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Nina Bodenheimer, « Saint-simonisme : Utopie technicienne du XIXe siècle », in Houari Touati (éd.), Encyclopédie de l’humanisme méditerranéen, printemps 2014, URL = http://www.encyclopedie-humanisme.com/?Saint-simonisme-


Sommaire  
Introduction
La pensée de Saint-Simon
Création et expansion du saint-simonisme et de la doctrine
Le « Globe » 1830-1832
La vie en communauté
Le schisme saint-simonien
La religion saint-simonienne
Le départ en Égypte
La dispersion du mouvement
Bibliographie


Introduction

Le saint-simonisme est un mouvement socio-économique aux aspirations religieuses qui s’est développé et a connu son moment de gloire dans la première moitié du XIXe siècle. Le saint-simonisme tient son nom de Claude-Henri de Rouvroy, comte de Saint-Simon (1760-1825), aristocrate désargenté et philosophe autodidacte, qui est considéré aujourd’hui comme un des précurseurs de la sociologie moderne. Il faut pourtant différencier catégoriquement Saint-Simon des saint-simoniens et du saint-simonisme. Les représentants les plus importants du saint-simonisme sont Prosper Enfantin (1796-1864), Saint-Amand Bazard (1791-1832) et Olinde Rodrigues (1794-1851), ce dernier étant le seul à pouvoir être considéré comme véritable disciple de Saint-Simon. Le but des saint-simoniens était le progrès technique et social afin d’installer une nouvelle époque « organique », c’est-à-dire une société idéale rigoureusement organisée dans laquelle chacun trouverait sa place grâce à ses capacités, et dont l’ordre social devait être préservé par le biais d’une religion accessible par la raison. Ce principe reposait sur l’inégalité naturelle des capacités humaines, qui devaient être organisées dans une union volontaire et compenser leur diversité pour le bien-être de tous. En cela réside le moment révolutionnaire du saint-simonisme : en effet, une société dans laquelle l’homme se définit individuellement à travers ses compétences manuelles et intellectuelles ne peut plus supporter un ordre héréditaire, la propriété ou encore la filiation. En même temps, le leitmotiv « chacun selon ses capacités » approuve et légitime l’organisation des différences ; il en découle donc forcément une nouvelle société gouvernée par une élite.

La pensée de Saint-Simon

Saint-Simon voulait tout d’abord créer « l’association des hommes » dans une parfaite égalité afin de mettre fin à « l’exploitation de l’homme par l’homme » – une expression qu’on attribue aujourd’hui de préférence à Marx. Il proposait de bâtir une nouvelle société sur les trois piliers « institutionnels » de l’industrie, des sciences et des beaux-arts. Ensemble, ils étaient censés former le « corps organisé » de la société, gouvernée indépendamment du simple pouvoir politique par ses représentants les plus aptes, les « hommes de génie », qui s’identifiaient toutefois à des citoyens agissant comme de simples êtres humains.

La « société de l’avenir », dont la conception ne se limitait pas à la France, mais visait l’Europe, devait fonctionner sur la base de réseaux verticaux, tous connectés et interactifs pour assurer ainsi une coopération économique et sociopolitique entre les hommes poursuivant tous un même but : « l’amélioration des conditions de vie de la classe la plus nombreuse et la plus pauvre » (Doctrine de Saint-Simon – deuxième année. Paris 1830, p. 54). Dans une hiérarchie des capacités – « à chacun selon sa capacité, et à chaque capacité selon ses œuvres » est peut-être la phrase la plus connue de Saint-Simon –, on ne pouvait plus tolérer l’inertie de l’ancienne organisation sociale, où la naissance, et donc l’origine sociale et religieuse, déterminait les possibilités professionnelles et personnelles de l’individu. Les rôles clefs dans la nouvelle Europe de Saint-Simon sont tout d’abord attribués à la France, en tant que représentant de la science, et à l’Angleterre en tant que représentant de l’industrie. À ce couple initial s’ajoute l’Allemagne, pays où « l’autorité arbitraire […] est douce et paternelle », qui doit assurer « (la) pureté de morale, (la) noblesse de sentiments » dont la société de l’avenir avait besoin (Saint-Simon. De la réorganisation de la société européenne. P. 323/24).

