via herodote.net


Le 30 mars 1856, le traité de Paris met un terme à la guerre de Crimée en consacrant la défaite de la Russie face à l’Angleterre et la France, alliées pour la première fois depuis sept siècles.

Pour l’empereur Napoléon III, neveu de l’inexpiable ennemi des Anglais, cette guerre, bien que mal engagée et mal gagnée, s’avère un succès sur la scène internationale (le premier et le dernier).


Vers une refonte de l’Europe

Le traité signé deux semaines plus tard prévoit la neutralisation de la mer Noire, désormais interdite à tout navire de guerre ! Il instaure aussi la liberté de navigation sur le Danube, un fleuve qui baigne l’Allemagne du sud, l’Autriche, l’empire ottoman et la Russie.

Il réaffirme par ailleurs l’intégrité de l’empire ottoman, admis désormais à participer à la diplomatie européenne. Mais Napoléon III intervient en faveur de l’union personnelle des deux principautés de Valachie et Moldavie, dans l’empire ottoman, d’où sortira le futur royaume de Roumanie. Quant au sultan lui-même, il n’est plus guère qu’une potiche sous tutelle anglaise.

L’influence française sort renforcée en Orient et Napoléon III ne manquera pas, quelques années plus tard, de secourir les chrétiens du Liban. Mais les cartes seront rebattues deux décennies plus tard avec l’irruption de l’Allemagne dans la «Question d’Orient» et la convocation par le chancelier Bismarck d’un nouveau congrès à Berlin.

Le jeune tsar Alexandre II découvre quant à lui l’humiliation de la défaite et prend conscience de l’urgente nécessité de moderniser son pays. L’Angleterre, déçue par son alliance avec la France, choisit de ne plus s’occuper des affaires européennes. Son «splendide isolement», jusqu’à l’orée du siècle suivant, va permettre à l’Italie et l’Allemagne de forger leur unité au détriment de l’Autriche.

Cette dernière est la grande perdante de la guerre. Faute d’avoir choisi son camp, elle se met à dos tous ses grands voisins et se retrouvera seule quand surviendront les agressions piémontaise et prussienne. Plus rien ne reste de la Sainte-Alliance qui avait contribué à l’équilibre de la paix après les guerres napoléoniennes.


Alban Dignat

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