Discours sur la langue française .. (1913) - Paul Hazard
Discours sur la langue française ACADEMIE FRANCAISE, Prix d’éloquence 1912 Paris Librairie Hachette (1913, 58 pages) – Paul Hazard, chargé de cours à l’Université de Lyon

 

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REPRODUCTION DU CHAPITRE I
pages 5 à 22

 

On ne peut parler ici de la langue française, sans se souvenir d’un autre concours, si célèbre que le bruit en a rempli le monde, et ne s’est pas encore éteint : celui qu’institua l’Académie de Berlin, il y a plus d’un siècle ; celui qui rendit fameuse la fière devise de Rivarol : Tu regere eloquio populos, Galle mémento… C’est de là qu’il faut partir ; nous ne sommes pas maîtres de notre choix ; héritiers responsables, nous avons des comptes à rendre : rendons-les. Sinon, nous trahirions notre passé, et nous semblerions avoir peur. Nos ancêtres nous ont légué notre langue comme universelle : qu’est-elle devenue ? Et qu’en avons-nous fait ?

Poser ainsi la question, ce n’est pas esquiver les problèmes que soulève en France l’heure présente ; car il y a des rapports nécessaires entre l’extension d’une langue et son état intérieur. Mais ce sera les traiter, peut-être, plus largement, comme il convient à un débat que l’étranger écoute : sans les dénigrements systématiques qui décèleraient des âmes aigries ; sans éloges excessifs, dernière et vaine ressource des peuples vaincus.

Pour notre part, nous estimons que la langue française n’a point perdu sa place privilégiée. Sans doute, elle a subi le sort commun à toutes les dominations : elle s’est transformée : mais pour durer plus sûrement. C’est l’histoire de cette domination que nous voudrions suivre. Nous voudrions montrer de quels éléments caducs elle a dû se débarrasser ; de quels éléments nouveaux elle s’est renforcée quelles conditions enfin réclame son avenir.

Ce qu’il faut bien dire, c’est que dans l’universalité du français, telle qu’on la concevait autrefois, entraient deux idées très distinctes. L’une était celle d’extension : par le mérite de son clair génie, notre langue se répandait au loin, chez tous ceux qui se piquaient de culture. L’autre était celle d’hégémonie : fiers de la puissance politique de cette France « qui tenait dans ses mains la balance des empires » ; sceptiques en tout, mais autoritaires et dogmatiques dès qu’il s’agissait de littérature et de goût, les contemporains de Rivarol prétendaient imposer le français à leurs voisins, et le substituer même à des langues nationales méprisées. Cette seconde idée n’était pas essentielle à la notion d’universalité ; et elle portait en elle tout le danger des ambitions démesurées. Or, l’œuvre du XIXè siècle sera de l’abolir.

Déjà le XVIIIè siècle avait commencé. Si l’on ne s’attardait, d’ordinaire, à rechercher complaisamment les raisons qui expliquent notre hégémonie, on verrait qu’au moment précis où nous la proclamions, les autres la discutaient. On s’apercevrait qu’en Angleterre, elle n’a jamais été admise tout à fait.

