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L'âge d'or des abbayes - l'histoire n° 67
Didier Méhu dans collections 67
daté avril – juin 2015

 

 

L'âge d'or des abbayes - l'histoire n° 67. Tour d'enceinte de Cluny

Ses abbés sont des seigneurs. Ses dépendances sont réparties dans plusieurs royaumes occidentaux. Le pape Urbain II lui-même est un ancien clunisien. Comment des moines bourguignons en sont-ils venus à exercer un tel pouvoir ?

 

Le 9 janvier 1097, le pape Urbain II fit composer dans son palais du Latran une lettre qu’il adressa à l’abbé Hugues de Cluny, en réponse aux requêtes de ce dernier. Elle commençait en ces termes : « Étant donné que la grâce de la charité apostolique doit subvenir aux demandes et besoins de tous les fidèles, bien plus la Mère Église romaine doit-elle faire partager sa clémence aux fils très singuliers qu’elle se réjouit d’avoir. Parmi ceux-ci, la congrégation clunisienne, pleinement imprégnée du charisme divin, brille comme un autre soleil sur la Terre, et c’est pourquoi il lui convient particulièrement de lui appliquer aujourd’hui la parole jadis prononcée par Dieu : « Vous êtes la lumière du monde. » »

La parole pontificale n’était pas anodine. « Vous êtes la lumière du monde » est le qualificatif que le Christ aurait adressé aux apôtres lors du sermon sur la montagne (Mt, V, 14). L’abbé de Cluny et ses moines étaient ainsi haussés au niveau des apôtres, comme les nouvelles lumières susceptibles de conduire les hommes vers le salut.

Le pape, lui-même ancien grand prieur clunisien, énonça ensuite une série de privilèges, certains anciens, d’autres nouveaux. La domination de Cluny sur un réseau de plusieurs dizaines de monastères est confirmée, ainsi que celle sur l’ensemble des terres, hommes, églises et dîmes qui lui ont été donnés. L’abbé de Cluny a la capacité d’ordonner des prêtres, de consacrer des autels et des églises, alors que les évêques, à qui la tâche incombe théoriquement, ne peuvent le faire dans les monastères clunisiens que s’ils y ont été invités par l’abbé. Les évêques ne peuvent excommunier les moines ni interdire la célébration des sacrements dans les églises de l’ordre sous peine de voir la sanction se retourner contre eux. En revanche, toute personne excommuniée ou tout moine soucieux de quitter sa communauté peut trouver asile dans un monastère clunisien.

DES PRIVILÈGES EXCEPTIONNELS

Une telle situation est le produit de près de deux siècles de dynamique. Le monastère de Cluny est fondé en septembre 909 ou 910 dans le sud de la Bourgogne actuelle, près de Mâcon. Le processus est classique. Un riche aristocrate, le duc d’Aquitaine Guillaume Ier, donne à une communauté de moines un ensemble de terres et de revenus en échange des prières pour le salut de son âme et celle de ses parents. Ses descendants et ses proches poursuivent les donations. Le système fonctionne bien.

C’est sous Odon (927-942), le deuxième abbé de Cluny, que le monastère entame son développement extraordinaire. Grâce à ses relations et à sa renommée, Odon fait de Cluny le pôle d’un réseau de transferts de biens allant de la Touraine à Rome. Il obtient le soutien des rois et des papes et parvient à faire imposer un statut spécifique à son monastère : celui-ci n’est soumis à aucune autorité ni princière ni pontificale, tout en étant protégé par celles-ci en cas de problème. Trois abbés successifs entérinent et élargissent l’oeuvre d’Odon : Maïeul (954-994), Odilon (994-1049) et Hugues (1049-1109).

Cluny obtient des terres en Bourgogne, en Provence, en Auvergne, en Ile-de-France, en Italie, dans la Germanie occidentale, en Angleterre, puis en Espagne septentrionale à mesure que s’avance le processus de Reconquête sur les possessions musulmanes. Sur ces terres, des monastères sont établis selon le même processus qu’à Cluny, et une famille de moines, qu’on appelle bientôt l’église clunisienne (l’ecclesia cluniacensis), se forme. Tous les rois occidentaux soutiennent le monastère bourguignon et le dotent. Les papes confirment tour à tour les privilèges acquis par Odon et les élargissent.

