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Chloé Maurel, « Le sauvetage des monuments de Nubie par l’Unesco (1955-1968) », Égypte/Monde arabe, Troisième série, 10 | 2013

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RÉSUMÉ

L’Unesco, créée en 1945, a vu son action dans le domaine du patrimoine prendre de plus en plus d’importance dans son programme au fil du temps. Cette organisation a supervisé le sauvetage des monuments de Nubie (temples d’Abou Simbel notamment) au sud de l’Égypte de 1955 à 1968. Ce sauvetage s’est fait grâce à la coopération de nombreux pays. Il s’inscrit dans le cadre de la politique internationale menée par Nasser et révèle l’attention de celui-ci pour le patrimoine égyptien. Il a accru le prestige de l’Égypte, ainsi que de l’Unesco, sur la scène internationale.


Plan

  • Les études préliminaires
  • L’appel international pour les monuments de Nubie
  • Le sauvetage des temples
  • Des difficultés multiples
  • Le rôle important des États-Unis
  • Des découvertes fructueuses
  • L’inauguration des temples d’Abou Simbel
  • Le sauvetage de l’île de Philae

PREMIÈRES PAGES

L’Unesco (organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture), créée en 1945, a vu son action dans le domaine du patrimoine prendre de plus en plus de place dans son programme au fil du temps. Le sauvetage des monuments de Nubie, au sud de l’Égypte, à savoir les temples d’Abou Simbel, construits au temps de Ramsès II au XIIIe siècle avant notre ère, a été effectué de 1955 à 1968. Ce sauvetage reste comme l’une des actions opérationnelles de plus grande ampleur réalisées par l’Unesco. Il lui a conféré un prestige durable.

La présente étude qui retrace cette campagne de sauvetage se fonde sur les archives conservées au siège de l’Unesco à Paris : rapports de l’Unesco, articles de presse, et surtout échanges de correspondance entre les protagonistes du projet.

L’intérêt d’une telle étude est de retracer, dans toute leur complexité, les étapes qui ont été nécessaires pour aboutir à ce sauvetage, de montrer comment l’Égypte et plusieurs autres pays, malgré les tensions politiques liées notamment à la crise de Suez et à la guerre d’Algérie, y ont collaboré, sous l’égide de l’Unesco, et comment un vaste réseau intellectuel et technique transnational s’est mis en place, associant archéologues, égyptologues, techniciens, hommes politiques, diplomates, agents culturels et en particulier agents de l’Unesco, autour de cet objectif commun. Le rôle de certains acteurs-clés, comme l’égyptologue française Christiane Desroches-Noblecourt, le ministre de la culture égyptien Saroïte Okacha, et le directeur général de l’Unesco René Maheu, sera mis en évidence. Ainsi, cette étude s’inscrit au carrefour de l’histoire des relations internationales et de l’histoire culturelle.

Comment l’Unesco a-t-elle été amenée à agir en faveur des temples de Nubie ? Comment s’est déroulé le sauvetage de ces temples et comment les multiples difficultés ont-elles pu être surmontées ? Comment s’est articulée l’action des différents protagonistes et que révèle cette campagne de sauvegarde sur la place et le rôle de l’Égypte dans les relations internationales de l’époque ? Quelles ont été les répercussions de cette opération dans l’opinion publique mondiale ? Il s’agira ici de retracer les études préliminaires, l’appel international de l’Unesco pour les monuments de Nubie, le sauvetage des temples, les difficultés multiples, le rôle des États-Unis, et le sauvetage de Philae.


Les études préliminaires

En 1955, Nasser, qui vient d’arriver au pouvoir en Égypte, décide de construire le haut barrage d’Assouan, d’une importance économique vitale pour ce pays dont le désert représente environ 90 % de la superficie. Pour Habib Ayeb, « la construction du haut barrage d’Assouan a été un des effets positifs de la guerre froide », et cette entreprise redessine les relations entre l’Égypte et le Soudan, indépendant depuis 1956.

La construction du barrage d’Assouan fait aussi peser des menaces sur les temples de Nubie, puisque la mise en place du barrage doit entraîner la formation d’un immense lac artificiel de 5 000 kilomètres carrés, le lac Nasser. La zone destinée à être engloutie comprend non seulement les temples d’Abou Simbel et de Philae, mais aussi d’innombrables autres monuments et témoignages historiques et artistiques datant de la préhistoire jusqu’à l’époque médiévale : gravures, inscriptions rupestres, une dizaine de temples et de chapelles rupestres, une dizaine de temples construits.

