Panégyrique prononcé dans la cathédrale d’Orléans. 8 mai 1873.

Lémann, M. L’Abbé Joseph. «Jeanne d’Arc et les héroines juives.»


Jeanne d’Arc et les heroïnes juives (Abbé J. Lémann, 1873)

4e de couverture. Ce panégyrique de Jeanne d’Arc, prononcé le 8 mai 1873 dans la cathédrale d’Orléans, est sans doute l’un des plus beaux qu’ait mérité « la Sainte de la Patrie », bien avant même qu’elle ne fut portée sur les autels.
Il fallait un Juif converti, et la science d’un Monseigneur Lémann, pour établir cet étonnant parallèle entre les saintes de l’Ancien Testament, dont son peuple était dépositaire, et la Sainte du Nouveau Testament.
De Déborah, Judith, et Esther à Clotilde, Geneviève et Jeanne d’Arc, c’est toute l’âme de notre pays de France qui vibre dans ce texte magnifique.

 

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MESSEIGNEURS, MESSIEURS,

Les historiens catholiques ont constaté quelquefois des traits de ressemblance saisissants entre le peuple français et le peuple juif. C’est vrai, les deux peuples se ressemblent. Voici la cause de cette ressemblance. Elle vient de ce que Dieu a conclu avec eux une alliance plus étroite qu’avec tous les autres peuples. En effet, le peuple juif et le peuple franc ayant été choisis, l’un dans les temps anciens, l’autre dans les temps nouveaux, pour être avec le Seigneur dans une alliance plus étroite, il devait nécessairement s’ensuivre que sous bien des aspects, les deux peuples se ressembleraient entre eux. C’était comme deux frères que Dieu faisait naître à l’orient et à l’occident de Son oeuvre. En prenant donc pour point de départ cette belle idée de l’alliance, il serait aisé de signaler des traits de ressemblance extrêmement remarquables entre les deux nations choisies. Je dois me borner à montrer la ressemblance au point de vue du secours envoyé à chacune d’elles.

L’idée d’alliance, Messieurs, réveille l’idée de secours. Quand on fait alliance, c’est pour se soutenir et se défendre. Par suite de l’alliance que Dieu et le peuple juif avaient conclue ensemble, toutes les fois que l’Israélite était menacé dans son indépendance et son territoire, il criait vers le Seigneur, dit l’Écriture ; les enfants d’Israël criaient : au secours, clamaverunt ad Dominum ; et leur allié aussitôt se montrait ; se souvenant du pacte d’alliance, Il s’empressait d’envoyer à Son peuple des libérateurs extraordinaires.

Eh bien ! je remarque avec bonheur la même protection de Dieu à l’égard du peuple français. En ce jour de mémorable anniversaire, le 444è, où le panégyrique de Jeanne d’Arc est confié à un fils d’Israël, voici donc, Messieurs, le plan de discours que je vous apporte. Je veux montrer que toutes les circonstances extraordinaires qui accompagnaient les délivrances chez le peuple Hébreu, se retrouvent dans la délivrance opérée chez vous par Jeanne d’Arc ; toutefois avec cette différence qui est toute à votre avantage : que dans l’épisode de Jeanne d’Arc on constate à chaque pas la supériorité de la nouvelle alliance sur l’ancienne alliance.

Telle est l’idée-mère de mon discours.

En voici maintenant la distribution :

Chez le peuple juif il y avait toujours trois phases dans la délivrance :

1° le choix que Dieu faisait du libérateur ;

2° la lutte contre l’étranger ;

3° le triomphe.

Ce sont les trois mêmes phases que je retrouve chez vous. Mes divisions naturelles seront donc celles-ci :

Le choix du libérateur ;

La lutte contre l’étranger ;

Le triomphe.

 

MONSEIGNEUR,

Votre Grandeur dans deux discours incomparables, et avec Elle d’autres hommes de grand talent, ont vraiment créé ici la statue de Jeanne d’Arc, au front de laquelle on espère que Rome un jour attachera le diadème de Bienheureuse. La statue est achevée, on ne saurait lui rien ajouter. Que Votre Grandeur me permette toutefois de la remercier du fond du cœur pour nous avoir fourni, à nous homme de l’ancienne Loi, le moyen de présenter modestement une sorte de piédestal pour cette belle statue. Le Christianisme est l’épanouissement ou la plénitude ; le Judaïsme est la préparation ou le support. Puisse donc ce que je vais dire Monseigneur, trouver sa place aux pieds de Jeanne d’Arc, moins pour la rehausser que pour avoir le bonheur de s’y rattacher comme un humble support !

LE CHOIX DU LIBÉRATEUR.

I

 

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