Ainsi, en 998, les premières exemptions à l’égard de l’autorité épiscopale sont octroyées à Cluny. Les malédictions à l’égard des rois et des princes qui s’en prendraient aux possessions clunisiennes se multiplient après l’An Mil. Et dès 1075, les privilèges deviennent extraordinaires, à l’image de ceux de 1097.

A la fin du XIe siècle, on compte plusieurs centaines de lieux clunisiens, répartis inégalement dans les régions où les abbés ont pu établir des relations. Certains sont d’anciennes abbayes agrégées à la congrégation à la suite de leur réforme par un abbé clunisien (Vézelay, Saint-Gilles du Gard, Moissac, Payerne, Saint-Paul-hors-les-Murs à Rome, San Benedetto di Polirone, Sahagun, Hirsau, etc.). D’autres, les plus nombreux, sont des créations proprement clunisiennes. Ce sont des prieurés, dont le supérieur est élu avec l’accord de l’abbé de Cluny, et dont la plupart comptent dix à vingt moines.

D’autres encore sont de très petits établissements, mi-prieurés, mi-granges, qui abritent deux ou trois moines et un ensemble de serviteurs, dont la fonction principale est d’être un point de relais entre les terres et le monastère dont elles dépendent. On les appelle soit des doyennés, soit des celles, voire des granges ou des prieurés.

UNE ÉCONOMIE MÉDIÉVALE

Le coeur du système clunisien est constitué par les terres données aux moines. Hommes issus des groupes sociaux dominants, ils ont quitté les activités mondaines pour se consacrer à l’« oeuvre de Dieu » (opus Dei), c’est-à-dire la prière, le chant, la lecture et l’écriture. Les activités agricoles ou artisanales auxquelles la règle de saint Benoît, au VIe siècle, attribuait une valeur pénitentielle ne constituent plus qu’une activité marginale dès le IXe siècle.

Les moines sont devenus les pivots d’un système d’échanges. Ils se font donner des terres avec les hommes qui les cultivent, des droits sur des moulins, des fours, des cours d’eau, des routes, des marchés. Ces revenus leur permettent de se nourrir, mais ils sont surtout le support d’un circuit de redistribution et de transformation.

Ayant renoncé aux deux aspects qui caractérisent la vie dans le siècle, la reproduction sexuelle et la transmission héréditaire des biens fonciers (ce qui se traduit par les voeux de chasteté et de pauvreté), les moines sont considérés comme des êtres à mi-chemin entre les hommes et les anges. Ils incarnent l’idéal spirituel défini par les Pères de l’Église qui consiste à s’éloigner progressivement de la « chair », dans laquelle on naît, pour aller vers « l’esprit ».

La « chair », c’est le corps, qui doit être spiritualisé par sa maîtrise et par la pratique des vertus ; mais c’est aussi la terre, qui peut être spiritualisée en étant donnée à Dieu. En offrant une partie de ses terres aux moines, on donne indirectement et pour toujours à Dieu et aux saints, qui sont considérés comme les vrais possesseurs. Les moines, qui en apparence accumulent les richesses, ne possèdent donc rien pour eux-mêmes. La terre n’est pas celle de Cluny, mais celle de saint Pierre, dont les reliques reposent sous l’autel majeur de l’abbatiale depuis la fin du Xe siècle. Et la terre de saint Pierre, c’est celle de toute l’Église.

Les moines s’établissent ainsi comme des intermédiaires indispensables de la circulation des biens entre les hommes et Dieu, et des pôles de la circulation des biens entre les hommes. L’ensemble du corps social est concerné : les aristocrates comme donateurs, les moines comme récepteurs et agents de transition, le peuple comme cultivateur, les pauvres comme bénéficiaires des aumônes monastiques. Il y manque les artisans et marchands, mais ces derniers sont encore très marginaux dans la société des Xe et XIe siècles ; leur essor, au XIIe et surtout au XIIIe siècle, correspond à l’apparition d’un nouveau type de religieux qui sauront les intégrer, dont les plus représentatifs sont les Franciscains et les Dominicains.