Initialement, l’Unesco n’avait pas prévu de sauver les monuments de Nubie. Il s’agit au début, sur la demande du gouvernement égyptien, d’envoyer des missions d’archéologues pour faire des relevés afin de garder la trace de ces monuments avant qu’ils ne disparaissent. Sur l’impulsion de l’Unesco, des missions archéologiques de différents pays font des fouilles approfondies des différentes zones de la région. Les États participants sont très intéressés par la possibilité d’envoyer des missions, et rapidement, les demandes de concessions de fouilles affluent. Ces fouilles donnent lieu à des résultats importants. Cependant, de fortes rivalités se développent entre les missions nationales pour l’attribution des zones de fouilles les plus intéressantes et la délimitation de ces zones (problèmes de délimitation et de chevauchements). Il y a aussi parfois, sur une même zone, des rivalités entre les missions chargées de l’étude préhistorique et celles chargées de l’étude égyptologique. Ces rivalités, peu constructives, consternent Louis Christophe, agent de l’Unesco envoyé sur place : « la campagne de Nubie n’est pas une foire d’empoigne. Il y a du travail pour tous les spécialistes. […] Ne travaillons-nous pas tous dans le même but, un but scientifique ? ».

La participation de l’URSS aux fouilles, annoncée mais pas confirmée, reste incertaine jusqu’en 1961, ce qui inquiète l’Unesco, qui lui a concédé le terrain de Wâdî ʻAllâqî. En effet, étant donné les nombreuses offres des États d’envoyer des missions de fouille, presque toute la Nubie égyptienne est désormais répartie entre les différentes missions d’archéologues. « Il ne reste pratiquement plus de terrains à fouiller en Nubie égyptienne ; aussi ne devons-nous pas risquer que Wâdî ʻAllâqî nous reste sur les bras », comme l’observe un autre fonctionnaire de l’Unesco responsable de ce programme, M. van der Haagen ; c’est finalement très tardivement que l’URSS confirme son intention et entreprend des fouilles dans cette zone. L’URSS devient dans ces années un acteur majeur au Moyen-Orient et notamment en Égypte : la superpuissance communiste a séduit Nasser en s’engageant à financer le barrage d’Assouan et Hélène Carrère d’Encausse parle pour les années postérieures à 1967 de « pax sovietica » au Moyen Orient.

À la supervision des fouilles s’ajoute le fait que l’Unesco contribue en 1955 à la création du « centre de documentation et d’études sur l’histoire de l’art et la civilisation de l’Égypte ancienne », le CEDAE, au Caire, constitué d’archéologues, d’architectes des monuments, de dessinateurs, de photographes. L’égyptologue française Christiane Desroches-Noblecourt, conservatrice du département égyptien au musée du Louvre, prend une part active à son élaboration, en collaboration avec le gouvernement égyptien. L’Unesco envoie des experts travailler au CEDAE et y former du personnel égyptien, et dote le centre d’un équipement moderne. Ce centre mène d’importants travaux de reconstitution documentaire sur les témoignages artistiques de la zone de Nubie menacée de submersion. Ces travaux contribuent à la prise de conscience de l’immense richesse archéologique de cette zone, jusqu’alors mal connue à cause de sa situation excentrée, au cœur du désert. Une évolution se produit alors dans l’esprit des fonctionnaires de l’Unesco et des chercheurs participants : l’idée de sauver ces monuments émerge.

 

En avril 1956, sur l’impulsion de Christiane Desroches-Noblecourt, le comité international pour les monuments, les sites d’art et les fouilles archéologiques recommande à l’Unesco de lancer un appel pour le sauvetage de ces monuments. Mais la crise de Suez qui éclate quelques mois plus tard empêche l’Unesco de donner suite à cette recommandation. En 1957, au conseil exécutif de l’organisation, le représentant de l’Égypte, M. ʻAwad, prône la mise en place d’une aide internationale pour la sauvegarde des monuments de Nubie, mais sans succès ; la conjoncture politique y est alors défavorable, dans le contexte de la guerre d’Algérie (le Gouvernement provisoire de la république algérienne, GPRA, étant installé au Caire), et des conséquences de l’expédition franco-britannique à Suez. À la suite de cette expédition, qui a beaucoup nui aux relations franco-égyptiennes, les fonctionnaires de l’Unesco présents en Égypte ont été assignés à résidence puis évacués en Crète par l’ONU. Les actions de l’Unesco en Égypte sont interrompues. Seule Christiane Desroches-Noblecourt poursuit ses travaux au Caire. Elle connaît cependant des dissensions importantes avec l’égyptologue égyptien Ahmad Badawî, nommé administrateur général du CEDAE, et avec le directeur de l’Institut français d’archéologie orientale (IFAO).

Le règlement du sort des monuments de Nubie se fait donc lentement et après beaucoup d’incertitudes et de problèmes, et grâce aux efforts de Christiane Desroches-Noblecourt, qui s’emploie activement à convaincre le gouvernement égyptien et les fonctionnaires de l’Unesco, dont plusieurs sont initialement réticents à l’idée du sauvetage de ces monuments.


