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Margueron, Jean-Claude. DIRECTEUR D’ÉTUDES À L’ÉCOLE PRATIQUE DES HAUTES ÉTUDES. Comptes rendus des séances de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres Année 1996 Volume 140 Numéro 3 pp. 1003-1011

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Les multiples facettes d’un Orient fascinant

Peut-on s’interroger sur l’étrange attrait qu’un Orient millénaire exerce sur un Occident que l’on peut, sans peine, considérer comme jeune à bien des égards ? Y a-t-il autre chose que l’attirance d’un rejeton à l’égard d’une aima mater ? Mais, si nous nous engageons sur ce chemin, ne convient-il pas de nous demander, d’entrée de jeu, de quand date la fascination qui fait qu’au cours des âges l’Occident a semblé regarder l’Orient en ignorant bien souvent le reste du monde ?

Est-ce depuis que les écrivains romantiques accomplirent leurs périples initiatiques à la recherche d’horizons nouveaux, sous l’effet d’un spleen qui poussait certains à la recherche de paradis artificiels ? Est-ce lorsque l’humanisme de la Renaissance incita les voyageurs occidentaux à découvrir les pays riverains de la Méditerranée où naquit une pensée de type rationaliste ? Faut-il penser que certains Croisés étaient motivés autant par la ferveur religieuse que par un attrait exotique, peut-être davantage provoqué par le désir obscur d’entrer au cœur – ou dans le cadre – d’une religion adverse et concurrente ? Non : il faut remonter certainement bien au-delà, jusqu’à la civilisation grecque, pour constater l’attrait qu’exercent alors, en pleine période dite classique, une Egypte jugée mystérieuse, un monde perse où les valeurs morales du Bien et du Mal jouaient un rôle dominant, une Mésopotamie où la démesure des jardins suspendus de Babylone ou de la Tour qui monte à l’assaut du Ciel fait frémir ou rêver le citoyen d’Athènes. L’Orient apparaît bien alors comme un monde étranger à la mentalité grecque, puis romaine, mais l’attrait de l’inconnu se manifestera peu ou prou au travers des écrits d’Hérodote, de Strabon ou de Diodore de Sicile. Et finalement, l’Orient mystérieux envahira la Rome raisonnable par les cultes d’Isis, de Mithra et de la Grande Mère Syrienne.

L’oubli, pourtant, a recouvert comme une chape de plomb ce monde si divers de l’Orient préclassique. Seule la Bible en a perpétué le souvenir ; mais alors l’Orient apparaîtra pour longtemps constitué seulement par Jérusalem et Bethléem, le pays d’Israël, et par les quelques souvenirs d’un environnement souvent lointain et mythique comme Babylone et sa tour, Ninive et son immensité… Ce sont pourtant ces pauvres rappels qui maintiendront le souvenir d’une tradition ; ce sont ces traces que certains Croisés et surtout des voyageurs parfois érudits et désireux d’obtenir des informations sur des pays encore mal connus, chercheront à retrouver sur des collines désolées de régions désertiques et à fixer dans l’espace ; au XIIe siècle, Benjamin de Tudèle, dont les identifications furent souvent assez fantaisistes, avec des exceptions notables cependant comme l’identification correcte du site de Ninive, marque le début d’une théorie d’explorateurs qui ira en s’amplifiant : au XVIe Rauwolf, médecin souabe, et les anglais Anthony Sherley ou John Eldred, puis au XVIIe siècle, parmi d’autres de plus en plus nombreux, Pietro délia Valle, Jean-Baptiste Tavernier et Jean Chardin bientôt suivis au XVIIIe de Karsten Niehbur, et du botaniste Michaux qui rapportera le premier kudurru connu, tandis qu’à Paris l’abbé Barthélémy, « le père de l’épigraphie phénicienne et araméenne », cherchait à conseiller les voyageurs sur le choix des documents recouverts d’écriture qu’il fallait rapporter en France.