NOURRIR LES PAUVRES

Les donations auprès des moines sont variées. Il peut s’agir de la terre, comme on l’a vu, ou de revenus sur les moyens de production, d’argent ou de biens précieux, comme le cens annuel en or que les rois de Castille offrirent à Cluny à la fin du XIe siècle. Il peut aussi s’agir d’hommes. Les moines de Cluny ont systématisé la pratique de l’oblation d’enfants qui consistait à leur offrir un jeune garçon, âgé généralement entre 7 et 12 ans, pour l’éduquer dans le monastère et en faire un membre actif de la communauté.

Pour les parents, il s’agissait de confier une partie de leur « chair » à l’Église, d’une manière analogue au don de la terre. Par leur fils, ils étaient ainsi partiellement intégrés dans la communauté. Pour les moines, l’oblation représentait un engendrement non charnel. La communauté se reproduisait par le don, plutôt que par le sexe.

Ceux qui ne pouvaient pas donner parce qu’ils avaient un besoin vital de leurs terres et de leurs fils pouvaient s’agréger à la communauté par leur labeur. Or, le labeur, pour la société féodale, c’est d’abord et avant tout l’exploitation de la terre : une tâche nécessaire, mais dévalorisée, considérée comme la conséquence du péché originel et l’opposé de l’oeuvre spirituelle offerte à Dieu. L’Église est pragmatique. Elle ne peut pas condamner le labeur de la terre mais elle peut l’orienter. Elle proclame que celui qui profite aux seigneurs relève de la « chair », car il nourrit des banquets, des guerres et conduit vers la damnation ; celui qui nourrit les moines relève de « l’esprit », sert à offrir des dons à Dieu et à nourrir les pauvres.

On sait que, vers 1140, l’abbé de Cluny, qui connaissait des difficultés financières, a dû limiter à 50 le nombre de pauvres nourris chaque jour à l’entrée de l’abbaye, soit encore un peu plus de 18 000 par an ! Le système de l’aumône était lié aux commémorations funéraires. La mort d’un moine ou d’un grand bienfaiteur était célébrée par une série de messes, en général une par jour pendant les trente jours suivant le décès et une à la date anniversaire de celui-ci. Or chaque messe devait s’accompagner d’une aumône à un pauvre. Ces fondations étaient perpétuelles et des listes de défunts circulaient d’un monastère à l’autre pour que tous les membres de la communauté clunisienne soient commémorés dans les différents lieux.

L’augmentation des commémorations funéraires et celle du nombre de bienfaiteurs jouèrent un rôle déterminant dans la transformation de la liturgie et des bâtiments. La multiplication des offices ou des messes le même jour en rendit nécessaire la célébration simultanée, sous la forme de « messe basse », pour éviter la cacophonie. La multiplication des autels devint aussi nécessaire, et c’est en partie pour y répondre que la grande église abbatiale reconstruite à la fin du XIe siècle à Cluny comportait autant de chapelles et démultipliait les lieux potentiels de la célébration.

L’office divin et les messes étaient considérés comme des dons : don des fidèles par l’intermédiaire des offrandes qui étaient consacrées lors de la messe, mais aussi don des moines qui offraient leur corps au chant pendant de nombreuses heures, avant de « se refaire » au réfectoire. Les rigoristes, saint Bernard au premier chef, ont beaucoup critiqué l’opulence des repas clunisiens et le nombre de jours de fête où il était permis d’avoir des rations supplémentaires. La raison tenait dans la symbolique du corps médiateur.

Le corps des moines était – littéralement – empli des biens qui provenaient de l’exploitation de la terre et des dons qui leur avaient été faits. Par la prière, le chant, les processions, la lecture et la copie de manuscrits, la boisson et la nourriture étaient pour ainsi dire transformées, grâce au corps des moines, véritables opérateurs de spiritualisation. La nourriture elle-même avait une teneur allégorique et signifiait la transmutation de la chair en esprit. Car si on mangeait beaucoup, on mangeait surtout certains types de nourriture comme les oeufs, le poisson et les herbes, et on buvait surtout du vin. Le vin signifiait le sang du Christ, le poisson, la chair profondément décarnalisée par l’eau, les oeufs, la régénérescence et les herbes, la fécondité portée par la communauté monastique.

