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Association Notre Dame de Chrétienté

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FRANCE, ÉDUCATRICE DES PEUPLES

 

« France, fille aînée de l’Eglise et éducatrice des peuples, es-tu fidèle, pour le bien de l’homme, à l’alliance avec la sagesse éternelle ? » disait le Saint-Père en 1980. Éducatrice des peuples… vaste mission pour une nation, lourde charge…, terrible destin. Quelle est la signification de ce titre ?

L’histoire de France nous fait contempler une nation unique, sel de la terre et lumière du monde, phare de la chrétienté durant des siècles. Mais cette nation, ce sont les Français qui, massivement, malgré leurs imperfections toutes humaines, malgré leur indignité, malgré quelques périodes de faiblesses qui sont autant d’occasions de remontées, ce sont les Français qui, durant des siècles, chacun à leur place, ont accompli ce que Dieu demandait d’eux : qu’ils fassent leur devoir, et ce devoir, ils l’ont accompli avec panache, devoir d’honorer, de louer et de servir Dieu, devoir de témoignage et de vie chrétienne, devoir d’exemple, devoir d’état, dans leurs familles, dans leurs métiers, dans leurs institutions.

La France, ce sont des hommes, qui, individuellement, on fait ce choix de suivre le Christ, ce sont des hommes qui, collectivement, ont constitué une nation chrétienne, accomplissant ainsi la vocation que Dieu leur a donnée.

Une vocation, cela ne se choisit pas, c’est Dieu qui appelle, qui désigne, qui commande. On serait tenté de se dire « Pourquoi moi ? Ne suis-je pas indigne ? D’autres feront mieux que moi ! » ou encore « Je fais déjà tellement pour vous, comment faire plus ? », ou encore « Qu’importe si je ne fais pas, d’autres le feront à ma place », et pourtant, l’immense cohorte des saints de France nous montre quelle a été la réponse de ce peuple né barbare : « Fiat voluntas tua ». Que votre volonté soit faite… parce que vous le voulez et non parce que je le veux… non pas ma croix, celle que j’ai choisie, mais la vôtre. Mystérieux pacte entre Dieu et les hommes, mystérieuse alliance entre une nation et la divinité. « Si tu savais le don de Dieu » nous dit Notre-Seigneur.

La France et les Français ont accepté cette invitation, « Prends ta croix et suis-moi » et nous pouvons être fiers de ce passé glorieux que l’histoire offre à nos yeux. Car non seulement la France a été chrétienne, pleinement chrétienne, mais elle a rayonné, témoignant auprès des peuples des dons de l’amour divin, elle a transmis l’Espérance divine, elle a soulagé les misères à la chaleur de l’amour du Christ. Quelle nation peut prétendre avoir ainsi autant mené les peuples sur le chemin de la sainteté ? Par ses saints, par ses docteurs, par ses missionnaires, par ses religieuses, par ses laïcs, la France a préparé les âmes au règne du Sauveur… « Fiat voluntas tua », parce qu’elle a accompli la volonté de celui qui est la Voie, la Vérité, la Vie.

D’aucuns ne verront dans ce passé glorieux que des zones d’ombre : conversions forcées, guerres de religion, inquisition, croisades. « Quel exemple donné au monde ! » diront-ils. « N’est-ce pas la preuve de l’hypocrisie du christianisme ? » Cette sainteté ne porte pas de fruits. Au contraire, c’est bien la preuve de sa divinité. Que des hommes aussi médiocres, aussi peu brillants ou talentueux, aient pu ainsi étendre le règne de la civilisation de l’amour, c’est un miracle. Car quelle civilisation peut prétendre avoir autant transformé les hommes, les tirant de leur barbarie vers la lumière du Créateur, illuminant dans son sillage les arts, les lettres, les œuvres de l’esprit ou du corps, le soulagement de la pauvreté, le secours au plus faible ? Quelle civilisation peut prétendre avoir autant fait pour le monde ? Nous pouvons être fiers de « La France missionnaire ».

