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Philippe BONBLED, Jean-François CHARY, « PREMIÈRE ÉCOLE VÉTÉRINAIRE  », Encyclopædia Universalis [en ligne] http://www.universalis.fr/encyclopedie/premiere-ecole-veterinaire


À l’initiative de Claude Bourgelat (1712-1779), écuyer du roi passionné d’anatomie et de pathologie équines, la première école vétérinaire du monde accueille, le 13 février 1762, ses premiers élèves à Lyon, deuxième ville du royaume de France (après Paris) devenue alors le plus grand centre européen de l’industrie et du commerce de la soie. Fondé par l’arrêt du Conseil d’État du roi Louis XV en date du 4 août 1761, qui marque la naissance de la profession de vétérinaire, cet établissement a pour vocation d’enseigner « publiquement les principes et la méthode de guérir les maladies des bestiaux, ce qui procurera insensiblement à l’agriculture du Royaume les moyens de pourvoir à la conservation du bétail dans les lieux où cette épidémie désole les campagnes… » Clin d’œil de l’histoire, l’épidémie en question n’est autre que la peste bovine, maladie déclarée officiellement éradiquée en 2011.

Le 1er juin 1764, un nouvel arrêt du Conseil d’État du roi confère à cette école le titre d’École royale vétérinaire. Bourgelat, nommé directeur et inspecteur général, est sollicité pour créer un nouvel établissement sur Paris. Le château d’Alfort, au sud-est de Paris, est finalement retenu pour cette école, site qu’elle occupe encore aujourd’hui. En octobre 1765, les premiers élèves sont accueillis dans des locaux provisoires au nord de Paris puis, l’année suivante, au château d’Alfort alors rénové.

Des élèves viennent de toute l’Europe pour se former aux sciences vétérinaires. Certains fondent à leur tour des écoles dans leur pays. Durant la seconde moitié du xviiie siècle, quinze écoles vétérinaires ont vu le jour en Europe. Aujourd’hui, la France est dotée de quatre écoles vétérinaires, les deux dernières, celles de Toulouse et de Nantes, ayant été fondées respectivement en 1828 et en 1979.

Bourgelat avait saisi la différence entre la démarche empirique et le raisonnement scientifique et était persuadé de « la similitude entre la machine humaine et la machine animale ». Il a été le promoteur de la biopathologie comparée, méthode scientifique reprise depuis 2004 sous l’expression One World, One Health (« un monde, une santé ») pour désigner une stratégie mondiale de gestion des risques aux interfaces animal-homme-environnement. Aussi, dès le début, les sciences vétérinaires adoptent comme principes fondateurs : la démarche scientifique, la préoccupation économique, la dimension comparative et l’éthique professionnelle.

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