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célébrations nationales (archivesdefrance)


Conséquence de la chute de l’Empire, la « mission » française au Brésil de 1816 est l’un des aspects du rayonnement artistique international de la France au début du XIXe siècle. Elle donna une impulsion déterminante au développement culturel du Brésil et demeure un moment emblématique des liens intellectuels et culturels entre les deux pays.


Arrivée à Rio de Janeiro de la mission artistique française (1816) France Archives
Vue sur la baie de Rio de Janeiro et le Largo da Carioca dès le jardin du couvent Santo Antonio, huile sur toile de Nicolas Antoine Taunay, 1816, Brésil, Rio de Janeiro, Museu Nacional de Belas Artes. © Museu Nacional de Belas Artes / IBRAM / MinC

Le 26 mars 1816, un groupe de Français escorté par des navires anglais accostait à Rio de Janeiro, alors capitale du Brésil mais aussi de l’empire portugais, depuis l’exil de la cour de Lisbonne provoqué par l’invasion des armées napoléoniennes. Motivé par le souci de quitter la France de la Restauration et par l’espoir des opportunités qui devaient découler de l’affirmation d’une nouvelle capitale, l’événement fut suivi, le 12 août de la même année, par un décret de dom João VI (1816-1826) créant l’École royale des sciences, arts et métiers, embryon de l’actuelle École des beaux-arts de l’université fédérale de Rio de Janeiro.

L’expédition était menée et négociée par Joachim Lebreton, à peine démis du poste de secrétaire perpétuel de la classe des beaux-arts de l’Institut de France, qui apportait dans ses bagages une quarantaine de peintures aujourd’hui conservées au Museu Nacional de Belas Artes. Elle comptait dix-huit personnes, peintres, architectes, sculpteurs, graveurs, mais aussi artisans : menuisiers, serrurier, forgeron, pelletiers. Jean-Baptiste Debret (1768-1848), peintre d’histoire, Nicolas Antoine Taunay (1755-1830), peintre de paysages, et Auguste Grandjean de Montigny (1776-1850), architecte, sont les mieux connus. Les deux premiers produisirent une iconographie considérable de la vie comme des paysages, tandis que le troisième, qui fut le seul à demeurer à Rio jusqu’à la fin de ses jours, y fut le premier professeur d’architecture. D’abord motivé par la transformation de ce qui n’était alors qu’une bourgade en brillante capitale impériale, il dessina, dans la lignée de son maître Charles Percier, de nombreux projets prestigieux qui restèrent dans les cartons. Il construisit néanmoins l’École des beaux-arts et divers autres bâtiments dont la Bourse, qui abrite aujourd’hui la Maison France-Brésil, et sa propre maison.

Suivant un projet établi par Lebreton dès 1816, la mission fut donc le point de départ précoce d’un enseignement artistique à Rio de Janeiro, le second pour l’ensemble des Amériques après celui de Mexico. Après le retour d’une partie des artistes à Paris, elle fut aussi un moment important d’acculturation réciproque et, pour la France, une source de représentation des paysages tropicaux et des sociétés coloniales et amérindiennes.

Jean-Philippe Garric
université Paris 1 Panthéon-Sorbonne


http://www.archivesdefrance.culture.gouv.fr/action-culturelle/celebrations-nationales/recueil-2016/xixe-siecle/mission-artistique-francaise

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