Au vrai, c’est le retour aux sources bibliques qui, depuis le Moyen Age, motiva nombre de voyageurs qui confrontaient l’enseignement religieux de leur enfance à la réalité qu’ils découvraient ; Gustave Flaubert, dans une lettre au Dr Jules Cloquet, exprime clairement cette attitude : « Si vous voulez savoir ce que j’ai vu de plus beau, ce qui me plaît le mieux enfin de toutes les choses diverses qui m’ont passé sous les yeux depuis onze mois bientôt que je suis en mouvement… [suit une évocation des monuments égyptiens et]… En Syrie nous vivons en pleine Bible, paysages, costumes, horizons, c’est étonnant comme on s’y retrouve. Les femmes que l’on voit aux fontaines à Nazareth ou à Bethléem sont les mêmes qu’au temps de Jacob. Elles n’ont pas plus changé que le ciel bleu qui les couvre » (La Pléiade 685-686).

Ce qui attire les Occidentaux c’est en premier lieu le rapport entre les Lieux Saints et la Bible ; c’est bien souvent ensuite, au cœur de ce siècle, qui oscille entre une foi renouvelée et un rationalisme positiviste, la question des origines du christianisme dont E. Renan, avec sa Vie de Jésus, apparaissait au centre du débat ; parfois enfin c’est la nature du judaïsme qui est au centre de l’interrogation, plus rarement celle de l’islam.

Mais on sent aussi la fascination devant un Orient que l’on considère, étonnante contradiction, à la fois comme immuable et proche de sa disparition : on veut retrouver, en raison d’une prétendue permanence – et l’on ne peut s’empêcher de repérer dans cette idée les bases de l’ethno- archéologie contemporaine – à travers l’image actuelle du pays, son apparence ancienne et ce, tant qu’il en est temps encore : c’est le cri de Flaubert dans une lettre écrite de Jérusalem à Théophile Gautier, le lundi 13 août 1850: «Quittez donc Paris… et venez avec nous. Quel soleil ! quel ciel, quels terrains, quel tout ! Si vous saviez ! Il est temps de se dépêcher. D’ici à peu l’Orient n’existera plus. Nous sommes peut-être des derniers contemplateurs » (La Pléiade 663). L’Orient traditionnel qui se meurt et dont il faut saisir sans attendre les vérités profondes, voilà un thème récurrent depuis un siècle et demi chez tous les visiteurs et découvreurs du Proche-Orient ! Voilà aussi ce qui explique le désir d’en connaître plus sur ses origines.


De la Bible aux premières fouilles

Cependant les motivations de l’ensemble du monde savant ou cultivé de l’époque romantique, qui sont restées assez longtemps les mêmes, basculent en 1842 avec la première fouille conduite par le consul de France à Mossoul, Paul-Emile Botta, sur les sites de Quyundjiq et de Khorsabad. Pour la première fois, des œuvres provenant d’une capitale royale assyrienne refont surface en grande quantité.

L’impact de cette découverte fut énorme : il suffît de constater le succès du musée Assyrien installé au musée du Louvre et ouvert au public en 1847, soit moins de 5 années après les débuts de l’exploration, ou de lire dans la revue d’inspiration saint-simonienne le Magasin Pittoresque le compte rendu des découvertes pour comprendre à quel point le public était prêt à accepter, à comprendre l’irruption d’un chapitre nouveau dans l’histoire de l’Antiquité.

Il y aura, certes, des résistances à cette découverte qui ne s’imposera pas d’emblée, malgré le sentiment que nous pouvons en avoir maintenant parce que le temps lime toutes les aspérités de l’histoire. Certains refusèrent les premières évidences comme en fait foi le Premier Mémoire sur les ruines de Ninive, adressé le 20 février 1850 à l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres par Ferdinand Hoefer (Firmin Didot, Paris, 1850), suivi d’un Second Mémoire… le 24 mai 1850 où l’attribution à la civilisation assyrienne des ruines retrouvées par Botta était tout à fait contestée puisque la conclusion était ainsi énoncée : « 1) les ruines de Ninive, si elles existent, ne peuvent point avoir été trouvées là où on les a cherchées. 2) Les monuments découverts sur les bords du Tigre sont les commentaires sculptés des auteurs anciens qui nous parlent des Mèdes, des Perses et des Parthes » (p. 51 du second mémoire).

Ce n’est qu’un exemple, mais il est suffisant pour montrer que les nouvelles découvertes n’ont pas toujours été admises, et qu’il a fallu dépasser de fortes résistances pour établir les bases d’une histoire ancienne du Proche-Orient.