LA PLUS GRANDE ÉGLISE D’OCCIDENT

Les moines de Cluny furent des constructeurs et poussèrent plus loin que leurs prédécesseurs l’idée selon laquelle le monastère était une figure du paradis. La description de Cluny qui a été conservée dans des manuscrits du XIe siècle montre un complexe d’édifices construits autour des reliques des saints et des autels, articulés par les déambulations des moines entre des galeries, des églises et des jardins. Les bâtiments ont des mesures idéales qui évoquent les prototypes bibliques de la vision d’Ézéchiel ou du temple de Salomon.

L’église majeure est précédée d’une avant-nef appelée « galilée » qui la situe dans le miroir de la Terre sainte et les moines qui la parcourent apparaissent comme les nouveaux apôtres. On les compare même à des créatures spirituelles, dont les chants font du choeur le « déambulatoire des anges ». Les fouilles menées depuis les années 1930 sur le site de l’ancienne église abbatiale ont montré les déploiements de technicité mis en oeuvre pour édifier le monastère dans un site qui, pourtant, ne s’y prêtait guère.

Dès la deuxième moitié du Xe siècle, le chevet de l’église abbatiale était recouvert du même type de pavement en opus sectile (une composition faite de marbres colorés agencés selon des schémas géométriques) que les églises romaines. Odilon reconstruisit le cloître en marbre, cette pierre incarnée qui symbolisait la chair vivante du Christ. La maior ecclesia, édifice gigantesque entrepris par l’abbé Hugues en 1088, le plus grand de la Chrétienté avant la construction de Saint-Pierre de Rome, reposait sur un maillage de fondations qui permit de percer des fenêtres dans tous les murs, à tous les étages, et de monter la voûte à 30 mètres de hauteur, en utilisant le berceau brisé et, de manière pionnière, des arcs-boutants. L’église était ornée de peintures, de nombreux chapiteaux et surtout de reliquaires et d’objets liturgiques qui représentaient concrètement la transformation de l’argent des fidèles en oeuvres d’art.

La maior ecclesia manifeste la puissance de Cluny dans la pierre et les ornements, celle d’une Église enracinée dans le siècle, qui tend à se confondre avec l’Église universelle, dont l’abbé obtient les mêmes privilèges que le pape et que celui-ci sollicite, au plus fort de sa querelle avec l’empereur, pour servir de conciliateur. Mais cet apogée ne va pas sans susciter des réactions.

Elles viennent d’abord des évêques, qui s’en prennent aux privilèges de Cluny depuis les années 1060, et auxquels la bulle de 1097 est une réponse arrogante. Le conflit éclate après la mort de l’abbé Hugues, en 1109. Son successeur, Pons de Melgueil, obtient du pape Pascal II, lui-même un ancien moine, les privilèges les plus exorbitants jamais concédés à un abbé. Lorsqu’il meurt en 1118, Pons est pressenti pour le remplacer, mais c’est un ancien moine du Mont-Cassin qui est élu sous le nom de Gélase II. Mis en minorité à Rome, Gélase se réfugie en France et meurt à Cluny en 1119. Le pape qui lui succède est l’archevêque de Vienne, le premier en soixante-dix ans à ne pas avoir été moine. Les évêques en profitent. A Cluny, l’autorité de Pons est sévèrement menacée par l’évêque de Mâcon, qui mène contre lui une véritable offensive. Le débat gagne les Clunisiens eux-mêmes et l’on voit poindre deux camps, qui aboutissent à un schisme puis à la démission de l’abbé de Cluny en 1122.