On se rappellerait qu’en Allemagne, Lessing a écrit sa Dramaturgie de Hambourg dès 1767 — lourde machine lancée contre nous. On découvrirait qu’en Italie même commence à souffler un vent de rébellion ; on lirait les pamphlets de tant de gallophobes obscurs et convaincus, Galeani Napione à Turin, Gian Battista Vélo à Vicence, Andréa Rubbi à Venise, qui dénoncent à l’envi le danger que le français fait courir à leur pays ; et on conclurait que la vérité que Rivarol formule, ayant atteint son point de maturité, s’applique au passé plutôt qu’à l’avenir. Elle est ébranlée par la poussée des peuples, chacun arrivant alors à la pleine conscience de lui-même, et chacun revendiquant l’exercice de sa langue comme signe public de sa nationalité. Car les nations apparaissent, à la fois timides et ardentes, désireuses de manifester une existence encore incertaine, comme pour se provoquer elles-mêmes à vivre. Elles n’ont pas de force guerrière à leur disposition ; l’unité du territoire ne leur apparaît que comme un idéal incertain ; mais pauvres de réalités, elles sont riches de velléités intellectuelles et sentimentales. Les historiens, les critiques, les professeurs, tous ceux qui ont trouvé dans les livres des aïeux le souvenir d’une tradition, vont répétant que tout pays a besoin, s’il veut vivre, d’une âme et d’un langage qui soient bien à lui : l’âme aussi fière que possible ; le langage aussi pur, aussi dégagé que possible de tout élément étranger. Les écrivains suivent ; tel cet Alfieri, qui par un prodigieux effort de volonté désapprend notre langue pour apprendre la sienne. Seulement, les plus hardis parmi les révoltés en sont encore à s’étonner de leur propre audace ; leur patriotisme a des airs de paradoxe ; leurs efforts, si vigoureux qu’ils soient, restent incohérents et confus ; l’hymne qui s’élève à notre louange étouffe leurs cris discordants.

Et voici l’effet le plus curieux sans doute de notre Révolution, le moins observé et le plus sûr. Au premier moment, sa formidable impulsion répand notre langue partout où pénètrent nos idées : depuis Londres, où des clubs se forment pour commenter la déclaration des droits de l’Homme, jusqu’à Koenigsberg, où Kant pleure en la lisant ; depuis les humbles villages de la Basilicate, où les passants s’écrient : nous voulons faire comme les Français ! Jusqu’à Moscou, où l’on s’embrasse dans les rues, parce qu’une ère de félicité va commencer pour les mortels. Nos armées sillonnent les routes de l’Europe : elles s’arrêtent : nos soldats entrent chez l’habitant, s’approchent du foyer, bercent l’enfant ; et les parents, craintifs devant des gens qu’on leur avait dépeints comme si terribles, sont surpris d’entendre dans leur bouche une langue empreinte de tant de douceur. Surgissent des républiques, à limage de la nôtre : à la tribune des sociétés populaires, qui répètent nos discours ; dans les théâtres, qui donnent nos pièces sans y rien changer ; autour des arbres de la liberté ; sur les places publiques, où l’on célèbre la Grande Nation, le français retentit : il y a des endroits où l’on ne distingue plus, dans l’étrange patois amené par la conquête, la langue du vaincu de celle du vainqueur. Les livres des philosophes, les brochures des politiciens, les feuilles volantes, nos journaux innombrables, nos chansons, les grossières comme la Carmagnole, les héroïques comme la Marseillaise, deviennent les textes de nos leçons. Notre nouveau drapeau prétend faire le tour du monde ; notre langue ne le prétend pas moins.

C’est une invasion spontanée, et c’est une invasion consciente. Le Français, devenu jacobin, ne renonce pas au rêve de l’hégémonie. L’idée de la prédominance sur les nations voisines obsède son esprit ; il a pour sa langue, « que ses ancêtres ont portée à un si haut point de gloire », une tendresse dont il ne rougit pas. Un motif s’ajoute à ceux qu’on avait déjà de l’admirer et de la répandre : « elle sera désormais l’interprète de la liberté ». La plus belle de l’Europe, « celle qui, la première, a consacré franchement les droits de l’homme et du citoyen, celle qui est chargée de transmettre au monde les plus sublimes pensées et les plus grandes spéculations de la politique », celle-là doit inspirer l’orgueil de sa prééminence. « Cette race de brigands qu’on nomme rois et princes rend hommage à notre langue ; ils l’ont introduite dans leurs cours ; les cours passeront, les peuples resteront ; à leur tour, ils honoreront notre langue en adoptant nos principes : déjà chez plusieurs elle est usitée… » Ainsi parle l’orateur républicain à la Convention : et l’assemblée déclare qu’il appartient au français, « qui depuis quatre ans se fait lire par tous les peuples, qui décrit à toute l’Europe la valeur de quatorze armées », de devenir universel. Tout nous sert alors, et jusqu’aux ennemis ou aux victimes mêmes de la Révolution : s’il est vrai que les émigrés se refusent à parler l’allemand en Allemagne ; s’il est vrai que dans une petite ville du Suffolk, à Bungay, les habitants se montrent du doigt, au passage, un professeur de français qui s’appelle le vicomte de Chateaubriand.