C’est dans le même moment que les écritures cunéiformes commencent à livrer leurs secrets grâce aux travaux de savants dont il n’est pas possible de rappeler ici les noms ni chacune de leur contribution et dont on retiendra seulement Grotefend et surtout Rawlinson. Que les objets d’art, et ceux de la civilisation matérielle, aient été retrouvés alors même que certains signes cunéiformes commençaient à être compris, n’est-ce pas là l’indice que l’intérêt, pour un Orient plus ancien que celui que découvraient les voyageurs, devenait une exigence ?


La découverte de la diversité des civilisations anciennes

A partir de ce milieu du XIXe siècle l’exploration archéologique va connaître un développement significatif et, à bien des égards, important, quoique nullement régulier. Après la fermeture du chantier de Khorsabad par Victor Place en 1855, et si l’on passe aux profits et pertes la mission Fresnel en Babylonie, il faudra attendre 1877 pour qu’une nouvelle mission française dirigée par Ernest de Sarzec, consul à Bassorah, explore en Mésopotamie méridionale le site de Tello et, en exhumant une collection de statues d’une facture inconnue jusqu’alors, ainsi que des textes cunéiformes différents de ceux découverts en Assyrie, mette en évidence l’existence de la civilisation sumérienne. Sur le littoral de la Méditerranée la Mission en Phénicie d’Ernest Renan en 1860 et 1861 marquait, quant à elle, l’ancrage possible, et potentiellement fécond, de recherches archéologiques au point de contact entre l’Orient et l’univers des civilisations grecque et romaine, point de départ aussi de l’étonnante expansion phénicienne.

Ainsi, au début du XXe siècle, voyait- on se dessiner l’image d’un âge d’or de l’Orient ancien avec les civilisations sumérienne, babylonienne, assyrienne et phénicienne, tandis que l’Egypte rayonnait de toute la splendeur de ses monuments et de ses trésors et que le monde hittite commençait à laisser entrevoir son existence. Certes, les prestigieuses découvertes de Troie et de Cnossos estompaient partiellement dans l’esprit des classes cultivées l’impact de ces civilisations plus lointaines dans l’espace et parfois dans le temps. Mais on sentait bien que la Mésopotamie et la Syrie avaient été le terrain d’élection de sociétés aussi diverses que brillantes et que les villes avec leurs temples et leurs palais avaient atteint un haut degré de raffinement, même si le souci des constructions impériales et le fracas des armes s’imposaient d’abord à l’attention des historiens.

Jusqu’alors la renaissance du passé proche-oriental avait été le fait de missions suscitées au coup par coup, pourrait-on dire, par les gouvernements français de Louis -Philippe, de Napoléon III ou de la République, seconde ou troisième. Il n’y avait guère alors de politique suivie ; la compétition avec les Anglais, puis les Allemands avait été le moteur, ou la cause déclenchante, de la progression des fouilles.


L’Orient comme source de notre civilisation

A l’issue de la crise de la Première Guerre mondiale la carte du Proche-Orient est profondément modifiée et les conditions de travail des archéologues s’en sont trouvées totalement transformées. La création des frontières a segmenté l’Orient, mais aussi la recherche archéologique.

La disparition de l’Empire ottoman et l’installation d’une administration mandataire sur la Syrie, l’Irak et la Jordanie conduisit à la création de services d’antiquités nationaux jaloux de leurs prérogatives, soucieux de mettre en valeur le patrimoine archéologique, de préserver les monuments, de restaurer les ruines qui pouvaient l’être, de contrôler le travail de recherche sur les terrains de fouille et de préserver les droits nationaux sur les antiquités.

Au Liban et en Syrie dont la France avait reçu le mandat, les ruines de l’époque classique – Baalbeck, Palmyre, Apamée, les temples de la Bekaa -, ou celles du Moyen Âge – châteaux des Croisés, palais ommeyades, monuments civils et religieux des villes – ont fait l’objet des recherches et des travaux de protection du service des antiquités dans le cadre d’une politique de mise en valeur. C’est alors que l’importance réelle de la civilisation classique en Orient s’est imposée dans les pays occidentaux.

