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Rolland Denis. Les perceptions de la France en Amérique Latine: structures et évolution, 1918-1945. In: Mélanges de la Casa de Velázquez, tome 28-3, 1992. Epoque contemporaine. pp. 161-189.

www.persee.fr/doc/casa_0076-230x_1992_num_28_3_2635

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Plan

  • Au début du vingtième siècle, le lent déclin du « gallicisme mental »
  • Le gouvernement de Vichy et sa rupture avec l’imaginaire de la France en Amérique latine
  • La France libre et la réactivation des perceptions traditionnelles

PREMIÈRES PAGES

D’une guerre mondiale à l’autre, s’affirme le lent retrait de l’influence française en Amérique latine, sans qu’il soit toujours simple de puiser en dehors de la géostratégie des arguments explicatifs convaincants.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, avec la défaite de la France puis l’Occupation, avec l’affirmation de deux « France » opposées, celle de Vichy et la France libre, l’irrationnel, les « obscures profondeurs » interviennent plus dans les modes de pensée collective : le conflit offre ainsi un cadre propice à l’examen des représentations mentales collectives de la France, de leur contenu et rythme de modification. Dans ce que Lucien Febvre appelait le « laboratoire latino- américain », les représentations de la France et leurs liens avec cette notion de l’imaginaire politique et culturel qu’est le modèle national sont alors en apparence profondément affectés par la conflagration. L’étude de topiques et d’archétypes de la perception de la France en Amérique latine contribuant à préciser, pour l’Amérique latine, l’impact de l’événement sur une chronologie culturelle et le rôle de l’imaginaire social dans l’explication du politique.

Les questions liées à la formation et aux définitions au dix-neuvième siècle du modèle et de l’image de la France en Amérique latine ont été longuement étudiées ; pour l’essentiel et selon une chronologie complexe et variable d’un pays à un autre, cette image procède de la diffusion des idées des Lumières et de la Révolution française. Ces éléments réfractés composant l’image se sont progressivement mêlés à un concept nouveau, plus proche dans sa définition originelle française de la légitimation d’expansion que du seul constat linguistique : la latinité.

Après avoir donné quelques repères quant à la distinction entre représentations et image de la France au début du vingtième siècle, nous étudierons celles consécutives à la seule rupture délibérée et radicale, promue en France par le gouvernement de Vichy après la défaite française de 1940 ; puis nous examinerons, avec les représentations de la France libre, les conditions de la renaissance des perceptions traditionnelles, évaluant alors certaines des forces d’inertie affectant l’imaginaire culturel latino-américain commun concernant la France.


Au début du vingtième siècle, le lent déclin du « gallicisme mental »

Depuis la fin du dix-neuvième siècle, la France, « dissonance éclairante sur le continent », a de très nombreux échos outre-atlantique ; elle conserve une projection effective dense dans l’Amérique latine urbaine, avec des variantes d’un pays à un autre, d’une ville à une autre.

Longtemps après que le poète nicaraguayen Rubén Dario, animé « de tout un souffle venu de Paris », eut inventé le concept de « gallicisme mental », un intellectuel mexicain écrit encore, par exemple :

La France a sauvé l’Amérique hispanique. Les peuples d’Amérique ont vécu à la française et ont pu se conserver latins. L’université de Mexico fut une université française ; et l’on doit à la France par dessus tout l’amour de la liberté […] ».

Autre témoignage d’un universitaire latino-américain :

Avec l’influence chrétienne de l’Espagne et la nuance indigène incorporée au métissage, la culture française a été pour nous, pendant de nombreuses années, d’une portée fondamentale ; il en a été de même en politique comme en littérature, en philosophie comme dans le domaine scientifique.

Au début du vingtième siècle, gouvernements et élites françaises sont forts de ce type de déclarations et d’un rayonnement attesté tant par la présence à Paris de nombreux représentants des élites latino-américaines que par la demande latino-américaine de conférenciers, artistes ou comédiens français : elle paraît sûre de son fait, de la validité et de l’universalité inébranlable d’un modèle cristallisé autour des principes de 1789 (peser la part de la rhétorique, du stéréotype ou du mythe générateur d’image, ne constitue pas l’objet des lignes suivantes).

