source : http://whc.unesco.org/fr/list/1042

Vieille ville d’Acre

Acre est une ville portuaire fortifiée historique où les établissements humains se sont succédés sans interruption depuis l’époque phénicienne. La cité actuelle est caractéristique des villes fortifiées ottomanes des XVIIIe et XIXe siècles, avec sa citadelle, ses mosquées, ses khans (caravansérails) et ses bains publics. Les vestiges de la ville des Croisés, qui datent de 1104 à 1291, sont pratiquement intacts, tant en sous-sol qu’en surface, donnant une image exceptionnelle de ce qu’étaient l’organisation de l’espace urbain et les structures de la capitale du royaume des Croisés de Jérusalem, au Moyen-Age.

Vieille ville d’Acre (Israël) © UNESCO
Vieille ville d’Acre (Israël) © UNESCO
Valeur exceptionnelle

Brève synthèse

Acre, où les établissements humains se sont succédés sans interruption depuis l’époque phénicienne, a eu une importance particulière pendant la période des croisades en Terre sainte. De par sa position sur une péninsule comprenant une baie naturelle, la ville a pris une importance internationale de 1104 à 1291 en tant que capitale du royaume des croisés de Jérusalem, après être devenue le principal port des croisés en Terre sainte. Si ce port est devenu, grâce à sa situation stratégique, un centre de commerce international, ses limites physiques, délimitées par les remparts et la mer, en ont fait une cité médiévale à l’habitat particulièrement dense.

Après une longue période de déclin pendant laquelle la ville est néanmoins restée le principal port d’entrée pour les pèlerins chrétiens se rendant à Jérusalem, elle a connu un renouveau au XVIIIe siècle en tant que capitale de cette partie de l’empire ottoman. Elle doit son caractère unique aux nombreux vestiges de la ville des croisés demeurés jusqu’à aujourd’hui presque intacts sous la ville ottomane typique et mis au jour ces dernières années par des fouilles scientifiques.

Le paysage urbain actuel de la ville portuaire fortifiée est caractéristique des perceptions musulmanes de l’urbanisme, avec des rues étroites qui serpentent et d’élégants bâtiments publics et résidentiels. Illustrant les échanges entre l’architecture médiévale européenne et moyen-orientale, la ville possède quelques édifices exceptionnels, notamment une citadelle, des mosquées, des khans et des bains publics.

Critère (ii) : Acre est une ville portuaire historique exceptionnelle, en ce qu’elle préserve d’importants vestiges de ses édifices croisés médiévaux sous la ville fortifiée musulmane actuelle, qui date des XVIIIe et XIXe siècles.

Critère (iii) : Les vestiges de l’Acre des croisés, à la fois au-dessus et en deçà du niveau actuel des rues, offrent un aperçu unique du tracé et des structures de la capitale du royaume croisé médiéval de Jérusalem.

Critères (v) : L’Acre actuelle est un exemple important de ville ottomane fortifiée, avec des composantes urbaines typiques, telles la citadelle, les mosquées, les khans et les bains publics bien préservés, partiellement construits sur les structures sous-jacentes des croisés.

Intégrité (2010)

Les limites du bien incluent les principaux éléments de l’Acre des croisés qui, ayant été complètement enfouis lors de l’occupation des Mamelouks à la fin du XIIIe siècle, sont pour la plupart souterrains et n’ont commencé que récemment à être mis au jour. Ces vestiges bien préservés comprennent de larges portions du tissu urbain et des bâtiments parfaitement intacts : remparts, quartiers, rues, allées, forteresses, édifices publics, édifices religieux, habitations et échoppes, ainsi que l’infrastructure souterraine, les détails architecturaux, les enduits et plâtres d’origine et la maçonnerie. Les plans de construction sont clairement identifiables ; les techniques et matériaux de construction peuvent être déterminés avec précision.

Le bien comprend également les vestiges de la ville ottomane qui a été construite sur la ville des croisés et a pris la forme d’un système urbain d’allées, de cours et de places, reflets des valeurs de la société musulmane. Les conditions géographiques qui ont déterminé son développement, de même que sa structure socioéconomique, ont préservé l’intégrité d’Acre en tant que ville portuaire essentiellement ottomane du VIIIe siècle, sans changements notables jusqu’à présent.

La cohérence générale de la ville est vulnérable, en particulier là où des activités d’entretien et de conservation doivent être entreprises.

Authenticité (2010)

Deux périodes historiques ont façonné le visage d’Acre tel qu’on le connaît aujourd’hui : la période des croisades et la fin de la période ottomane. La nature particulière de l’évolution de la ville a permis de préserver son caractère de ville portuaire, avec son mélange d’édifices publics, de caravansérails (khans) et d’édifices religieux côtoyant des marchés, des petites échoppes et de grands quartiers résidentiels, avec également un port actif qui demeure une source de revenus et une porte d’entrée dans la ville. La plupart des bâtiments d’Acre ont conservé la forme qui était la leur à l’époque de leur construction, avec peu d’altérations sur les 150-300 dernières années. Certains bâtiments restent toutefois vulnérables aux changements en raison de l’utilisation de matériaux et de méthodes d’entretien et de réparation non traditionnels.

Besoins en matière de protection et de gestion (2010)

La vieille ville d’Acre est classée site antique aux termes des dispositions de la loi de 1978 relative aux antiquités.

Entre 1993 et 2000, un plan directeur axé sur le patrimoine a été rédigé par un comité directeur chargé de l’urbanisme. Il couvrait la vieille ville et le port, et établissait une zone tampon tout autour.

Le bien est géré conjointement par la municipalité d’Acre, l’entreprise publique Old Acre Development Company, une administration publique et l’Administration israélienne des antiquités. Conseillant les résidents sur toutes les questions d’aménagement, de permis de construire et de mesures de conservation, l’Administration israélienne des antiquités a ouvert un bureau dans la ville. Ce bureau supervise tous les travaux publics et privés entrepris dans l’enceinte du bien.

Beaucoup d’efforts sont faits pour que la ville d’Acre reste vivante. En 2001, un quartier résidentiel a été choisi avec la population locale pour un projet pilote de réhabilitation. Ce projet, dont les travaux sont en cours et s’amplifient, vise à mettre au point des mesures permettant de préserver le tissu physique, tout en procédant aux adaptations requises par la vie moderne. Il a également pour but d’améliorer les conditions de vie sociales et économiques des résidents et de renforcer leur sentiment de fierté à l’égard du riche patrimoine de la ville. Il faut accroître l’engagement de la communauté locale dans l’entretien du tissu bâti de la ville.

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