L’appel international pour les monuments de Nubie

En avril 1959, sur les conseils de Christiane Desroches-Noblecourt, Saroïte Okacha, le ministre de la culture égyptien, adresse au directeur général de l’Unesco, Vittorino Veronese, une demande pour que cette institution internationale devienne l’intermédiaire officiel pour obtenir une aide internationale, scientifique et technique de grande envergure afin de déplacer les monuments de Nubie susceptibles de l’être et d’intensifier les relevés documentaires pour ceux impossibles à déplacer. Le gouvernement égyptien offre de céder aux parties qui auront effectué des fouilles dans la zone menacée au moins la moitié des produits de leurs fouilles, et se déclare prêt à céder certains temples et une collection d’antiquités. Vittorino Veronese, conseillé par le Français René Maheu qui est favorable à une telle entreprise, accepte. Okacha, Maheu, et Christiane Desroches-Noblecourt, qui joue le rôle d’intermédiaire entre les deux, sont les trois personnalités qui, par leur motivation pour ce projet, ont joué un rôle moteur pour en permettre la réalisation malgré tous les obstacles politiques.

L’Unesco organise alors en septembre 1959, en coopération avec le ministère égyptien de la culture, une première mission de deux spécialistes, l’Allemand Knecht et l’Italien Gazzola, ainsi qu’un voyage en Nubie pour informer archéologues, responsables de musées, historiens de l’art, architectes des monuments historiques, et experts internationaux. L’Unesco réunit en octobre 1959 un groupe d’experts international qui dresse des listes de priorité pour les monuments à sauvegarder, en plaçant en premier Abou Simbel et Philae, affirmant que leur disparition serait « une perte irréparable pour le patrimoine culturel de l’humanité ». La presse internationale accorde un écho important à la demande du gouvernement égyptien, ce qui éveille l’intérêt de l’opinion publique. En 1959, le conseil exécutif, après des divisions sur la question de savoir s’il vaut mieux établir le principe d’une contribution financière obligatoire ou volontaire des États, choisit le principe d’une contribution volontaire (c’est-à-dire non obligatoire, son versement étant laissé à la libre initiative des États).

L’appel pour les monuments de Nubie est lancé par le directeur général de l’Unesco le 8 mars 1960, au cours d’une séance présidée par André Malraux, à un moment où la conjoncture politique internationale est redevenue favorable à une telle entreprise, bien que l’Égypte n’ait pas encore renoué ses relations diplomatiques avec l’Angleterre, la Belgique et la France. En France, l’appel est appuyé par le ministre Maurice Couve de Murville (ancien ambassadeur au Caire), et par André Malraux, ministre d’État chargé des affaires culturelles, qui, en mars 1960, dans un discours prononcé à l’Unesco, loue la « hardiesse magnifique » de la campagne, qui fait de la Nubie « une vallée de la Tennessee de l’archéologie ». Peu après, Christiane Desroches-Noblecourt contribue elle-même, par des négociations avec notamment Saroïte Okacha (alors ministre de la Culture d’Égypte), à la reprise des relations diplomatiques entre la France et l’Égypte, au moyen d’une large subvention de la France à la campagne, et de l’acceptation du gouvernement égyptien de dégeler l’argent des Français spoliés (à la suite de la nationalisation du canal de Suez en 1956 et de la crise qui a suivi) et de le mettre à la disposition de la sauvegarde.

Au fil de la campagne de Nubie, le rôle joué par l’Unesco a progressivement évolué : alors que l’organisation devait initialement jouer seulement un rôle d’intermédiaire entre le gouvernement égyptien, les autres gouvernements donateurs et les entreprises qui se chargeraient de l’opération matérielle, elle s’est impliquée de plus en plus dans l’organisation du sauvetage, jouant en fait un rôle beaucoup plus important que celui d’intermédiaire. Sur la décision prise par le Comité international d’action en mai 1960, l’Unesco étend sa responsabilité à l’ensemble des travaux de sauvetage.


Le sauvetage des temples

La campagne de Nubie a souffert de retards et de problèmes d’organisation, dus notamment à la lourdeur administrative des mécanismes mis en place (comité international d’action, comité exécutif, comités nationaux dans les différents États, comité de contrôle composé d’ingénieurs, haut comité international, comité d’honneur…), institutions créées ad hoc.