Le rôle de la religion dans la société de l’avenir était primordial et dans sa dernière œuvre, le Nouveau Christianisme, Saint-Simon admet la nécessité du mysticisme et de la transcendance d’une nouvelle religion pour lier les hommes les uns aux autres.

Création et expansion du saint-simonisme et de la doctrine

Le jour des obsèques du comte de Saint-Simon, un petit groupe de disciples – parmi eux son dernier assistant, le banquier et mathématicien Olinde Rodrigues (1795-1851), le poète Léon Halévy (1802-1883) ou encore l’avocat Prosper Duvergier (1798-1881) – décidèrent de fonder le saint-simonisme afin de propager et de mettre en pratique les idées de leur maître défunt grâce à leur premier journal, le « Producteur – journal de l’Industrie, des Sciences et des Beaux Arts ». Le « Producteur » fut le seul projet « commun » avec Saint-Simon même, qui avait imaginé ce journal avant sa mort et qui lui avait surtout donné son nom. Dans son contenu, le « Producteur » n’intégrait pas l’héritage religieux de Saint-Simon, c’est-à-dire les thèses exposées dans son « Nouveau Christianisme », jugées trop radicales pour attirer les masses, mais se concentrait sur l’aspect de la réorganisation sociale autour de l’industrie. Malgré un côté dogmatique et autoritaire fortement critiqué par la presse libérale (on attaquait la prétention saint-simonienne à reconstituer une autorité absolue en politique et en morale au profit de la science), le « Producteur » avait attiré bon nombre de nouveaux et de jeunes adhérents, principalement des juristes, des médecins, de jeunes hommes issus du milieu banquier juif et de jeunes ingénieurs sortis de l’École Polytechnique. Néanmoins, le journal fit faillite au bout d’un an.

En même temps, les saint-simoniens décidèrent d’adopter une autre stratégie pour propager la philosophie de Saint-Simon, et organisèrent à partir de décembre 1828 une session hebdomadaire d’exposition de la doctrine à laquelle chacun des membres devait amener deux amis pour élargir le cercle. Ceci fut le point de départ de l’œuvre-clé des saint-simoniens, la « Doctrine de Saint-Simon. Exposition », organisée sous forme de conférences orales et publiées en 1829 et en 1830. La Doctrine de Saint-Simon, une sorte de déclaration d’indépendance adressée par le groupe à son maître défunt, connut un succès surprenant surtout après la Révolution de Juillet, et fut éditée pas moins de trois fois avant 1831. Dans cet ouvrage, les saint-simoniens faisaient finalement appel aux sentiments religieux de leurs lecteurs en accordant à la religion le statut que Saint-Simon lui attribuait : celui d’un fondement de la société. Malgré son incontestable succès, et pour des raisons formelles, la Doctrine ne put jamais remplacer la fonction d’un journal servant de tribune régulière, quotidienne ou hebdomadaire, et destiné à annoncer des nouvelles, donner des informations à court terme ou encore servir de simple agenda.

C’est pour cela qu’en été 1829, après une vaine tentative de relance du « Producteur » l’année précédente, les saint-simoniens créèrent « l’Organisateur, journal des progrès et de la Science générale » dans lequel on mit l’accent principalement sur la pensée religieuse de Saint-Simon. Malgré les efforts de Prosper Enfantin – avec Saint-Amand Bazard, désormais l’incontestable chef du mouvement – pour souligner et discuter sans cesse le lien évident entre science, industrie et religion tel que Saint-Simon l’avait lui-même conçu dans son système, « l’Organisateur » et le tournant vers la religion furent accueillis avec froideur par une partie des membres et provoquèrent une première vague de départ. En dehors de la question religieuse, on reprocha aussi à « l’Organisateur » de ne pas remplir son rôle d’organe de presse de la nouvelle doctrine, car on se contentait d’y dénoncer les vices de l’ordre actuel sans proposer d’alternatives.