Constatons simplement qu’en ce sens, « en gommant les liens particuliers de l’Espagne avec une partie du Nouveau Monde », la latinité a l’avantage de donner au pouvoir français, circonstanciellement oublieux de sa laïcité, de « légitimes devoirs envers ses sœurs américaines catholiques et romanes » ; jointe à celle-ci, la culture française, des Lumières au positivisme, irrigue sensiblement le champ culturel latino-américain ouvert aux influences étrangères : un champ correspondant approximativement aux « prépondérants », élites et oligarchies éclairées ayant un large accès à la culture écrite . Guy Bourde qualifiait ce phénomène de « mimétique d’enclave » de la France et d’autres puissances européennes ; « en Argentine, expliquait-il, de la Belle Epoque à la Seconde Guerre, les dirigeants politiques, qu’ils s’agissent des conservateurs ou des radicaux […] sont fascinés par les modèles de la France, de la Grande-Bretagne et de l’Allemagne ».

Au dix-neuvième siècle, se sont constitués d’une part le modèle, de manière essentiellement implicite, et d’autre part l’image moderne de la France ; dans les premières décennies du vingtième siècle, le cadre et les conditions de la perception ont évolué selon un schéma en cinq points.

La phase d’Indépendance puis la « longue attente » passées, les logiques politiques latino-américaines, renforcées par l’élaboration d’une réflexion sur l’identité, requièrent moins l’utilisation explicite de références culturelles extérieures communes : la plupart des pays prône depuis longtemps comme des valeurs propres un attachement théorique et tout platonique parfois aux principes de 1789 et aux institutions représentatives (même si, dans le cas du Brésil par exemple, le modèle est nettement l’Angleterre). On pourrait qualifier ce phénomène d' »historicisation » de la culture politique française et l’étendre à l’ensemble du domaine culturel : est constatée avec plus d’acuité d’un côté de l’Atlantique, une certaine fossilisation de la culture française et son repli dans des valeurs historiques.

Certes, intellectuels et diplomates français restent bien souvent imbus d’une supériorité culturelle que lui attribuent d’ailleurs encore nombre d’intellectuels latino-américains ; et cette supériorité culturelle est profondément liée à la perception durablement vivace de l’Amérique comme un ensemble de pays neufs ayant déjà donné à la culture politique universelle le mot de pronunciamentos, presque sans histoire et donc sans culture, du moins autonome : même chez un Français bon connaisseur du sud du continent comme Georges Bernanos, installé au Paraguay puis au Brésil depuis 1938, ce sentiment affleure :

Du pays qui m’entoure, je n’attends pas grand-chose, cela va sans dire ; il serait vain d’espérer intéresser au sort de la cathédrale de Chartres huit millions de kilomètres carrés d’une forêt qui n’a jamais servi à rien depuis le commencement du monde.

Pourtant, le déchirement essentiellement intra-européen de la Première Guerre mondiale puis les incertitudes de l’Entre-deux-guerres en Europe portent atteinte, lentement, à ses représentations, en même temps qu’à la puissance économique de l’Europe en Amérique latine. Un Français ne se fera-t-il pas plus tard l’interprète fidèle de perceptions américaines (nord-américaines et au-delà latino-américaines, certains pays ayant participé au conflit) en écrivant : « Notons tout d’abord que l’incendie de 1914 ne fut éteint, provisoirement, qu’avec l’aide des Américains » et qu’ « appelés à nous tirer des décombres, ils le firent […] puis s’en retournèrent chez eux, sans insister, mais édifiés sur notre compte ». La France, contrairement à l’Allemagne, n’a pas compris l’intérêt vital de maintenir durant le conflit, dans les divers pays d’Amérique latine, une majorité des éléments mobilisables de ses « colonies » : déjà démographiquement très peu dynamiques, leur rôle fut proportionnellement plus affaibli. Ainsi, « après la guerre de 1914- 1918, l’ascendant de la France a beaucoup diminué » : parce qu’un conflit, de surcroît aussi long, est perçu comme un échec, militaire mais surtout politique ; parce que les voyages de Latino-Américains en France ont été pour l’essentiel suspendus et que, lorsqu’ils reprennent, ils sont alors principalement le fait des élites littéraires ou artistiques et non plus des élites économiques ou surtout politiques ; et parce que les colonies, signe humain autochtone et facteur d’activation du modèle français, ont été numériquement et plus encore économiquement amoindries par le conflit et ses conséquences.

Le parlementarisme mis en œuvre dans l’hexagone est de moins en moins compris, quand on ne le dénonce pas : le fonctionnement politique français semble un écheveau difficile à démêler et comprendre. En outre, certains gouvernements latino-américains populistes ou tentés par une politique d’ouverture à gauche voire « de gauche », au Chili ou au Mexique par exemple, sont un instant séduits par le gouvernement français de Front Populaire : la politique alors menée leur paraît plus en adéquation avec l’image traditionnelle qu’ils ont de la France ; mais ces gouvernements latino-américains sont vivement déçus, avant même la signature des accords de Munich, par la politique neutraliste du Front populaire dans la guerre civile espagnole.

