source : http://www.historia.fr


Philosophe et théologien, c’est un des plus grands intellectuels du Moyen Âge, à la personnalité remarquable mais déconcertante, déjà moderne mais encore très médiévale, qui a séduit autant qu’il s’est fait haïr. Né au Pallet, près de Nantes, en 1079, d’une famille de petite noblesse, on le destine au métier des armes, mais, passionné pour les études, où il excelle, il préfère aller de ville en ville à la recherche des meilleurs professeurs : il écoute ainsi, à Loches, Roscelin, le maître du nominalisme, puis, à Paris, Guillaume de Champeaux, le maître du réalisme, qui enseigne au cloître Notre-Dame, à côté de la cathédrale. Pierre est son élève attentif, mais bientôt il le réfute et va professer lui-même à Melun, à Corbeil, avant d’ouvrir une école à Paris, sur la montagne Sainte-Geneviève : les étudiants affluent, séduits par le conceptualisme d’Abélard, qui démontre que les idées générales ne sont ni de simples mots ni des êtres réels, indépendants, mais des concepts fixes et nécessaires de l’esprit et que nos idées sont vraies ou fausses selon qu’elles correspondent ou non aux structures réelles des êtres dont nous parlons. À vingt-deux ans, Abélard connaît ainsi une gloire considérable, mais il voudrait aussi surclasser les théologiens de son temps. Il se met donc, en 1113, à l’école d’Anselme de Laon, puis, l’ayant contredit, il revient à Paris, où il connaît de nouveaux succès et devient chanoine de Notre-Dame. Il loge alors chez le chanoine Fulbert, qui lui confie l’éducation de sa nièce, Héloïse, une jeune fille de dix-sept ans aussi belle qu’intelligente. Leurs amours passionnées sont d’abord secrètes, mais l’oncle ne tarde pas à les découvrir et Héloïse, enceinte, est enlevée par Abélard, qui la cache en Bretagne ; ils se marient en secret, puis Abélard fait entrer Héloïse à l’abbaye d’Argenteuil. Fulbert, apprenant la chose, se venge brutalement en faisant mutiler Abélard, qui, pour cacher sa honte, se retire alors à l’abbaye royale de Saint-Denis, qu’il doit bientôt quitter pour s’y être rendu odieux. Il reprend ses cours, à Provins, où il traite de la Sainte-Trinité, mais ses opinions sont condamnées au concile de Soissons en 1121. Comme on le croit soumis, il regagne Saint-Denis mais ne peut y rester et s’installe dans un ermitage près de Troyes, le Paraclet, où il réunit une foule de disciples, avant d’être appelé comme abbé à Saint-Gildas-de-Rhuys, où il aura maille à partir avec ses moines. Il revient donc enseigner à Paris, mais il est condamné par saint Bernard au concile de Sens en 1140. Il trouve alors refuge auprès de Pierre le Vénérable, à Cluny, où il connaît une vie de solitude, de silence et de prière avant de mourir, en 1142, réconcilié avec saint Bernard.

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