En 1962, les autorités égyptiennes craignent que « dans la masse de comités et de rapports, la campagne de Nubie ne finisse par être submergée avant les monuments eux-mêmes ». Les comités nationaux, qui sont créés par plusieurs États sur l’impulsion de l’Unesco en vue de susciter des financements, s’avèrent souvent peu efficaces, ne comportant pas assez de personnalités de la finance, de l’industrie ou de la vie économique du pays, comme le recommandait l’Unesco. Le comité consultatif mis en place par l’Unesco n’est pas non plus efficace ; il se réunit de moins en moins après 1962, à cause de l’obstruction du gouvernement égyptien, dans le cadre de la rivalité entre celui-ci et l’Unesco pour la responsabilité de la campagne. Louis Christophe souligne le « malaise évident » qu’entraîne cette situation et estime en 1963 qu’il est « du devoir de l’Unesco d’étudier sérieusement ce problème pour suggérer au gouvernement de la RAU [République arabe unie] le moyen de sortir de l’impasse ». En septembre 1963, M. Gysin, agent de l’Unesco, déplore : « je dois me demander si notre comité existe toujours ». Finalement, les efforts de l’Unesco aboutissent à la tenue d’une nouvelle session du Comité en décembre 1963, mais celui-ci ne joue pas le rôle de supervision qu’il aurait dû jouer. La campagne a été rendue difficile non seulement par les problèmes de relations entre l’Unesco et le gouvernement égyptien, mais aussi par les réticences de nombreux États à participer à son financement.

Malgré toutes ces difficultés administratives, la campagne avance grâce à la détermination du DG de l’Unesco, René Maheu, des agents de l’Unesco qui y œuvrent, et du gouvernement égyptien. L’appel lancé par le DG de l’Unesco en 1960, les actions de promotion comme la « semaine des antiquités de Nubie » (1963), l’exposition internationale itinérante sur Toutankhamon, et le soutien de personnalités, ont permis une prise de conscience par la communauté internationale de l’urgence de sauver les temples de Nubie et la récolte de contributions volontaires importantes.

Le site d’Abou Simbel devient à partir de mars 1964 un gigantesque chantier international où ingénieurs, ouvriers et administrateurs de toutes nationalités travaillent de concert. Les temples sont découpés en blocs au fil hélicoïdal (fil en forme d’hélice, inventé en 1854 par un ingénieur français, Eugène Chevalier, permettant de trancher de la pierre), soulevés un par un et déplacés. Tous les monuments, inscriptions et reliefs rupestres situés en Nubie égyptienne et soudanaise sont inventoriés, toutes les fresques de la période chrétienne sont détachées des murs et transportées en lieu sûr, tous les sites sont prospectés. Les deux grands temples sont reconstitués à 64 mètres au-dessus de l’ancien site, à l’identique et dans la même orientation, de telle sorte que le soleil puisse avoir le même jeu qu’autrefois sur la façade et à l’intérieur du sanctuaire. En outre, de nombreux autres temples sont déplacés et reconstruits ailleurs, chacun par les soins d’un État.

Les travaux préparatoires ont été longs et laborieux pour parvenir à la solution technique retenue. D’autres solutions, comme celle d’un barrage en terre autour des temples, d’un mur, d’un exhaussement des temples huit mètres plus haut, d’un détournement du cours du Nil par deux barrages et de l’ouverture à la dynamite d’un nouveau lit plus à l’ouest, de la mise en place d’un dock flottant, ont été envisagées mais n’ont finalement pas été retenues, soit à cause de leur coût trop élevé, soit à cause de l’aspect esthétique, soit à cause du danger. Les tenants de ces différents projets se sont longuement affrontés. Le choix du lieu où réinstaller les temples déplacés a aussi prêté à controverse : valait-il mieux les laisser en Nubie, ou les implanter plus au Nord, plus près des grands centres touristiques ? Christiane Desroches-Noblecourt évoque les « interminables discussions » et les « différends » entre spécialistes au sujet des différents systèmes envisagés, les « discussions enfiévrées » qui ont présidé à la décision du plan d’action. En outre, la tâche était urgente, étant donné la montée des eaux du lac de retenue, ainsi que des crues exceptionnelles du Nil en août 1964.

Il est notable d’observer que l’Unesco s’est beaucoup plus préoccupée du sort des monuments que de celui des habitants de la région ; la construction du barrage entraîne en effet un déplacement massif de population, puisque l’apparition du lac Nasser oblige les Nubiens à abandonner leurs foyers et leurs terres et à être transférés vers les localités de Kom Ombo et d’Esna, où ils sont logés dans des baraquements et où leur avenir s’annonce incertain. Seul un groupe d’ethnologues égyptiens et américains mène une enquête ethnologique sur les traditions de ces populations, qui apparaissent destinées à disparaître ; et les équipes de l’ASFEC (Arab States Fundamental Education Centre, centre éducatif de l’Unesco situé à Sirs Al-Layân en Égypte) s’efforcent de collaborer à la planification urbaine de ces nouvelles cités de Kom Ombo, mais sans grande efficacité semble-t-il.


Des difficultés multiples

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