Parallèlement le développement des études assyriologiques et bibliques conduisit à prendre conscience que l’acquis des découvertes du XIXe siècle avait ouvert à la recherche archéologique un champ immense qu’il convenait de mettre en œuvre si l’on voulait chercher à préciser le contexte dans lequel s’était développée la pensée qui avait donné naissance aux trois grandes religions monothéistes. Ce sont alors les sources de la civilisation occidentale que l’on cherche à retrouver dans le sol des tells.

Les conditions sont tout à fait favorables à une activation des recherches sur le terrain et Beyrouth, plus que par le passé, devient la porte d’entrée, le point de départ des explorations et des missions archéologiques, pour une grande part du fait de l’aide que leur procure la présence d’un service des antiquités. La progressive modernisation du pays et la construction de routes facilitent les déplacements et, si les expéditions ne sont pas toujours de tout repos, l’esprit scientifique prime de plus en plus sur l’esprit d’aventure. Pourtant c’est toujours cette fascination de l’Orient qui provoque les vocations, d’un Orient qui, derrière l’exotisme de façade, apparaît capable de répondre aux questions que se posent l’historien, le philosophe, le croyant sur les origines de la civilisation.

C’est alors, entre les deux guerres, pour des raisons où le hasard a souvent joué un grand rôle, qu’apparaissent en Syrie les premières missions françaises dont certaines promises à un grand avenir. Après l’épisode, en 1922 et 1923, des fouilles de Franz Cumont à Doura-Europos, travaux qui seront repris entre 1928 et 1937 dans une expédition conjointe de l’Académie des Inscriptions et de l’Université de Yale, c’est F. Thureau-Dangin qui, après quelques jours de recherche à Ashara en 1923, inaugure ces missions en Syrie avec les fouilles d’Arslan Tash et de tell Ahmar de 1928 à 1931, tandis que Cl. Schaeffer ouvre les chantiers de Mineit el Beida et de Ras Shamra presque en même temps. A partir de 1933 André Parrot abandonne l’Irak, où la France n’avait fait depuis la guerre que de timides apparitions, et se consacre entièrement à Mari. Enfin l’exploration de Byblos par Maurice Dunand marquait aussi l’implantation de puissantes entreprises de fouille sur la côte libanaise.

Les chantiers d’Ugarit, Mari et Byblos sont ceux où une action de longue durée a non seulement assuré des découvertes archéologiques et épigraphiques uniques dans les annales de la recherche orientale, mais a permis aussi la formation des chercheurs de la génération suivante.


L’Orient premier foyer de la sédentarisation, les débuts de l’agriculture et des premiers villages, le développement du commerce et la naissance des villes

Les bouleversements issus de la Seconde Guerre mondiale donnent naissance à un nouveau cadre qui va favoriser le développement des activités archéologiques ; la transformation des services archéologique mandataires en services strictement nationaux avec le désir de retrouver leurs racines, une politique de coopération entre les États, la création par Henri Seyrig de l’Institut français d’Archéologie de Beyrouth, qui, en devenant Institut français d’Archéologie du Proche-Orient, a diversifié ses activités et les a rendues plus présentes dans chacun des pays concernés, Liban, Syrie et Jordanie, suivi peu après d’une Délégation Archéologique Française en Irak dirigée par Jean-Louis Huot, ont favorisé le développement de bases logistiques efficaces ; grâce à elles, le travail des missions archéologiques a été grandement facilité. Tout cela explique qu’en dépit des aléas historiques la recherche sur le terrain ait connu un développement exceptionnel.

Dans un premier temps cependant, jusque durant les années 60, il semblait que l’exploration sur le terrain par les missions ne faisait que poursuivre l’action à l’image de ce qui s’était fait avant la guerre. La reprise des expéditions à Ugarit et à Mari, le dégagement systématique de Byblos pouvaient paraître dans le droit fil des modes traditionnels. Mais une nouvelle fois les découvertes ont entraîné une profonde mutation.