Le « Globe » 1830-1832

L’ancienne salle de réunion dans la rue Taranne étant devenue trop petite pour accueillir tous les nouveaux sympathisants, Enfantin chercha au début de l’année 1830 un appartement assez grand pour y recevoir tous ses disciples et loua le deuxième étage de l’hôtel de Gesvres, rue Monsigny. Dans le même immeuble se trouvait la rédaction du journal libéral « le Globe », qui occupait le troisième étage et que les saint-simoniens achetèrent à l’été 1830. Après leurs anciens projets journalistiques, la reprise du « Globe » constitua une énorme chance dans le sens où le journal s’était déjà fait une réputation et disposait surtout d’un grand nombre d’abonnés, y compris hors de France. Pour ne pas déstabiliser ce public, les saint-simoniens restèrent discrets sur le rachat du journal jusqu’en janvier 1831. Pour toucher un public encore plus vaste, celui des couches les plus basses de la société, les saint-simoniens adoptèrent une stratégie qui précipita la faillite du journal quelques mois plus tard : le « Globe » fut la plupart du temps distribué gratuitement, même à l’étranger, contre remboursement des frais de port. Ainsi, au mois d’août 1831, le « Globe  » avait par exemple un tirage de 2500 exemplaires, dont 2000 étaient envoyés gratuitement, entre autres à tous les membres de la Chambre, dans l’espoir d’attirer ainsi des représentants de la classe politique. Le « Globe » resta sous l’emprise saint-simonienne jusqu’en avril 1832, quand sa publication dut être arrêtée pour des raisons financières.

La vie en communauté

Après l’achat du journal « le Globe », qui occupait le troisième étage du même immeuble, et le départ de la « Société des bonnes études », une association qui occupait le premier étage, l’immeuble entier de la rue Monsigny devint le foyer des Saint-simoniens où le groupe essaya de mettre en œuvre son modèle social sur une petite échelle. Une trentaine de personnes y avait emménagé pour vivre en communauté, et chacun amena du mobilier, de l’argenterie, des livres ou toutes autres choses jugées utiles pour la communauté. Cette dernière englobait Enfantin, Bazard et sa famille (pas moins de sept personnes), le future fouriériste Jules Lechevalier (1806-1862) et son épouse, ou encore l’économiste Michel Chevalier (1806-1879). Les jeudis et dimanches, on donnait des réceptions et des soirées dansantes auxquelles assistèrent entre autres Franz Liszt (1811-1886), Hector Berlioz (1803-1869) ou encore l’influent critique littéraire Sainte-Beuve (1804-1869). L’entretien de l’immeuble et de ses occupants était assuré par les membres les plus riches (notamment l’industriel Henri Fournel (1799-1876), propriétaire de plusieurs manufactures situées dans le Nord de la France) et par des emprunts garantis par le banquier Olinde Rodrigues. Après le schisme entre Bazard et Enfantin en novembre 1831 et le départ de Fournel et de Rodrigues quelques semaines plus tard, Enfantin, en difficultés financières, se vit forcé d’abandonner l’hôtel particulier et décida de se retirer dans la maison située dans la rue de Ménilmontant qu’il venait d’hériter de sa mère décédée au printemps 1832 ; il voulait y expérimenter une nouvelle vie en communauté sous le sceau de l’égalité. Cette idylle se termina fin août 1832 quand les principaux saint-simoniens furent convoqués devant la cour d’assises pour atteinte à la morale publique et pour violation de la loi limitant le droit de réunion politique. Prosper Enfantin et Michel Chevalier furent condamnés à six mois de prison qu’ils effectuèrent à partir du 17 décembre 1832 à Sainte-Pélagie.