Ainsi, en peu d’années, notre hégémonie semble s’étendre au loin. Pourtant, l’effet durable de la Révolution est de la ruiner dans son principe même, en établissant ou en fortifiant partout le culte des langues nationales. En effet, des trois termes qui forment sa devise, il n’en est aucun que les peuples retiennent plus volontiers que celui de liberté. Nous serons libres ! disent-ils après elle ; libres de nous gouverner comme nous l’entendons ; libres dans nos biens, dans nos corps, dans nos âmes ; libres dans nos moyens d’expression… Tout est là : les principes français excitent les patriotismes étrangers ; le désir obscur d’une langue qui représente la patrie devient un droit ; il s’enrichit de toute la force de la logique et de tout l’éclat de l’exemple. La France, en éveillant non seulement les nationalités, mais les nationalismes, les éveille contre elle-même. Elle s’en apercevra bientôt. Si elle revient à ses prétentions anciennes, et prétend commander comme autrefois, on se révoltera. On parlera l’allemand, l’italien, l’espagnol, jalousement, exclusivement ; on bannira le français par réaction. En 1799, lorsque nous rentrons dans nos frontières, le vocabulaire et le style révolutionnaires disparaissent sans laisser de traces profondes. Par contre, un principe demeure : aucun pays n’aura le droit d’imposer sa langue aux autres, comme marque oppressive de sa domination.

L’Empire, cependant, tenta l’entreprise; et ce fut comme un effort immense et désespéré. On vit l’Empereur transmettre aux ministres sa volonté de « franciser » ses conquêtes, les ministres écrire aux préfets, les préfets aux maires. Alors, dans chaque commune, on surveilla les lettres et on favorisa les Muses. Point d’événement officiel, de fête ou d’anniversaire, de mariage ou de baptême, qui ne provoquât l’inspiration par l’appât de la récompense. Dans les départements annexés à l’Empire, on suivit un plan régulier pour faire pénétrer peu à peu notre langue : des journaux français, rédigés par des littérateurs venus de Paris ; des théâtres français, prompts à représenter les chefs-d’œuvre de Lemercier ou de Raynouard : des bibliothèques publiques, remplies de livres français; des lycées, où l’enseignement du français passerait avant tous les autres : rien ne fut laissé au hasard. Tout ceci bien et dûment organisé, de temps à autre, un sonnet imprimé sur soie, un acrostiche ingénieux, un discours solennel, remontaient les degrés de la hiérarchie, et passaient du maire au préfet, du préfet au ministre, du ministre à l’Empereur.

Il parcourait, avec ce souci du détail qui est un des traits frappants de son caractère, les rapports de ses subordonnés les plus lointains. Choisissons entre mille : prenons avec lui cette lettre gauchement rédigée par un inspecteur primaire du département du Tarn, chargé de suivre les progrès du français dans les écoles publiques ; lisons par-dessus son épaule : « A l’ égard de la langue française, au commencement de l’année 1808, les écoliers étaient tout à fait nouveaux, et les livres destinés pour cela n’ont pas encore été distribués. Néanmoins, les maîtres se sont empressés par voix et par écrit de donner aux écoliers les connaissances préliminaires des diphtongues, de la prononciation et des autres règles pour lire ; et ils ont aussi fait apprendre la conjugaison de presque tous les verbes réguliers. J’en ai trouvé dans mes visites quelques-uns qui savaient bien lire, d’autres suffisamment, et quelques autres qui lisaient et traduisaient aussi, peut-être à cause d’instructions antérieures. J’ai même observé que les écoliers, en général, prennent bien de l’intérèt pour la langue française. » Napoléon est heureux de voir le français conquérir ainsi les enfants du peuple, les fils des maçons et des charpentiers. Il exclut des fonctions publiques ceux qui ne savent pas le français ; il exige qu’on s’exprime en français devant les tribunaux : non seulement le juge, mais le plaideur. On put l’accuser sans invraisemblance de vouloir imposer le français par la force, comme la conscription, à tous ses sujets, ceux de Florence, ceux de Hambourg.