Les gouvernements totalitaires de l’Italie et de l’Allemagne, surtout, exercent une réelle séduction sur une partie des populations latino-américaines : relayée par d’activés « colonies », par une diplomatie et des missions (allemandes) très dynamiques, par la plupart des Latino- Américains formés en Allemagne , cette séduction revêt deux caractéristiques différentes : propre séduction politique du modèle autoritaire, tant en raison de son aspect martial et efficace que de similitudes dans le mode de fonctionnement du pouvoir ; séduction aussi d’une nation humiliée mais forte, capable par ses propres moyens rassemblés autour d’un chef charismatique de soulever le joug imposé par des métropoles démocratiques et impérialistes coalisées : modèle – exprimé ou non, avoué ou non – pour nombre de Latino-Américains rêvant d’une indépendance nationale mieux assurée.

En outre, les autorités gouvernementales françaises n’ont compris que fort tard, par rapport à l’Allemagne notamment, l’intérêt de l’organisation des colonies nationales à l’étranger, de la diffusion culturelle ou de la propagande, des nouveaux moyens de communication.

Avec de fortes spécificités, l’évolution affectant les perceptions de la France n’est néanmoins pas un cas isolé : la question du déclin du rayonnement français est pour certains démocrates latino-américains incluse dans une problématique européenne. Tandis qu’un intellectuel latino-américain, très francophile, pose cette question prémonitoire en 1937 à la Société des Nations, tribune encore européocentrée : « L’Europe est-elle encore en état » de « dicter avec autant de force ses directives spirituelles ? », un autre affirme plus sèchement que « l’Europe ne […] donne plus le bon exemple ; ses conseils politiques ne méritent plus d’être suivis ». Plus direct encore, le quotidien Tiempo, porte-parole officieux du gouvernement colombien, remarquait dès 1936 :

Le sentiment anti-européen qui a pris dans ce pays un développement si marqué au cours de ces dernières années a été encore accru par l’affaire d’Ethiopie […].

Et, quelques jours plus tard :

II ne sera pas de trop que […] s’établisse orgueilleusement la belligérance intellectuelle, politique et économique des peuples de notre Continent subjugués jusqu’à aujourd’hui par les formules de la culture occidentale […]. Il faut voir par exemple comment un Français ignore insolemment l’existence de peuples qui, passionnés de la démocratie, voient dans la même République l’héritière légitime de la Révolution et suivent avec ferveur les orientations de la pensée française. Pourquoi continuerions-nous à ouvrir magnanimement nos portes aux « citoyens du monde » quand nous jouons en Europe le triste rôle du « Métèque » qu’on tolère seulement parce qu’il est la proie convoitée […] ?

Comment d’ailleurs ne pas mettre en relation la violence de ces termes avec l’inexactitude et la crudité de ceux utilisés par certains diplomates français en poste sur le continent américain : « L’Amérique du Sud est, à raison de 80%, peuplée d’Indiens (et de Noirs) c’est-à-dire de semi-primitifs » ?

Cette désaffection amorcée de plusieurs modèles européens et, au premier plan, du modèle français est parallèlement liée à l’affirmation factuelle de la doctrine panaméricaine de Monroë puis à sa variante ultérieure plus fine qu’est la « politique de bon voisinage ». Toutefois, le déclin du rayonnement de ce modèle (et de la francophilie, expression de sa perception en tant que telle) est impulsé aussi par l’activité diplomatique, les missions militaires et la propagande allemandes anti-françaises pendant et après la Première Guerre mondiale : sont ainsi sapées les bases les moins assurées de ce modèle, tandis que l’on enregistre dès l’entre-deux-guerres un net recul de la langue française.

Dans une Amérique latine où, médiatrice du mythe, une part notable des élites a reçu une formation au sein d’un moule éducatif fréquemment très francophile, la référence à la France se vide de son contenu conceptuel : la France n’alimente plus de manière suffisante la formation supérieure des nouvelles élites. De surcroît, à l’exception d’une partie des élites libérales ou de gauche, souvent encore francophiles (même lorsqu’elles sont de fait séduites par le modèle anglo-saxon), certaines élites américaines sont, sauf dans le Mexique laïc, parfois formées par un enseignement confessionnel, français ou francophile, catholique ; or ce dernier continue majoritairement de critiquer explicitement la Révolution française au nom d’un modèle disparu. Les conséquences ne sont pas négligeables : « Pendant trop longtemps, écrit ainsi un représentant français en Argentine, la France a été ici considérée comme le type d’une nation libertaire et anticléricale. Aussi, poursuit le diplomate, est-il de bon ton et de tradition pour un religieux (d’origine française) de nier toute attache française ».

