur vend aux commerçants français qui viennent et l’achètent tout de suite. L’exploitation de ce minerai est faite sous forme ce concession ». Le même témoignage à propos de cette concession nous vient aussi de Justin Godart dans son livre L’Albanie en 1921, où il se réfère aux notes de Marin Barleti lorsqu’il dit que le droit d’exploitation sous forme de concession de cette mine avait été attribué à une compagnie française. Dans un livre postérieur, Haxhi Shkoza mentionne un firman de l’Empire ottoman en date du 24 août 1885, par lequel on redonnait, paraît-il, à une compagnie française le droit d’exploitation de la mine de Selenica sous forme de concession pour une période de 99 ans. Cette compagnie a ensuite revendu ses droits à la société italienne «Societa Italiana Miniere di Selenitza -Albania ».

Dans le livre de Celebi, nous retrouvons des données sur d’autres échanges commerciaux entre la France et l’Albanie. L’auteur souligne qu’on exportait d’Albanie vers la France des meules de pierre arrachées au rocher de Kanina (près de Vlora), du sel de la saline de Durrës et du poisson qu’on transportait depuis un château s’élevant au bord du fleuve dans la zone de Dukagjini et depuis la zone de Bashtova, qui servait de port important pour Kavaja et Elbasan. Il note également que des commerçants français20 venaient dans les villes albanaises pour faire du commerce.

En 1699, selon Faveirial, les exportations des régions albanaises vers la France consistaient en 3.000 q,. de cire, 15.000 q. de laine et 60 cargaisons de blé. Un fait intéressant et un indice de la pénétration des rapports commerciaux dans les zones reculées du pays résidaient en ce que les commerçants français qui réalisaient ces exportations depuis Durrës et Vlora se procuraient les marchandises par l’intermédiaire des commerçants de Voskopoja et de Vithkuq, des zones qui se situent aux extrémités orientales de l’Albanie actuelle.

Dans les décennies qui suivirent jusque vers la moitié du XVIIIe siècle, les rapports commerciaux entre l’Albanie et la France ont connu un développement considérable. Les principales villes commerciales à partir desquelles étaient réalisées les exportations vers la France étaient Jannina, Mecova, Voskopoja, Vithkuqi et Shkodra. Selon Pouqueville21, pendant cette période et malgré les interdictions de la Sublime Porte, de Durrës et Vlora partaient vers la France entre 60 et 100 cargos chargés de marchandises, surtout de céréales : blé, orge, avoine ; et de Jannina venaient environ 6.000 q. de cire, 3à 4 mille peaux de buffle et 2.000 q. de coton.

Les mêmes sources indiquent qu’en 1741, le consul de France à Vlora a expédié par le port de Vlora une grande quantité de blé afin d’atténuer la disette à Paris.

Ces relations ont connu à la fin du XVIIIe siècle un certain affaiblissement, que les historiens attribuent à la politique de Venise pour renforcer ses positions et compromettre l’influence de la France. Faveirial dit que Venise a détruit, avec l’aide de pirates à sa solde, les agences de commerce françaises à Durrës et Vlora en 1742.

André-Grasset Saint-Sauveur Jeune a servi comme consul de France à Corfou et dans quelques autres villes avoisinantes au cours de la période 178I -1789. À l’expiration de son mandat, il a publié un livre de mémoires et d’impressions intitulé Voyage historique, littéraire et pittoresque dans les isles et possessions ci-devant vénitiennes du Levant, à savoir : Corfou, Paxo, Bucintro, Parga, Preveza, Vonizza, Sainte Maure, Thiaqui, Cephalonie, Zante, Strophades, Cerigo et Cerigotte. Dans cet ouvrage, il décrit entre autres les villes albanaises de Bucintro (actuellement Butrint), de Parga et de Preveza, en évoquant des faits historiques relatifs aux dominations turque et vénitienne et à l’appartenance territoriale de ces villes, ainsi que des caractéristiques géographiques, des données concernant les habitants, l’histoire, l’agriculture et le commerce en général et les relations avec la France en particulier. L’auteur nous apprend également que l’une des branches les plus importantes de l’exportation commerciale d’Albanie vers la France était celle des produits forestiers. Les marchandises partaient d’abord du port de Durrës ; les transactions s’opéraient par l’intermédiaire de commerçants grecs qui achetaient le matériel forestier des zones albanaises. Avec le temps, l’augmentation de la demande pour ces produits à Naples et à Malte, ainsi que la taxe payée aux pachas des régions où se trouvait la forêt, a fait augmenter le prix du bois de construction, affaiblissant ainsi ce secteur du commerce. L’auteur explique que l’entreprise qui se livrait à cette activité a été reprise en 1784 par un notable commerçant marseillais, Lasalle, qui a dès lors choisi Preveza comme le centre où devaient se conclure les contrats d’exportation. Preveza était décrite comme une région prospère, connue pour la qualité de sa production et dont la position géographique constituait un avantage lui permettant de développer son activité commerciale. Ces caractéristiques aussi bien que le soutien d’Ali Pacha Tepelena ont contribué à rendre très fructueux le commerce développé par Lasalle -même si ce succès ne s’est pas prolongé, puisque Lasalle fut tué en 1792, près de chez lui à Preveza, par des Vénitiens qui défendaient avec fanatisme leur contrôle sur ces territoires et leur activité commerciale.

Durant la seconde moitié de XVIIIe siècle, quatre villes albanaises sont passées sous la domination de la France. Ce fait est mentionné par Faveirial ainsi que par Dimo et Nicolo Stephanopolo qui ont voyagé en Grèce et en Albanie avec la recommandation de Napoléon Bonaparte pour faire un rapport sur «… la situation politique et les opinions des personnes dans ces zones-là ». Dans ce document, les auteurs soulignent la volonté des populations de ces pays de s’affranchir de la domination turque si Bonaparte soutient leur cause. Ils remarquent que les villes albanaises de Butrint, Parga, Preveza et Vonizza sont des possessions françaises depuis le Traité de Campo-Formio (1789).

 

II. Les rapports dans le domaine économique et commercial entre la France et l’État albanais indépendant à partir de 1912

 

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