De pécheurs, Dieu a fait les instruments de sa volonté. En se sanctifiant, en accomplissant la volonté divine, le peuple de France a répandu la paix, l’attention à autrui, les arts, la culture. « Cherchez d’abord le royaume des deux et le reste vous sera donné par surcroît ». Par ses ramifications, la chrétienté a répandu la sève de la civilisation. « France, éducatrice des peuples… «  : Éduquer, voilà le maître mot : transmettre, élever, faire croître, soutenir, amener à maturité, c’est une tâche bien rude, et pour cela, nul besoin de se croire parfait. Il faut vouloir l’être, le vouloir chaque jour, même si la perfection nous semble chaque jour plus difficile à atteindre… ne jamais s’arrêter, ne jamais revenir en arrière et transmettre inlassablement.

Éduquer, c’est aider notre prochain à progresser sur le dur chemin de la vie chrétienne et de la vie tout court. Dieu nous a créés dépendant les uns des autres, nous ne pouvons y échapper ; pour éduquer, ne croyons pas qu’il faille déjà être un saint. Mais nous avons reçu un trésor plus précieux que tout et Dieu attend de nous que, malgré nos fautes, nous le communiquions. Il nous demande peu de choses et pourtant « la moisson est abondante et les ouvriers peu nombreux ».

D’autres prétendront que ce destin collectif n’est plus d’actualité et que le temps des nations chrétiennes est révolu. Mais le destin d’une nation n’est-il pas celui de tous ses membres ? Une expression populaire veut que « les petits ruisseaux fassent les grandes rivières ». C’est par notre action individuelle, mais menée en commun, visant à établir pour tous les bienfaits de la charité, que nous accomplirons véritablement notre devoir de baptisés. Ne pas souhaiter une France chrétienne pour le bienfait de tous nos frères en Jésus-Christ, c’est ne pas aimer Dieu lui-même.

D’autres, enfin, diront que la France n’a pas plus à jouer un rôle que les autres, et que les faits passés ne témoignent pas d’une vocation permanente. Les faits montrent le contraire. Dans le bien, comme dans le mal, un pays comme le nôtre reste imité. N’avons-nous pas été jusqu’à « exporter » notre révolution dévastatrice, et, aujourd’hui, nos législations sur l’avortement, la contraception, les manipulations génétiques, et peut-être demain l’euthanasie, ne sont-elles pas citées en exemple, copiées, utilisées comme arguments pour légiférer ailleurs ?

« Chrétiens, n’ayez pas peur » nous dit le Saint-Père. Saurons-nous aujourd’hui, à la veille de ce 13ème pèlerinage, nous ressouvenir de ce glorieux passé, non pour en tirer la nostalgie d’époques révolues, mais pour que demain, par notre témoignage individuel, par nos actions communes, la France prie, se sanctifie et que Jésus-Christ soit mieux connu et mieux aimé ? Saurons-nous, nous qui avons tant reçu, éduquer à la foi nos enfants, d’abord, mais aussi tous nos frères, surtout ceux qui ne connaissent pas Jésus-Christ ?

Ce 15ème centenaire ne sera-t-il qu’une célébration d’anciens combattants de la foi se lamentant sur les malheurs des temps ? Prions, réparons, portons notre croix, et jetons-nous dans la bataille. Dieu attend chacun de nous, à l’avant-garde des combats de l’heure présente, pour que son règne vienne. Depuis le baptême, nous sommes marqués du signe de la foi. N’en rougissons pas, car cette croix, lourde à porter sur terre, sera notre gloire dans les deux.

« Pèlerin, frère de Jésus-Christ et éducateur de ton prochain, es-tu fidèle, pour le bien de l’homme, aux promesses de ton baptême ? »

CHAPITRE SAINT-JOSEPH

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