Mais aussi, lorsque le ressort de sa domination fut brisé, avec quelle âpreté ne lui reprocha-t-on pas cette prétention ! Comme on eut soin de distinguer ce grief parmi tant d’autres ! Comme on fit entendre au vaincu que de toutes les tyrannies, la plus odieuse était désormais celle de l’esprit ! Comme on rappela « la haine, l’effroi, l’indignation » que son « despotisme littéraire » avait excités !

Lisons, par contraste, cette adresse publiée après Waterloo par « M. Steffens, professeur à l’Université de Breslau, et officier volontaire de l’armée de M. le maréchal de Blucher » : nous y trouverons la philosophie des événements. « Cette grande nation », dit-il en parlant de l’Allemagne, « cette grande nation dont l’enthousiasme a si puissamment contribué à la délivrance de l’Europe, compte dans son sein des poètes, des écrivains et des savants dans tous les genres ; elle voit refleurir pour elle, dans le présent, ce siècle classique que la France cherche dans les souvenirs du passé. Comment pourrait-on s’attendre à voir encore une grande nation, au faîte d’une gloire aussi pure, consentir à redevenir l’humble vassale des mœurs, des idées, d’une langue étrangère ? » Les ambitions que Napoléon manifestait en matière de langue ont contribué plus qu’on ne pense à sa défaite. « Le tyran de la France flattait la vanité nationale par l’injuste, l’affreuse perspective d’une langue universelle ! » Qu’elle se garde surtout de retomber dans la même faute ; la renonciation à son hégémonie est la condition de la paix. « Pour oublier des souffrances dont la France n’a pas même l’idée, que demande l’Allemagne ? Du respect pour son caractère et son génie national. »

Du respect pour les caractères et les génies nationaux : voilà prononcée la formule définitive. 1799 étant la première étape, et 1814 la seconde, l’année 1871 marquera la troisième par l’avènement officiel, pour ainsi dire, des nationalités. Mais ce sera la consécration d’un état de choses ancien, plutôt que l’apparition d’un principe nouveau. Dans ce sens, le rude coup qui vint nous frapper alors, et dont nous saignons toujours, n’a pas eu la gloire d’ébranler notre hégémonie. Qui niera que nos défaites nous aient fait perdre une partie de notre clientèle? Notre langue a pu être abandonnée par ceux qui croient trouver la science, voire la culture, dans les pays qui comptent le plus de soldats et le plus de canons. Ceux-là reviendront de leur illusion ; ils en sont déjà revenus. Ajoutons encore que la victoire, développant le commerce et l’industrie, exaltant les forces d’un pays, l’engage à projeter au dehors des activités multiples, capables de préparer pour la langue de vastes et lointaines conquêtes : n’était le caractère de la langue elle-même, qui se trouve, à l’épreuve, incapable de conquérir.

Mais quelle que soit l’importance de ces pertes, elles n’ont rien changé à l’évolution commencée. Nous aurions été vainqueurs à Sedan, qu’on n’aurait point vu sans doute les écrivains allemands se remettre à écrire en français, comme au temps de Frédéric II ; le français ne serait pas redevenu la langue de la cour ; on n’aurait pas rédigé en français les actes des Académies. Au contraire : un sentiment national blessé serait demeuré plus jaloux qu’auparavant de la pureté du langage. De même notre défaite ne nous a pas fait perdre des privilèges depuis longtemps abolis. Nous avons subi, nous subissons une loi qui ne s’applique pas plus à nous qu’à tous les États de l’Europe : la prise de possession d’un esprit par un autre esprit, d’une langue par une autre langue, n’est plus compatible avec la mentalité contemporaine. C’est pour ne l’avoir pas compris que l’Allemagne a dépensé quarante années d’efforts, sans aboutir à autre chose qu’à un piteux échec. En vain le flot des fonctionnaires, en vain l’armée des professeurs ont envahi l’Alsace et la Lorraine ; en vain on a employé la persuasion, et plus vainement la rigueur. Les deux provinces, françaises de culture et de cœur, sont restées fidèles à leur langue : force plus durable que celle des armées ; limite plus sûre que les lignes changeantes des frontières : symbole plus précieux encore que les drapeaux.