Deux raisons l’expliquent. La première, conjoncturelle, vient d’une volonté d’intense développement et de mise en valeur régionale pratiquée dans les différents pays ; la création, en particulier, de grands lacs de barrage destinés à l’irrigation et à l’électrification a rayé de la carte des régions archéologiques particulièrement riches : une politique de reconnaissance, de fouille et de sauvetage des sites a accompagné ces grandes opérations et a donné un coup de fouet à la recherche. La seconde, plus profonde, répond à une avancée de la réflexion concernant la nature du travail archéologique avec la prise de conscience de l’intérêt des prospections systématiques de surface, de l’apport de nouvelles techniques de recherche et surtout de la nécessité de la pratique de la pluridisciplinarité.

C’est pourquoi, depuis une trentaine d’années, on voit se développer, en plein accord avec l’IFAPO, un grand nombre de missions provenant du ministère des Affaires étrangères ou du C.N.R.S., indépendantes de l’IFAPO ou qui lui sont liées de façon plus ou moins organique, et dont l’objectif maintenant est de comprendre les mécanismes de la transformation d’une humanité qui, d’une société de chasseurs -cueilleurs, passe à celle de sédentaires, éleveurs, agriculteurs et artisans, puis à une autre qui, tout en s’appuyant sur la production agricole ou animale, vit dans des villes en faisant d’un artisanat amplifié et transformé la base d’un système d’échange qui conduira un jour à une économie moderne.

Cette quête des fondements et de l’établissement des étapes qui ont conduit à notre société, quête qui est au cœur de la recherche contemporaine, a pour une grande part été le fait de missions qui, à côté des expéditions de Mari et d’Ugarit, ont multiplié les recherches sur le terrain avec l’appui de l’IFAPO : celui-ci a intégré dans ses programmes l’étude de l’Orient ancien avec, en particulier, les prospections menées par Frank Braemer en Syrie du Sud portant sur le chalcolithique, l’Âge du bronze et la fouille du site de Khirbet el Umbashi ; ce sont les travaux de Jacques Cauvin à Mureybet et à el Kowm, sans oublier ceux qu’il a conduits en Turquie avec toute son équipe et Olivier Aurenche, de Henri de Contenson à Ramad ou à Ras Shamra, ce sont les prospec-tions géomorphologiques de Paul Sanlaville, Jacques Besançon et Bernard Geyer, ce sont les nouvelles fouilles de la plaine du Khabur, Jean-Marie Durand à Mohamed Diab et la prospection céramique de Bertille Lyonnet, ou dans la vallée du même nom sous l’égide de l’IFAPO à tell Mashnaqa par J.-Y. Monchambert et Dominique Beyer, ce sont les recherches en cours conduites dans la région du futur lac Tishrin par Danièle Stordeur et Luc Bachelot, ce sont enfin, toujours pour la Syrie, les entreprises nouvelles qui ne sont pas générées par l’urgence comme les fouilles de la mission conjointe franco -syrienne de J. Lagarce et Adnan Bouni à Ibn Hani, les recherches de Paul Courbin à tell Bassit reprises maintenant par Jacques Perrault, celle de Terqa/Ashara par Olivier Rouault, de Doura-Europos par Pierre Leriche ou celle de Syrie du Nord par George Tate. Par ailleurs, en Jordanie, Geneviève Dollfus explore le site de tell Abu Hamid dans la vallée du Jourdain et, dans le Liban Nord, le chantier de tell Arqa, ouvert par le Professeur Ernest Will lorsqu’il assurait la direction de l’IFAPO est maintenant dirigé par Jean-Paul Thalmann.

Quelle étonnante expansion que celle des missions archéologiques qui ont accompagné, de manière indépendante, le développement propre de l’IFAPO !


Conclusion

La nostalgie étreint souvent le cœur de ceux qui visitent les tells désolés qui parsèment les étendues plus ou moins désertiques du bassin syro-mésopotamien ; au fond, la tristesse qui surgit des ruines du passé n’a d’égale que la joie de redécouvrir la qualité des civilisations dont elles conservent les traces, qu’il faut apprendre à lire et que nous avons la chance insigne de pouvoir explorer. L’Institut français d’Archéologie du Proche-Orient, né de la pensée d’un serviteur exceptionnel de l’archéologie au Proche-Orient, n’a cessé de servir l’objectif de tous les archéologues, ceux qui lui sont rattachés ou les missionnaires, mais qui, tous, écoutent cet appel de l’Orient pour retrouver nos propres origines.


https://www.persee.fr/doc/crai_0065-0536_1996_num_140_3_15652

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