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Godechot Jacques. Mérimée (P.), L’influence française en Espagne au XVIIIe siècle, 1937. In: Revue d’histoire moderne, tome 13 N°34,1938. p. 339.

www.persee.fr/doc/rhmc_0996-2727_1938_num_13_34_4001_t1_0339_0000_2


Mérimée (P.)> L’influence française en Espagne au xviiie siècle.

Paris, Les Belles-Lettres, 1937, 116 p., in-16.

Cette étude fait pendant à celle que MM. Bédarida et Hazard ont publiée sur l’Italie au xviiie siècle. Écrite sur le même plan, elle intéresse non seulement les historiens de la littérature, mais les historiens tout court. En Espagne, comme en Italie en effet, les influences littéraires sont étroitement liées aux influences politiques, et M. P. Mérimée a dû commencer par résumer ces dernières au début de son ouvrage. A deux reprises, de 1715 à 1808, la France a été mêlée étroitement aux affaires d’Espagne, au début et à la fin de cette période. Il est intéressant de constater que la Révolution française a exercé sur la civilisation et, la littérature espagnoles une influence considérablement plus grande que l’installation des Bourbons de France sur le trône de Madrid. Malgré les interdictions officielles, les ouvrages des philosophes, puis des révolutionnaires envahissent l’Espagne dans leur texte français, ou même en traductions. L’influence de Voltaire a été considérable ; des Espagnols entretinrent de volumineuses correspondances avec lui, malheureusement, on manque encore de l’étude indispensable sur Voltaire et l’Espagne. Il semble que les idées de Rousseau ont pénétré aussi très rapidement dans la péninsule. D’une manière générale il est certain que les notions de liberté , d’égalité, de nation se sont diffusées largement de l’autre côté des Pyrénées, sans doute sont-elles à l’origine du soulèvement de 1808. Car — et c’est précisément le point sur lequel M. P. Mérimée aurait pu semble-t-il insister davantage — il semble bien que les Espagnols en 1808 comme les Italiens en 1799 ont retourné contre leurs envahisseurs les doctrines patriotiques que ceux-ci leur avaient apportées. Ce petit ouvrage est un guide excellent, il pose nombre de problèmes. Les amateurs de sujets de thèses y trouveront un choix abondant, car l’Espagne n’a guère été étudiée jusqu’ici. Nous pouvons être reconnaissants à M. P. Mérimée d’avoir su dresser d’une manière si intéressante un état des questions franco-espagnoles au xviiie siècle.

— Jacques Godechot

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