Ainsi, parce que l’idée même de l’hégémonie intellectuelle a disparu, a disparu l’hégémonie de notre langue. Mais ceci ne veut pas dire que son universalité ait été atteinte du même coup. Gardons-nous d’être ici les victimes d’un préjugé, et de vouloir que deux notions soient liées toujours parce qu’elles l’ont été une fois. Celles-ci ne sont pas inséparables. Les Grecs le savaient bien, qui avaient fait de leur langue l’instrument de culture de toutes les parties du monde alors connu, sans prétendre les asservir. Et inversement, combien de nations pourrait-on citer, qui pour avoir joué en politique les premiers rôles, n’ont jamais assuré à leur langue une extension comparable à leur puissance ! La loi d’évolution, qui dissocie des éléments qu’elle avait d’abord rapprochés, est une loi de vie. C’est une preuve éclatante de la valeur éternelle de notre langue, qu’elle ait su s’assouplir aux conditions nouvelles qui lui étaient faites, et garder le genre d’universalité que Ton tolère, ou mieux que l’on désire aujourd’hui. Elle ne prétend plus asservir les autres, en despote ; mais elle peut prendre place à côté des autres, en amie : et par là, se voir encore universellement adoptée. Elle s’impose moins : mais on la demande davantage — ainsi que nous allons le voir.

 


REPRODUCTION DE LA CONCLUSION
pages 56-57

Celui qui prétendrait embrasser avec certitude les événements dont l’avenir est chargé, les guerres qui changent la face des nations, les alliances qui changent leur âme ; les variations des lois économiques, plus puissantes que les alliances ou que les guerres ; les multiples phénomènes sociaux qui échappent aux prises de notre raison, ressemblerait au pêcheur qui voulait saisir la mer dans les mailles de son filet. Peut-être, dans cent ans, la tradition fidèle demandera-t-elle qu’on se recueille une fois encore, pour examiner ce que la langue française est devenue. D’autres alors reprendront la tâche. Pour nous, ne préjugeons point; et sachons nous contenter du présent.

Le présent est âpre et dur. C’est un rude métier que celui de vivre, pour les individus, pour les peuples, pour les idées. L’universalité de notre langue a suscité bien des convoitises. Des rivales sont nées, qui ont voulu la restreindre ; elles ont invoqué contre elle tantôt la force et tantôt le droit.

Nous-mêmes, de notre propre voix, nous avons déclaré au monde qu’il n’était plus d’hégémonies possibles; et rien, plus que notre logique, n’a contribué à changer l’ancien état de choses.

Ainsi le bel héritage que nous tenions de nos aïeux, cet héritage unique parmi ceux de tous les peuples, n’est pas demeuré immuable dans un siècle où tout s’est transformé. Mais au moins avons-nous su évoluer pour notre bien ; et nous voyons avec joie que nos gains ont compensé nos pertes. La langue française n’a plus d’autorité despotique, mais elle s’étend davantage. Moins impérieuse, elle n’est pas moins nécessaire. Elle reste la première, à faire le total, parce qu’elle est la seconde partout. Elle n’est plus universelle à la façon dont le concevait le XVIIIè siècle finissant ; mais le XXè siècle la trouve universelle toujours.

Elle est l’instrument de la solidarité morale et intellectuelle des peuples. Elle est le lien qui unit les parties dispersées de la grande âme humaine.

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