Son retour désastreux en 1126 conduit à la prise d’assaut du monastère. Pons est condamné. Il meurt en prison à Rome. Le vent semble avoir tourné. Le nouvel abbé de Cluny, Pierre, qui n’est pas encore « le Vénérable », met près de vingt ans avant d’asseoir son autorité, et, contrairement à ses prédécesseurs du XIe siècle, il ne devint jamais saint.

En 1098, quelques mois après la bulle d’Urbain II, Robert de Molesme créa la communauté de Cîteaux dans le nord de la Bourgogne. Le projet était, comme à Cluny, de fonder une communauté humaine qui préfigurait le paradis. Mais les modalités différaient profondément. La spiritualisation de la « chair » était entendue d’une manière plus radicale et plus élitiste.

En 1120, lorsque le conflit éclata entre Cluny et les évêques, Cîteaux était déjà renommée. Cluny, d’une certaine manière, a engendré Cîteaux, mais Cîteaux n’a pas vaincu Cluny. Les deux communautés représentent deux voies pour construire l’Église dans le siècle : celle de Cluny qui repose sur une répartition hiérarchique des tâches au sommet de laquelle se situent les moines-anges, celle de Cîteaux qui fait des moines-anges des modèles auxquels tous devraient se conformer.


Le jour des morts. Ce nécrologe, composé à la fin du XIe siècle pour le prieuré féminin de Marcigny, en Bourgogne, présente pour chaque jour de l’année le nom des défunts qu’il convient de commémorer à l’office. En rouge, la date, notée dans le système des calendes (VI K : le 6e jour des calendes). Ensuite, les noms des défunts, précédés de la mention Ob., pour obit, le service liturgique qui leur est dédié. C’est Odilon (994-1049), abbé de Cluny, qui a inventé le jour des Morts que nous célébrons encore chaque 2 novembre.

 


Des abbés qui ont compté

 

Odon, le propagateur (927-942)

Originaire de Tours où il fut d’abord chanoine, lettré distingué et inscrit par sa parenté dans les principaux réseaux aristocratiques de France et d’Italie, Odon devient en 927 le deuxième abbé de Cluny. Il obtient du roi Raoul et du pape Jean XI des privilèges qui placent l’abbaye et ses dépendances en dehors de la juridiction des comtes, des évêques et des rois. Il passe l’essentiel de son temps à voyager entre la Touraine, la Bourgogne et le Languedoc pour réformer ou fonder des monastères. Odon est enterré à Tours, auprès du tombeau de saint Martin, son modèle.

Hugues, l’administrateur (1049-1109)

Abbé de Cluny pendant soixante ans, Hugues n’est pas un grand lettré mais un administrateur. Il fait rédiger les usages liturgiques de l’abbaye, obtient des papes l’élargissement des privilèges d’immunité et d’exemption et fait édifier la maior ecclesia, plus vaste édifice de la Chrétienté médiévale. Parrain de l’empereur et ami des papes, il établit des relations avec les rois de Castille, qui lui permettent d’implanter des moines dans le nord de l’Espagne et d’obtenir un cens annuel en or.

Pons, le plus controversé (1109-1122)

Pons obtient les privilèges les plus larges jamais concédés à un abbé de Cluny, dont le droit de porter le pallium, ornement posé sur la chasuble et d’habitude réservé au pape. Sa superbe lui attire l’hostilité des évêques et d’une partie de la communauté monastique alors que se développe le modèle plus humble de Cîteaux. Il démissionne en 1122. Rappelé par ses partisans, il tente de se réinstaller en force sur le siège abbatial en 1125. Condamné, jugé à Rome et refusant de se soumettre au pape, il est emprisonné et excommunié.

Pierre, le réformateur (1122-1156)

Pierre de Montboissier, dit le Vénérable, est élu peu après la démission de l’abbé Pons, et doit faire face au schisme de sa communauté, aux récriminations des évêques contre les privilèges clunisiens, à la volonté d’indépendance de plusieurs abbayes et à l’essor du monachisme cistercien. Il réplique par des mesures concrètes pour réorganiser l’économie monastique et jeter les bases de la structure administrative de la congrégation. Fin lettré, il compose une oeuvre dogmatique et correspond avec toutes les autorités de son temps.

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