Diffraction progressivement accentuée en Amérique latine entre image de la France liée à la Révolution et représentations de la France au vingtième siècle : lente déshérence simultanée du modèle de la France forgé au précédent siècle; le modèle perçu comme un mythe et son image devenue progressivement peu fonctionnelle, l’image du modèle français perd ses liens avec les représentations de la France et tend à s’estomper dans l’imaginaire latino-américain.

Or l’Europe et, en particulier, la France ont elles-mêmes favorisé cette évolution dès la fin du dix-neuvième siècle. Autrement dit, si le modèle traditionnel français se désagrège, c’est aussi que la France suggère d’autres représentations : Ernest Renan – comme Déroulède, Bourget ou Barrés – n’avait- il pas prononcé :

La France se meurt, […] ne troublez pas son agonie.

Certes, formulée en France au moment où le modèle français était en pleine expansion en Amérique latine, l’idée n’eut pas outre-atlantique de conséquence immédiate ; mais, répétée, elle fit lentement son chemin au vingtième siècle. Albert Demangeon, en 1920, Oswald Spengler, en 1926, développèrent l’idée plus large, autre mythe selon certains, du « Déclin de l’Occident ». On se souvient du mot fameux de Paul Valéry :

Nous autres, civilisations, nous savons maintenant que nous sommes mortelles […].

On se souvient moins souvent du livre de Robert Aron et Arnaud Dandieu, La décadence de la Nation française (1931). Lus en langue originale (la langue française demeurant encore l’apanage d’une partie de la haute société latino- américaine cultivée) ou traduits, ces livres ou d’autres véhiculant les mêmes courants d’idées atteignirent peu à peu une frange non-négligeable des élites locales et des classes moyennes en cours de formation. Il est dans ces conditions compréhensible qu’un ensemble de représentations discordantes, négation de l’image traditionnelle dominante, s’affirme détaché de la Révolution française au vingtième siècle.

Après celles de Renan ou de Taine, les idées de Maurras, bien qu’inégalement diffusées, plus au sud qu’au nord semble-t-il de l’Amérique, forgent un nouveau corpus : dans les années 1920-1930, ce dernier constitue une nouvelle matrice pour la gestation éventuelle d’un autre modèle de la France.

Tandis que certains intellectuels français conspuent la dégénérescence de la France, « repliée sur sa bassesse et s’en faisant gloire par une sorte de bravade crapuleuse, incapable encore de jouer un rôle dans le monde » (Thierry Maulnier), en 1939 la guerre éclate en Europe pour la deuxième fois en un quart de siècle. Comme le Président mexicain, nombreux sont les responsables politiques latino- américains qui déclarent alors :

Toute la nation s’unit à moi pour déplorer profondément le fait qu’un groupe de grands États, pour une raison ou pour une autre, ait recouru à la lutte armée afin de chercher une solution à leurs différends, substituant ainsi la violence à l’autorité de la loi et de la justice.

 

Défaite morale déjà pour un pays qui mobilise ses armées, France de la Révolution ou de ce qu’il en reste ; défaite morale encore lorsque le président d’un des grands partis au pouvoir en Amérique latine déclare être fier que son pays jouisse « des garanties individuelles et sociales qu’offrent les Droits de l’homme et du citoyen » mises en péril par la guerre en France :

Si l’Europe doit voir mourir ou périr sa culture, […] l’Amérique sauvera l’Europe de la menace des barbares et rendra indestructibles les principes de liberté […].

La « Drôle de guerre » ne remet pas en cause l’image de la France : Bernanos ne constate-t-il pas au Brésil qu’il n’est alors « pas un peuple au monde plus naïvement attaché au nôtre, par des liens plus charnels, une sensualité plus profonde. Ils aiment passionnément la France, d’une tendresse ombrageuse et jalouse qui déconcerte » ? L’attentisme français achève cependant de désillusionner l’opinion démocrate de cette Amérique méridionale à constitutions démocratiques. Cette opinion se trouve alors, avec le déclenchement des opérations à l’ouest, confrontée à une triple interprétation possible des faits : soit elle considère qu’elle « assiste impassible à la faillite frauduleuse des pivots moraux, juridiques, humanitaires sur lesquels elle avait construit tout l’édifice de sa civilisation » ; soit, plus simplement, elle considère que ces pivots ont « fait leur temps » ; soit, enfin, elle considère qu’elle n’a plus nécessairement besoin de la France pour revendiquer les principes de 1789 – a fortiori lorsqu’après la déroute française le régime de Vichy proclame bientôt ne plus accorder au modèle issu de la Révolution une quelconque validité.


Le gouvernement de Vichy et sa rupture avec l’imaginaire de la France en Amérique latine

[…]

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