Le schisme saint-simonien

En octobre 1831, les saint-simoniens vécurent une période mouvementée : le consensus entre les deux meneurs idéologiques du mouvement, Prosper Enfantin et Saint-Armand Bazard, avait éclaté, ce qui avait eu de lourdes conséquences sur la cohésion du groupe. Suite à un désaccord portant sur la position de la femme dans la hiérarchie saint-simonienne, Bazard quitta les saint-simoniens et entraîna avec lui des membres influents tels que Pierre Leroux (1797-1871), Hippolyte Carnot (1801-1888), Jean Reynaud (1806-1863), Jules Lechevalier et Abel Transon (1805-1876). Parmi les dissidents saint-simoniens, plusieurs tentèrent ensuite l’aventure fouriériste, comme ce fut le cas pour Jules Lechevalier et Pierre Leroux. Le mouvement avait ainsi perdu sa « fraction politique » et s’enferma par la suite dans une nouvelle religiosité entièrement organisée autour du seul « Père Suprême » Prosper Enfantin.

Le 19 février 1832, Olinde Rodrigues, un autre membre fondateur du groupe, annonça dans le « Globe » le schisme survenu entre lui et son « père ». Rodrigues avait été l’un des seuls vrais élèves de Saint-Simon et il avait ainsi pris le rôle de « père de l’église » au sein du mouvement. Il suivait avec bienveillance Enfantin dans sa nouvelle philosophie jusqu’au moment où il comprit le véritable enjeu du libertinisme enfantinien, puisque sa femme avait adressé une demande écrite à Enfantin pour se faire « gracier » et annuler ainsi le mariage qui l’importunait. Rodrigues tourna le dos à la rue Monsigny et se proclama ensuite l’unique chef de la religion saint-simonienne, héritier légitime de Saint-Simon ; et alla jusqu’à demander l’exclusivité de la publication de ses œuvres. Pour les saint-simoniens, le départ de Rodrigues fut une catastrophe sur le plan financier : l’ex-banquier était toujours le bienvenu chez ses anciens collègues pour les crédits nécessaires à la vie en commun de la rue Monsigny.

La religion saint-simonienne

Chez les saint-simoniens, le tournant idéologique vers l’établissement d’une nouvelle doctrine directement religieuse peut être considéré comme un tournant vers une pensée non libérale et anti-individualiste. Le culte saint-simonien fut « officiellement » fondé le 25 décembre 1831 sous la tutelle d’Olinde Rodrigues. Cela sonna le début du règne de la nouvelle morale élaborée par le même Rodrigues pendant la période du schisme avec Bazard. La création de la religion saint-simonienne tenait beaucoup à cœur à Olinde Rodrigues, qui avait eu des difficultés à se faire entendre sur ce sujet parmi les jeunes polytechniciens, comme se souvient Hippolyte Carnot : « L’opposition que rencontrait Olinde Rodrigues chez les jeunes gens formés par la philosophie critique du XVIIIe siècle n’était pas moindre. Il fallut toute son insistance pour faire mettre à l’ordre du jour, parmi eux, l’étude du « Nouveau Christianisme », en y attachant l’importance que le maître avait recommandée. » (Sur le Saint-Simonisme, p. 19).

La religion saint-simonienne était d’un caractère hybride qui réunissait les éléments de différentes cultures et de différentes confessions. En effet, les saint-simoniens s’inspiraient non seulement de la philosophie idéaliste (principalement protestante), mais ils avaient aussi repris à leur compte des éléments et des rituels du catholicisme, comme la célébration du culte et l’idée de la hiérarchie. On prévoyait des baptêmes, des mariages et des enterrements saint-simoniens. La religion prit alors chez eux la fonction d’un fondement social (elle seule pouvait garantir la cohésion et le fonctionnement de la société) tout en se définissant par le progrès social et intellectuel. En même temps, cette forme sécularisée de la religion était complétée par un appareil hiérarchisé avec des tendances mystiques clairement enracinées dans le catholicisme. La religion saint-simonienne se montrait de cette façon à la fois moderne, sécularisée, réformatrice, mais aussi conservatrice, mystique et autoritaire.

L’importance que le mouvement accorda dans ce cadre aux artistes se traduisit aussi par un appel de 1830 rédigé par Emile Barrault (1799-1869) – ancien professeur de rhétorique et de philosophie au Collège de Sorèze, un des rares « littéraires » parmi les saint-simoniens – qui s’adressait explicitement « Aux artistes. Du passé et de l’avenir des beaux-arts : doctrine de Saint-Simon » et dont la quintessence est résumée dans les deux dernières lignes : « (…) désormais les beaux-arts sont le culte, et l’artiste est le prêtre. »

Mais la religion prend aussi une fonction quasi politique dans le sens où elle égalise les hommes par la révélation de la nécessité et ainsi de la légitimité de leurs différences. La nouvelle religion de Saint-Simon s’orienta donc tout d’abord vers le domaine mondain dans le sens où sa fonction principale n’était plus l’union entre les hommes et Dieu, mais entre les hommes tout court.

Le départ en Égypte

Après son incarcération et la chute de sa religion, Prosper Enfantin partit en septembre 1833 en Égypte, où il espérait aussi trouver la « femme messie » complémentaire non seulement par son sexe, mais aussi par son origine et sa religion, et qui serait la garantie de l’union des peuples. Sur le sol égyptien, Enfantin avait été précédé depuis mai 1833 par les « Compagnons de la femme », qui avaient comme mission de déceler cette « femme-messie ». Cette recherche fut un échec, mais les « Compagnons » purent faire la connaissance du Français influent Soliman Pascha (1788–1860) qui les invita au Caire et les mit en contact avec le vice-roi Méhémet Ali (1769-1849). Celui-ci proposa à Prosper Enfantin et ses saint-simoniens de participer sous la direction de Linant de Bellefonds (1799-1833) à la construction d’un barrage du Nil. Or, les saint-simoniens, en tant que « volontaires de l’armée industrielle », ayant refusé de se faire payer par l’état égyptien en dehors du coût de la vie, ils eurent du mal à embaucher des travailleurs qualifiés. Après qu’une épidémie de peste eut décimée une bonne partie de la population du camp saint-simonien, le projet, qui existait surtout sur le papier, ne put être mené à bien et la plupart des membres du groupe, parmi eux Prosper Enfantin, retournèrent en France pour y poursuivre une vie et une carrière plus « classiques ».

La dispersion du mouvement

Le procès de Prosper Enfantin et de Michel Chevalier, fin août 1832, et leur emprisonnement avaient déjà mis fin à la période d’expansion du saint-simonisme. Par la suite, plusieurs groupes s’étaient formés un peu partout en France qui essayèrent – souvent en vain – de ranimer et d’appliquer les idées saint-simoniennes dans le cadre d’un travail missionnaire parmi les couches profondes de la société française.

Néanmoins, la solidarité saint-simonienne dura jusque sous le Second Empire et se traduisit en premier lieu par des soutiens financiers destinés aux anciens membres en difficulté. Plusieurs anciens membres avaient fait carrière dans les finances ou dans l’industrie : citons les frères Émile (1800-1875) et Isaac Pereire (1806-1880) qui furent en 1835 co-fondateurs de la « Compagnie du Chemin de fer de Paris à Saint-Germain. Michel Chevalier devint professeur d’économie politique au Collège de France en 1841 et sénateur sous Napoléon III. En 1848, un compte d’assistance fut créé par Prosper Enfantin et François Barthélemy Arlès-Dufour (1797-1872), un autre ancien saint-simonien et un des fondateurs du Crédit Lyonnais. Ce compte était alimenté par les gains de leurs opérations financières et boursières. L’industriel Henri Fournel prit la présidence d’une société de secours mutuel pour les anciens disciples et sympathisants du groupe.

Aujourd’hui en France, si le saint-simonisme reste en grande partie méconnu, les témoignages de l’activité industrielle d’anciens saint-simoniens sont nombreux : fondateurs de différentes banques, de la Compagnie Générale des Eaux et constructeurs du premier chemin de fer de la France entre Paris et Saint-Germain-en-Laye, leur influence est indéniable. Sur le plan des idées, la doctrine saint-simonienne a influencé la pensée politique et philosophique du 19e siècle en Europe, notamment révolutionnaire qui a trouvé en Marx et Engels l’une de ses expressions majeures.

NINA BODENHEIMER

 

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